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YOUNG ADULT | 01 avril 2012

Synopsis : Originaire d’une petite ville de province où elle s’ennuyait à mourir, Mavis Gary s’est installée à Minneapolis où elle est devenue auteur de romans pour ados. Mais lorsqu’elle apprend que son ex-petit copain de lycée est devenu papa, elle décide de revenir sur les lieux de son enfance pour le reconquérir. Tandis que Mavis semble sûre d’elle et de son pouvoir de séduction, la situation ne tourne pas à son avantage.

De Jason Reitman avec Charlize Theron et Patrick Wilson

Nouveauté

J’aurais dû me méfier … la signature de Diablo Cody pourtant m’a déjà précédemment contrariée, désappointée … je me rappelle n’avoir pas particulièrement aimé l'incompréhensiblement transcendé Juno, alors pourquoi me suis-je décidée à aller voir celui-ci ? Sans nul doute pour la présence à l’affiche de Charlize Theron, qui est à mon sens une des meilleures actrices hollywoodiennes de sa génération, et de Patrick Wilson, pure réincarnation du regretté Paul Newman, dont le regard me transperce.

J’avais raison de me focaliser sur les acteurs car ce sont eux qui sauvent le film d’une pauvreté sans commune mesure.

Parce que donc, parlons-en du scénario … vide … je n’ai qu’un mot à dire : vide (et les dialogues sont tout aussi creux). Diablo Cody est « diablement » intelligente et un peu crucruche tout à la fois : en proposant des scénarios se basant sur des sujets forts et dans l’air du temps, elle se met à la hauteur d’un public de profanes non avertis qui se laissent bercer par les illusions et les pseudo-analyses à deux balles qu’elle cherche à nous inculquer à coup de grosses ficelles pathético-larmoyantes mais elle se complait dans la facilité d’une écriture simpliste, sommaire, voire limite insultante pour notre intelligence.

Inconsistant, il reste dans la superficialité, le propos n’est jamais accentué ni exacerbé par aucun effet de manche ou de plume. Les personnages sont survolés, on reste dans l’ignorance de trop de choses de leur passé ou de leurs motivations pour qu’on s’y attache. Il aurait été judicieux d’approfondir le personnage féminin, le principal et le plus intéressant, et d’essayer d’expliquer les raisons de son comportement, de décortiquer davantage ses failles et faiblesses, de gratter un peu plus le vernis, le pourquoi et le comment elle est devenue ou restée cette « jeune adulte », cette femme enfant blessée et malade.

Ici, on arrive à la fin et, pantois, on se dit : "ah ? et … ? ah bon !! mais encore" … bref, une fin en queue de poisson qui ne finit pas grand chose (ou alors est-ce moi qui ne comprend rien à la mentalité américaine !!?? si oui j’en tire une certaine fierté !!). Une heure et demi où finalement il ne se passe rien, le rythme est faiblard, sans aucune énergie ni vitalité, atone et soporifique.

Mais, force est de constater que Charlize Theron, grâce à son charisme et son talent, illumine l’image de sa présence et sa force de caractère, elle insuffle à l’héroïne un souffle et une puissance dramatique réellement intenses.

Souvent peu à son avantage, mal coiffée, mal habillée, l’œil éteint et le teint grisâtre, c’est dans cette palette de jeu qu’elle est la plus touchante car la plus vulnérable. Lorsqu’elle se transforme en femme fatale prédatrice, elle est d’une beauté à couper le souffle mais surfe sur la facilité, reste dans son domaine de prédilection. Elle seule pouvait donner à ce personnage ambivalent une telle émotivité. Elle est tout simplement magique et magnifique.

Face à elle, Patrick Wilson paraît presque fade, même si j’aime beaucoup cet acteur au physique très avantageux, il propose une interprétation proprette et carrée mais sans surprise.

Finalement, ce serait davantage Patton Oswalt dans un second rôle ingrat qui lui dame le pion !

