• AU-DELA

    Synopsis : Au-delà est l'histoire de trois personnages hantés par la mort et les interrogations qu'elle soulève. George est un Américain d'origine modeste, affecté d'un "don" de voyance qui pèse sur lui comme une malédiction. Marie, journaliste française, est confrontée à une expérience de mort imminente, et en a été durablement bouleversée. Et quand Marcus, un jeune garçon de Londres, perd l'être qui lui était le plus cher et le plus indispensable, il se met désespérément en quête de réponses à ses interrogations. George, Marie et Marcus sont guidés par le même besoin de savoir, la même quête.

    De Clint Eastwood avec Cécile de France, Matt Damon, Thierry Neuvic                                                       

    Nouveauté


    Une semi-déception. Peut-être en attendais-je trop, espérant un film flamboyant avec des acteurs que j'aime beaucoup, la fierté que Thierry Neuvic y soit à l'affiche (c'est un acteur que je suis depuis pas mal de temps maintenant, vu et aimé dans des séries télé telles La légende des trois clés ou l'excellent Clara Sheller, en second rôle dans de bons films tels Comme t'y es belle (culte) ou Tout pour plaire ...) et la signature prestigieuse de Clint Eastwood, même si je ne suis pas forcément super fan, j'avais adoré Mystic River (une vraie claque cinématographique), pleuré devant Sur la route de Madison (poignant peut-être aussi grâce à la magnifique prestation d'une de mes actrices préférées Meryl Streep) (je ne parlerai pas des films qui ont suivi ne les ayant pas vus, il faudrait que je m'y mette sans nul doute !!).

    Las, après une séquence d'introduction réellement spectaculaire (tournée à hauteur d'homme on s'en prend plein les yeux !!), le film a tendance à un peu trop s'enliser, l'intrigue est quelque peu diluée. Certes, la réalisation est grandiose, l'image magnifique, la caméra flirte sans cesse avec la lumière, offrant de belles métaphores visuelles (les visages - surtout lors des séances - sont coupés en deux, une moitié dans l'ombre et la mort, l'autre dans la lumière et la vie), certes le sujet est fort et ne peut qu'interpeller. Mais le scénario est bancal, inégal et manque de concision. Le fillm est trop long, s'englue dans des détails peu importants et en élude, de fait, d'autres qui le seraient davantage. Bref, concentré en une heure et demi, il aurait gagné en dynamisme et en intensité.

    Ici, certaines scènes superflues (toute la partie française parfois un peu approximative - à y noter la participation de Stéphane Freiss !) alourdissent un peu l'ensemble alors qu'on aurait aimé que le réalisateur approfondisse davantage les relations entre les personnages (Cécile de France avec son compagnon, Matt Damon et Bryce Dallas Howard qui disparaît du film un peu trop tôt et un peu trop vite, à tel point qu'on se demande un peu ce qu'elle venait faire là, son rôle est trop superficiel et c'est bien dommage, enfin la relation fusionnelle entre les jumeaux n'est pas assez marquée) et que le vrai sujet en fait se trouvait là ! Alors qu'elle croit à l'au-delà pour l'avoir aperçu, lui (Thierry Neuvic) très cartésien et agnostique se refuse à y croire, et creuser en ce sens aurait été davantage intéressant et surprenant. Du coup, il me semble que Clint Eastwood passe complètement à côté de son film, ne trouvant pas le bon angle d'attaque.

    Toutefois, on sent une vraie implication des interprètes, souvent captés en gros plans, ils n'ont pas droit à l'erreur et chaque imperceptible mouvement d'oeil ou de commissures des lèvres y est perçu, a contrario d'une implication plus qu'incertaine du réalisateur dont on a la désagréable impression qu'il ne filme qu'en spectateur sans se sentir concerné.

    Cécile de France, peu crédible en femme d'affaires et femme de tête, se révèle beaucoup plus convaincante dès qu'elle aborde l'aspect fragile du rôle, sensible et  fébrile. Thierry Neuvic, peu présent à l'écran, me séduit toujours autant, même si je regrette parfois qu'il n'articule pas assez et qu'on ne capte pas bien le dialogue. Matt Damon propose lui une interprétation toute en finesse et en nuances, oscillant sans cesse entre devoir et pouvoir, entre son don et/ou sa malédiction. J'ai également beaucoup aimé les jeunes jumeaux (filmés souvent à leur insu, explique Clint Eastwood, qui a essayé de capter le naturel des enfants en les surprenant dans des instants volés) interprétés par George et Frankie McLaren en alternance.

    Pourtant, là où il réussit son pari, c'est qu'on ressort de la séance avec pas mal d'interrogations, peut-être avec plus de questions que de réponses (d'ailleurs une des scènes clefs du film avec Marthe Keller nous permet d'aborder le VRAI sujet de la NDE et de se faire une VRAIE opinion à partir de faits avérés) mais en étant plus que sensibilisés par "l'au-delà" permettant sans nul doute d'appréhender désormais la mort avec davantage de sérennité que de crainte. Mais le film, beau au demeurant grâce à quelques moments magiques et des scènes foutrement bien réalisées (celle dans le métro avec le gamin qui essaye de récupérer sa casquette est fabuleuse) souffre de trop de longueurs et de lenteurs et d'un manque de ce petit supplément d'âme qui en aurait fait un chef d'oeuvre. Ici, l'émotion ne passe malheureusement pas, trop épongée par le pathos de certaines scènes. Cependant, la fin est jolie même si un peu trop téléphonée et d'un romantisme décalé, et clot très bien le film (le détail des gants, important, renforce l'intensité de la rencontre).

    Bref un sentiment mitigé mais je ne regrette pas de l'avoir vu.


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