• LA FILLE DU PUISATIER

    Synopsis : En coupant à travers champs pour aller porter le déjeuner à son père, Patricia rencontre Jacques. Elle a dix-huit ans, il en a vingt-six. Elle est jolie, avec des manières fines de demoiselle ; il est pilote de chasse et beau garçon. Un peu de clair de lune fera le reste à leur seconde rencontre. Il n'y aura pas de troisième rendez-vous : Jacques est envoyé au front. Patricia attendra un enfant de cette rencontre. Les riches parents du garçon crieront au chantage, Patricia et son père, le puisatier, auront seuls la joie d'accueillir l'enfant. Une joie que les Mazel leur envieront bientôt et chercheront à partager, car Jacques est porté disparu...

    De Daniel Auteuil avec Daniel Auteuil, Kad Merad, Sabine Azema, Jean-Pierre Darroussin, Nicolas Duvauchelle, Astrid Berges-Frisbay

    Sortie le 20 avril 2011


    Une amie m'a dit l'autre jour "Quoi ? tu n'as toujours pas vu La fille du puisatier ?", genre je passe à côté du chef d'oeuvre du siècle !! Je suis donc allée voir le film, pas très convaincue dès le départ mais prête d'ores et déjà à revoir mon jugement ; enfin surtout l'horaire se calait parfaitement au précédent.

    Vraiment donc sceptique car je suis un peu réfractaire au genre. Les pagnolades, l'accent marseillais exacerbé, de tels excercices de style, bref tout ça, j'avoue, je n'adhère pas. Les Fernandel, Raimu et autres, je ne suis pas fana du tout mais alors pas du tout. J'en ai vu plusieurs pourtant des Pagnol mais je n'en ai aimé aucun (des extraits - la fameuse partie de cartes- oui mais les films dans leur intégralité non).

    Enfin, bon, je soupire, m'installe à ma place favorite et entre de plain-pied sous le soleil de Provence avec la jeunette qui court à travers champ (on est entre La petite maison dans la prairie et Le petit chaperon rouge !!).

    Hélas, dès les premiers mots, j'ai compris pourquoi je redoutais cet instant.

    Car, le problème majeur du film réside dans la mauvaise qualité d'interprétation. Les comédiens récitent leur texte d'une manière par trop théâtrale, on dirait des premiers de la classe debouts devant le tableau noir lisant le roman en butant sur chaque syllabe et cherchant l'accentuation et les nuances.

    Daniel Auteuil est pourtant un bon acteur (il s'est bien servi et a ici la meilleure partition) que j'apprécie mais en tant que réalisateur - il signe ici son premier film derrière la caméra - il peine, sa mise en scène est timide, complexée et hésitante, sa direction d'acteurs est déplorable. On le dirait comme écrasé par le poids de l'oeuvre originale, bien supérieure en tous points, qu'il reproduit plan par plan. On sent pourtant en lui une réelle volonté de bien faire, une belle sensibilité et une vraie sincérité mais ce n'est pas suffisant pour séduire.

    Kad Merad semble avoir avalé un balai, Jean-Pierre Darroussin (non mais c'est quoi cet accent ?) et Sabine Azema (deux bons acteurs au demeurant) sont complètement hors du coup, surjouant beaucoup trop (Sabine Azema en devient même carrément pénible à la fin, exaspérante), la jeune Astrid Berges-Frisbay manque de métier et de professionalisme, elle ne sait pas se mouvoir ni dire son texte, elle est mauvaise (pour incarner l'héroïne c'est gênant !), seuls Nicolas Duvauchelle et la jeune Emilie Cazenave sont naturels et convaincants, tous les autres sont droits comme des I, rigides et ankylosés dans des rôles trop marqués par leurs prédécesseurs. Nul ne trouve jamais le bon ton, le bon angle, le bon jeu.


    Plus qu'un hommage à l'oeuvre de Marcel Pagnol qui le touche énormément, ce film est également un hommage à la région qui a vu grandir Daniel Auteuil, ainsi qu'aux parents de ce dernier. "C’est sûr, mes parents sont partout", confie le cinéaste, "dans les images, dans les paysages, dans les airs d’opéra que chante Caruso et que chantait mon père, dans les personnages…"

    Mais malheureusement, il s'avère d'un classicisme ennuyeux, trop scolaire, trop littéraire, trop parlé. Dommage car il y a de bons traits d'humour (certaines réfléxions machistes de Daniel Auteuil sont curieusement décalées, le texte est souvent cynique voire caustique), il y a de beaux paysages, la musique d'Alexandre Desplat est splendide, ça sent bon la Provence et le soleil, le bébé est craquant mais sinon la copie est à revoir Monsieur Auteuil : "trop d'imperfections", "pas assez abouti", "peut mieux faire" !!


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