Dommage donc que le film soit si mal écrit, pas maîtrisé, mal tenu, et pas non plus flamboyant réalistiquement parlant. Malgré quelques belles prises de vue, on ne peut pas dire que la réalisation soit de haut niveau. Purement conventionnelle et quelque peu basique.

Je ne suis décidément pas cliente de ce genre de films qui oscillent entre drame et comédie, qui cherchent un style sans jamais le trouver s’avérant souvent être beaucoup plus banals qu’on veut bien nous le faire croire.

Seule Charlize Theron mérite ici le détour, le reste n’est que vacuité saupoudré à l’aspartam !!

Publié par lara1340 à 17:02:53 dans Critiques de films | Commentaires (0) |

LE PRENOM | 24 mars 2012

Synopsis : Vincent, la quarantaine triomphante, va être père pour la première fois. Invité à dîner chez Élisabeth et Pierre, sa sœur et son beau-frère, il y retrouve Claude, un ami d’enfance. En attendant l’arrivée d’Anna, sa jeune épouse éternellement en retard, on le presse de questions sur sa future paternité dans la bonne humeur générale... Mais quand on demande à Vincent s’il a déjà choisi un prénom pour l’enfant à naître, sa réponse plonge la famille dans le chaos.

De Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière avec Patrick Bruel, Valérie Benguigui, Charles Berling, Guillaume de Tonguédec et Judith El Zein

Sortie officielle le 25 avril 2012

 

Voilà bien longtemps que je n'avais pas eu l'opportunité d'assister à une avant-première. La présence des deux acteurs principaux, Patrick Bruel et Valérie Benguigui, m'a fortement motivée. Voilà bien des années que je suis de près la carrière des deux.

 

Les deux cinéastes pénètrent dans la salle, suivis de près de Valérie et Patrick, ils présentent le film pendant un bon quart d'heure, évoquent le prénom de leurs enfants respectifs (mon Dieu ils sont fous ... j'ai retenu Artémus, César et Abraham (les deux fils de Valérie Benguigui), Oscar et Léon (les deux fils de Patrick Bruel)... j'en ai oublié d'autres tout aussi originaux et difficiles à porter !!!) puis s'éclipsent rapidement pour laisser place à la projection.


 

 

                                                                                                                                                                  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière (le fils de Denys - le talent est génétique) transposent donc à l'écran leur propre pièce de théâtre au succès qu'on lui connaît. Seul changement au casting : Charles Berling en lieu et place de Jean-Michel Dupuy.

Les codes y sont ici respectés : unité de temps, de lieu et d'action. Enfin d'action c'est vite dit, il n'y en a pas, ce ne sont que des blablas ... mais quels blablas !!!! des blablas de très haut niveau ...

C'est bien simple, je crois bien que c'est la première fois que je vois un film avec une telle qualité d'écriture, aussi dense et riche : un scénario en béton armé - il fallait le cadrer et le serrer car chose n'est certainement pas aisée de filmer un huis-clos et d'en tirer une telle quintessence d'une intensité rare - et des dialogues brillantissimes où la dérision y pointe en permanence, d'une drôlerie sans commune mesure, caustiques, cyniques.

Car ce n'est pas QUE drôle, mais c'est très drôle voire hilarant, c'est aussi profond et grave, le malaise s'immisce peu à peu.

Le rire fuse souvent mais les dents grincent beaucoup aussi ... !! ça fait mal, très mal ... !!

Il est vrai qu'on peut le rapprocher du récent Carnage de Polanski avec cependant ici une dimension humaine et un supplément d'âme ... tandis que Polanski met en scène deux couples ne se connaissant pas (et par ailleurs l'intrigue n'a absolument rien à voir), les auteurs français réunissent les membres d'une même famille (ou ami d'enfance), ce qui donne une force encore plus grande aux secrets enfouis qui vont être dévoilés.

