• EXTREMEMENT FORT ET INCROYABLEMENT PRES

    Synopsis : Oskar Schell, 11 ans, est un jeune New-Yorkais à l'imagination débordante. Un an après la mort de son père dans les attentats du World Trade Center, le "jour le plus noir", selon l'adolescent, il découvre une clé dans les affaires du défunt. Déterminé à maintenir un lien avec l'homme qui lui a appris à surmonter ses plus grandes angoisses, il se met en tête de trouver la serrure qui correspond à la mystérieuse clé. Tandis qu'il sillonne la ville pour résoudre l'énigme, il croise toutes sortes d'individus qui, chacun à leur façon, sont des survivants. Chemin faisant, il découvre aussi des liens insoupçonnés avec son père qui lui manque terriblement et avec sa mère qui semble si loin de lui, mais aussi avec le monde déconcertant et périlleux qui l'entoure...

    De Stephen Daldry avec Thomas Horn, Sandra Bullock, Tom Hanks et Max Von Sydow

    Nouveauté

    Le point de vue inédit sur la catastrophe du 11 septembre 2001 avait de quoi surprendre et plaire. Adapté du roman éponyme de Jonathan Safran Foer qui se penche sur la détresse des familles endeuillées, le film s'axe principalement autour du jeune surdoué Oskar qui va tenter de se reconstruire et faire son deuil à travers une futile quête prétexte à exorciser sa douleur et son sentiment de culpabilité.

    Pourtant, je suis restée totalement réfractaire au chantage émotionnel dont Stephen Daldry use à outrance, prenant le spectateur en otage et lui délivrant dans les oreilles une musique envahissante et dégoulinante (signée par le français Alexandre Desplats) comme s'il cherchait par là à compenser certaines faiblesses scénaristiques et/ou à accentuer les effets mélodramatiques.

    Forcer l'émotion est une démarche surfaite et superficielle, ici tout est chargé de pathos, larmes, souffrance, errance, qui plus est alourdi d'une voix off lancinante et agaçante sans relief ni nuance.

    Le petit garçon raconte son histoire avec un vocabulaire et des tournures de phrase improbables pour un enfant de son âge (il est surdoué mais tout de même c'est d'un pénible !!!), nulle empathie ni compassion ne sont donc possibles tant on se détache de son sort avec une aisance déconcertante et qu'on reste dans l'incompréhension totale lorsqu'il se promène seul dans la jungle de New York, de jour comme de nuit (il a 11 ans quoi ...) au rythme des clochettes de son tambourin (pendant deux heures c'est assez crisant). Quand il joue au petit singe savant (le pire est le coup de la bataille d'oxymores !!), il manque tellement de naturel et est tellement énervant qu'on a envie de le baffer tant il est insupportable. Il n'est dans le ton juste que lorsqu'il se laisse aller aux faiblesses de son âge, à sa douleur de gosse, aux élans de tendresse ou dans les scènes avec ses parents.

    Le reste du temps, ses comportements dirigistes et odieux sont dérangeants, ses façons de s'exprimer sont laborieuses et pompeuses ...

    Toutefois, au milieu du film, Max Von Sydow (nominé aux derniers Oscars pour ce rôle et c'est justifié), d'une classe folle, vient imperceptiblement illuminer l'image et alléger le ton ... à croire que les rôles muets sont plus éloquents que les rôles parlants, les silences ici sont précieux et de vrais sas de décompression ... !! parce qu'il parle le gamin, mon Dieu qu'est-ce qu'il est bavard ... !!! alors lorsqu'il est confronté à ce curieux personnage qu'on a cependant un peu de mal à situer, il en devient enfin touchant. Le contraste entre les deux et l'étrange duo qu'ils forment est un des aspects le plus intéressant du film qui, jusque-là, se trainait un peu en longueur.

    Par contre, fans de Tom Hanks et/ou de Sandra Bullock, vous risquez d'être déçus : le premier n'apparaît qu'une dizaine de minutes dans le film et la deuxième vingt ... même si son rôle est très beau et qu'elle l'assume magnifiquement ... elle est poignante dans certaines scènes finales.

    Au bout du compte, malgré une réalisation soignée, de magnifiques plans serrés sur les visages et quelques belles images dont l'ultime, n'en reste qu'un film ennuyeux qui ne suscite aucune émotion tant elle est téléphonée ... (allez spectateur il faut pleurer là maintenant tout de suite !), bien que certains seconds rôles soient très bien interprétés par surtout Viola Davis récemment oscarisée pour son rôle dans La couleur des sentiments ... elle sort indéniablement du lot.

    Parce que le petit Thomas Horn, omniprésent et portant quasi seul le film sur ses frêles épaules, n'est pas si mauvais et est tout mignon mais j'ai eu du mal à accrocher à sa prestation manquant singulièrement de luminosité et de spontanéité, il est en permanence dans le surjeu et la recherche de la perfection mais à son âge c'est un peu prématuré, on aurait tant voulu qu'il laisse parler son coeur plutôt que sa tête qui réfléchit un peu trop à mon goût ... même si le thème tourne un peu autour de la perte de son innocence face au drame qui le frappe, on aurait apprécié plus de sensibilité, de sincérité, de simplicité ...

    J'ai failli sortir mais j'avais tout de même envie de savoir ce que cette maudite clef pouvait bien ouvrir ... mais la conclusion est si décevante que ça ne méritait pas de se forcer à rester dans la salle.

    Un film trop prétentieux, trop ambitieux, trop écrit, trop bavard, qui aurait mérité d'être plus sobre dans son adaptation, dans sa construction (trop de flash backs mal exploités et mal placés) et sa réalisation, et qui n'a que pour lui d'aborder, par un biais original, le travail de deuil suite à une telle catastrophe qui est évoquée en toile de fond (par contre j'adore le carnet de voyage très bien conçu, on aurait voulu le feuilleter jusqu'à la toute dernière page) ... il est cependant un peu sauvé par les prestations des personnages secondaires (Sandra Bullock et Viola Davis essentiellement, Tom Hanks est tellement inexistant que voir écrire son nom en haut de l'affiche est une tromperie !!).

    Je ne comprends décidemment pas comment ce genre de mélo peut susciter autant de dithyrambes (à l'instar de The Descendants), ce sont des oeuvres formatées et conçues pour faire pleurer dans les chaumières ... et quand on gratte un peu derrière l'apparât du drame qui fait recette, il n'y a finalement pas grand chose ... je ne sais pas pourquoi mais je suis passée complètement à côté de ce qu'on attendait de moi, les kleenex sont restés au fond du sac à main .. !!!

    Extrêmement long et incroyablement ennuyeux.


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