• LE DISCOURS D'UN ROI

    Synopsis : D’après l’histoire vraie et méconnue du père de l’actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI, suite à l’abdication de son frère Edouard VIII. D’apparence fragile, incapable de s’exprimer en public, considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI tentera de surmonter son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme et d’affronter ses peurs avec l’aide d’un thérapeute du langage aux méthodes peu conventionnelles. Il devra vaincre son bégaiement pour assumer pleinement son rôle, et faire de son empire le premier rempart contre l’Allemagne nazie.

    De Tom Hooper avec Colin Firth, Geoffrey Rush, Helena Bonham Carter                                                      

    Nouveauté


    J'attendais impatiemment ce film encensé par les critiques, plusieurs fois nominé pour les prochains Oscar, et qui a été récompensé lors de la cérémonie des Golden Globes (prix d'interprétation pour Colin Firth) et ce n'est que justice.

    Voici une oeuvre magistrale pas tant dans son traitement et sa réalisation mais plutôt grâce à l'interprétation prodigieuse des deux acteurs principaux.

    Il est vrai que la réalisation plus que convenue paraît quelque peu conformiste et rigide mais s'accorde parfaitement au protocole ankylosé de l'Angleterre des années 40.

    En fait, les seules scènes à mon sens dignes d'intérêt sont les face-à-face entre Colin Firth et Geoffrey Rush (heureusement les trois quarts du film) Car le reste est un peu lent et empesé, pas vraiment sauvé par une Helena Bonham Carter encore une fois fade, triste et pâlotte. D'une blancheur d'albâtre dans la perfide albion !! Je n'ai jamais aimé cette actrice que je trouve sans aucun relief et parfois même agaçante (très mauvais souvenir d'un Sweeny Todd horrible) et ici, bien que parfaitement dirigée, elle est encore une fois médiocre.

    Mais le film reste toutefois une oeuvre majeure car le scénario de David Seidler est brillantissime, narrant par "la petite histoire" la grande Histoire et j'ai toujours aimé voir aborder les grands faits historiques par des anecdotes personnelles.

    Tom Hooper propose une réalisation d'une intelligence rare, le film s'avérant donc surtout remarquablement écrit et dialogué, par ailleurs particulièrement bien monté (la fin est vraiment très habile).

    Colin Firth délivre ici une prestation magistrale, tellement exceptionnelle et puissante que j'ai presque regretté avoir vu la version française (mais bravo à l'acteur-doubleur dont le travail n'a pas dû être aisé). Ce film mérite d'être vu en VOST - pourtant pas vraiment ma tasse de thé, ça me lasse vite et j'ai du mal à suivre le tout (les images, les sous-titres, l'intrigue ... !!) - pour mieux appréhender et percevoir l'ampleur du travail de l'acteur qui trouve ici le rôle de sa vie (pas de géant avec Mamma Mia !! mais un bon acteur doit savoir tout faire n'est-ce-pas ?).

    La force du film vient aussi du fait qu'il a en face de lui un autre acteur de taille, Geoffrey Rush qui se place à sa hauteur. Leurs tête-à-tête sont exquis et savoureux, parfois amusants, parfois plus graves, ou encore ardus mais toujours justes et poignants.

    C'est là qu'on comprend que les problèmes de bégaiement sont davantages psychologiques que physiologiques et/ou physiques. Et c'est tout cet aspect qui est éminemment intéressant dans le film. Le pourquoi du comment et le comment du pourquoi. Comme le souligne Colin Firth "C'est essentiellement en discutant avec David Seidler (qui souffrit de bégaiement lui aussi dans son enfance) que j'ai pu travailler mon personnage. En effet, ce n'est pas tant le bégaiement que j'ai cherché à jouer que l'angoisse que cela peut générer". (...)"Du coup, j'ai mieux compris la dimension héroïque de mon personnage qui réussit à s'affranchir de son infirmité."

    Les affrontements entre celui qui devint roi malgré lui, après l'abdication de son frère Edouard VIII qui refusa la couronne par amour pour une américaine divorcée deux fois Wallis Simpson (ce qui n'était guère compatible avec sa fonction de monarque), et son thérapeute en tirent une vraie force dramaturgique qui vous serre le coeur.

    Tout cela pour aboutir au fameux discours du roi Georges VI (d'ailleurs tous ses discours eurent un rôle important en rassurant à la fois le peuple britannique et en convainquant le monde que la Grande-Bretagne ne permettrait jamais à Hitler de gagner) qui trouve ici une incroyable intensité, mené comme un orchestre symphonique dont Geoffrey Rush en serait le chef d'orchestre et Colin Firth le soliste.

    La caméra joue alors un rôle particulier puisque par moments subjective, nous permettant d'avoir une réelle empathie pour ce roi qui fut adoré par son peuple, qui vivait dans la crainte de s'exprimer face aux foules. Il fut d'ailleurs à chaque fois assisté par celui qui devint son ami.

    Un film très important à voir absolument pour les deux immenses et incroyables acteurs principaux.


  • Commentaires

    1
    Marko
    Jeudi 17 Février 2011 à 15:17
    Le dicours d'un roi
    Bonjour, je ne suis évidemment pas du tout d'accord avec ce que vous écrivez sur Héléna B-C. C'est une actrice prodigieuse, qui prend des risques et accepte des rôles casse-gueule. Pas forcément glamour, c'est sans doute ce qui vous gêne, mais unanimement respectée et admirée dans le métier. Son récent BAFTA du meilleur 2nd rôle dans The King's Speech vient démentir ce que vous écrivez plus haut, à savoir " une comédienne médiocre". C'est votre avis contre celui de toute la profession en Angleterre. Tous les comédiens britanniques et australiens du film sont d'ailleurs extaordinaires, ce qui est fréquent dans les productions anglaises. On est loin, très loin de Cécile de France et Thierry Neuvic qui plombent le film de Clint Eastwood et qui on tmême suscité quelques rires moqueurs dans la salle. Merci de m'avoir lu. Pardon pour mon français un peu boîteux. MF.
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