• MILLENIUM : LES HOMMES QUI N'AIMAIENT PAS LES FEMMES

    Synopsis : Mikael Blomkvist, brillant journaliste d’investigation, est engagé par un des plus puissants industriels de Suède, Henrik Vanger, pour enquêter sur la disparition de sa nièce, Harriet, survenue des années auparavant. Vanger est convaincu qu’elle a été assassinée par un membre de sa propre famille. Lisbeth Salander, jeune femme rebelle mais enquêtrice exceptionnelle, est chargée de se renseigner sur Blomkvist, ce qui va finalement la conduire à travailler avec lui.

    De David Fincher avec Daniel Craig, Christopher Plummer et Rooney Mara

    Nouveauté

    Interdit au moins de 12 ans

    David Fincher murit ce projet depuis bien longtemps, bien avant le phénoménal succès du roman de Stieg Larsson et la sortie du film suédois. Alors sur Benjamin Button, il remet à plus tard la réalisation de Millenium et en confie l'adaptation à Steven Zaillan.

    Une fois le scénario modernisé et dynamisé, le cinéaste s'attache à soigner chaque plan, chaque séquence, sa photographie, sa réalisation.

    Dès l'hallucinant générique (sur un titre de Led Zeppelin et des images chocs), le ton est donné, l'ambiance est plantée, les tripes se nouent. On entre de plain-pied dans un monde troublé et troublant où vont s'entremêler les destins.

    On sent d'emblée que ce ne sera pas un thriller comme les autres, pas un simple suspense mais plutôt une oeuvre majeure exhaussée par l'incroyable personnalité et le style atypique du réalisateur qui s'avère devenir peu à peu un maître en la matière.

    Dans une atmosphère glaciale et oppressante (le tournage s'est déroulé dans un hiver suédois particulièrement froid), l'intrigue se déroule dans une spirale de violence et d'horreurs sans nom (la scène de viol est crue et ardue), captivante, envoûtante, viscérale, subversive, noire.

    Et malgré quelques longueurs dans la première demi-heure, on est tellement fascinés par la qualité de la réalisation magistrale et les  interprétations sublimes des deux acteurs principaux qu'on ne peut plus se décrocher un seul instant du film. Chaque seconde vous remplit tout à la fois d'angoisse (c'est souvent malsain tout de même) et de jubilation (techniquement c'est du grand art : la photographie est magnifique, les prises de vue sont hyper soignées et judicieusement mises en valeur, la lumière est savamment étudiée, les couleurs et les noirs et blancs sont remarquables, les paysages sont saisissants, les personnages sont superbement filmés).

    David Fincher a surtout l'intelligence de mener son récit avec profondeur et fluidité, avec un sens aigu du détail, et même si parfois il nous perd un peu dans les méandres de la généalogie de la famille Vanger, il donne tellement d'épaisseur et de complexité à ses personnages, de la dimension à son univers, et de la consistance à son histoire (on soupçonne toutefois quelques ellipses inévitables par rapport au roman - que je n'ai pas lu ... il faudrait !! - bien que l'ensemble soit, dit-on, assez fidèle, plus que la version suédoise) que son film en puise une prodigieuse intensité.

    Travaillant en permanence sur l'antinomie des deux héros, le journaliste Mikael, pragmatique et rigoureux, évoluant dans un monde épuré et immaculé tandis que Lisbeth, la jeune hackeuse gothique, asociale, inconstante et tourmentée, se meut dans un monde sombre et ténébreux, entre génie et folie, David Fincher s'appuie sur leurs complexités, leurs contradictions et leurs paradoxes, jusqu'à les entremêler en quelques scènes sensuelles et émouvantes (certains face-à-face finaux sont poignants).

    Il maîtrise de bout en bout son film en lui offrant qui plus est un casting de choix.

    Daniel Craig trouve ici à mon sens un de ses meilleurs rôles (je ne l'aime pas trop en James Bond, il a eu surtout du mal à trouver grâce à mes yeux après Pierce Brosnan), nuance merveilleusement son jeu, ses regards bleu acier vous transpercent et il a un indéniable charisme. Toutefois, il est presque effacé derrière la performance de Rooney Mara, une presque inconnue (mais il était nécessaire de ne pas marquer le rôle par une actrice plus célèbre), qui crève l'écran. Elle délivre une prestation extraordinaire, elle est tout simplement sensationnelle.

    Le format est long (plus de 2 h 30) mais on ne voit pas le temps passer tant l’œuvre est magistrale, cinglante, scotchante. Elle laisse en tout cas un malaise persistant, un goût âcre et métallique dans la bouche, et elle vous entêtera longtemps. Elle m'a donné en tout cas l'envie de lire la trilogie.


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