• L'ASSAUT

    Synopsis : Samedi 24 décembre 1994. Quatre terroristes du GIA prennent en otage à Alger l'Airbus A-300 d'Air France reliant la capitale algérienne à Paris et les 227 personnes présentes à bord. Personne ne connaît leurs intentions : ils sont armés et apparaissent extrêmement déterminés. Les terroristes revendiquent la libération de leurs camarades d'armes et exigent le décollage immédiat de l'avion. Mais ce n'est finalement qu'après de longues négociations diplomatiques tendues entres les gouvernements français et algériens et l'exécution de 3 passagers que l'avion quitte l'aéroport d'Alger. Nous sommes le lundi 26 décembre, il est 3h33 du matin, quand l'Airbus d'Air France atterrit à Marseille-Marignane. Trois personnages, Thierry, un soldat du GIGN, Carole Jeanton, une technocrate ambitieuse et Yahia Abdallah, un Djihadiste déterminé sont au cœur de l'événement. Leurs logiques vont s'affronter jusqu'au dénouement final.

    De Julien Leclercq avec Vincent Elbaz, Gregori Dérangère, Mélanie Bernier et Philippe Bas                        

    Nouveauté


    Ce film fait partie de cette lignée de films qui sont un devoir de mémoire et d'honneur, ici un vibrant hommage aux hommes du GIGN qui se dévouent corps et âme pour sauver les gens.

    Celui-ci est admirable en tous points : dans sa réalisation nerveuse, caméra à l'épaule ou au poing, dans sa mise en lumière (certains plans sur Vincent Elbaz sont sublimes), dans son montage redoutablement efficace, dans sa bande son qu'on ressent dans les pieds, dans sa musique, dans son sujet et son traitement.

    Julien Leclercq a choisi le parti pris du noir et blanc, ou plutôt d'une couleur atténuée, qui donne à son oeuvre la véracité et la force d'un documentaire, ponctuant sa photographie de couleurs judicieusement placées (le bleu du chemisier, le rouge du bonnet, l'intérieur de l'appartement, représentant la vie et le bon côté de la barrière) ainsi que d'images d'archives.

    "Il est davantage dans la collaboration que la direction à proprement parler (...) il sait exactement ce qu’il veut et pourquoi il met sa caméra à tel ou tel endroit, les acteurs sont extrêmement cadrés". Une conception de chef d'orchestre qui a créé un vrai esprit d'équipe sur le tournage: "on avait fait un tel travail de préparation qu’on avait développé une complicité solide et qu’on n’avait pas vraiment besoin de se parler − un peu à la manière des hommes du GIGN quand ils sont dans l’action", confie Vincent Elbaz (source : allocine.fr).

    Le réalisateur filme ses héros au plus près, sa caméra caresse leur peau et respire, tremble et survit avec eux. Il nous plonge dans le chaos à leurs côtés. Puis il passe avec habileté dans le bureau des décisionnaires, dans l'espace d'attente avec les femmes et enfants qui désespèrent et pleurent, alternant les scènes d'action pure avec celles plus explicatives ou les instants plus intimes du couple.

    Même s'il n'excelle pas dans ce dernier domaine, oubliant un peu l'aspect émotionnel au vestiaire, son film résonne et raisonne, à l'écriture d'une grande intelligence car, même si l'on connaît l'histoire et son issue, le suspense est omniprésent et on se laisse prendre aux tripes par l'intrigue et son déroulement.

    Sa réalisation époustouflante, son réalisme impressionnant et ses images superbes en font déjà une oeuvre majeure et atypique dans le cinéma français. Rares sont les jeunes réalisateurs qui osent, prennent des risques et choisissent délibérément la voie de la difficulté en donnant une telle touche personnelle à leur film.

    Servi par ailleurs par un Vincent Elbaz peu disert mais particulièrement charismatique et juste, dont le jeu ici prend une sacrée puissance, et s'impliquant dans ce rôle puisqu'ayant subi un éprouvant entraînement pendant six mois avec de vrais membres, certains ayant participé à l'assaut de 1994. L'acteur raconte: "Avant de s’atteler à l’entraînement purement physique, on a commencé par s’asseoir autour d’une table, où nos instructeurs nous ont présenté des images d’archives qu’ils nous ont commentées. Ils nous ont ainsi expliqué leur stratégie, leur approche de l’événement, et la manière dont ils ont géré la crise de Marignane. Par la suite, on a effectué des exercices pratiques de tirs et des stages commando" (source : allocine.fr).

    Seule Mélanie Bernier, que j'aime pourtant bien, n'est pas vraiment à l'aise, manquant de mordant et de maturité à mon sens pour assumer un tel rôle.

    Et un léger, mais tout léger, bémol sur l'assaut en lui-même (où de vrais hommes du GIGN se sont mélangés aux acteurs principaux) qui est parfois un peu confus. Ça tire beaucoup et on a du mal à suivre toutes les images, ça donne un peu mal au coeur. Mais tout le reste est tellement fort et prenant que ce bémol n'entache en rien mon dithyrambe sur ce film magistral et important.


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