Alors certes, il ne faut pas attendre grand chose de la réalisation dans son acception première puisque le film se déroule quasi exclusivement au salon (avec quelques astuces pour en sortir en quelques flashes (back ou non) drolatiques), mais on ne s'ennuie absolument jamais tant le ton est enlevé et rythmé par des répliques cinglantes et acerbes, ou encore des scènes désopilantes.

Et puis surtout parce que servies par des acteurs géniaux. Patrick Bruel, le narrateur et personnage principal, trouve à mon sens son meilleur rôle depuis bien longtemps, je préfère - et de loin - l'acteur au chanteur et ici il fait preuve d'une réelle implication. Charles Berling, Guillaume de Tonguédec et Judith El Zein sont excellents mais celle qui m'a diablement étonnée est Valérie Benguigui que j'aime depuis Comme t'y es belle et qui, enfin, trouve un rôle à la hauteur de son immense talent. Elle est tout bonnement extraordinaire et porte à elle seule les scènes les plus fortes. Elle part par instants dans des délires complètement déjantés.

On assiste à une guerre des nerfs, des joutes verbales blessantes, des révélations, des crises d'hystérie, des coups bas (ou pas), le tout épicé par un texte à pleurer de rire et par une émotion sous-jacente qui monte par vagues.

Bref, on en sort avec les larmes aux yeux (de rire ou non) et un grand sourire aux lèvres tant la fin est inattendue.

La transposition des planches à la toile est à mon sens très réussie, même si je n'ai pas vu la pièce de théâtre.

Je leur souhaite un beau succès, ils le méritent, et pourquoi pas des nominations aux prochains César pour récompenser l'exceptionnel travail d'écriture et les phénoménales performances des acteurs.

Je retournerai le voir à sa sortie car, noyées dans des éclats de rire irrépressibles, se sont perdues quelques répliques, et je pense par ailleurs que c'est un film qui mérite plusieurs lectures pour capter les mots à travers les pages, interpréter les non-dits, comprendre les silences, appréhender chaque personnage à sa juste valeur à travers ses failles et faiblesses.

Un film mille-feuilles : plein de saveur au milieu de plein de surprise, plein de surprises au milieu de plein de saveurs ...

Ce fut une soirée inoubliable ... je n'arrive pas encore à réaliser que j'ai enfin rencontré Patrick Bruel ... !!!

Que du bonheur ... le film et lui ... lui et le film ...

Publié par lara1340 à 17:11:53 dans Avant-premières | Commentaires (5) |

TARGET | 22 mars 2012

Synopsis : Deux des meilleurs agents secrets au monde sont aussi les deux meilleurs amis dans la vie. Rien ne pouvait les séparer jusqu’au jour où ils découvrent qu’ils fréquentent depuis peu la même jeune femme, Lauren. Ce qui était au début un jeu de séduction sans conséquence et un simple défi amical se transforme vite en une guerre sans merci. Déploiement de technologies de pointe, moyens de surveillance high tech, c’est tout un arsenal capable de faire sauter un pays que les deux espions utilisent pour séduire la jeune femme et mettre l’autre hors-jeu. Plutôt malheureuse en amour jusqu’ici, Lauren a désormais un choix impossible à faire entre deux hommes incroyablement sexy.

De McG avec Reese Witherspoon, Chris Pine et Tom Hardy

Nouveauté

Dans l'idée du "je ne me prends surtout pas la tête aujourd'hui", voici une comédie romantique et d'action, toute simple et sans autre prétention que de distraire le chaland. Pari réussi.

J'avoue que déjà, à la base, Chris Pine m'avait déjà charmée dans certains de ses précédents rôles (Unstoppable, Star Trek) et j'y allais essentiellement pour lui, parce que c'est sûr que c'est pas pour cette cruche de Reese Witherspoon qui n'a que pour seul talent d'être  mignonne et bien foutue mais dont le jeu se limite à trois expressions faciales cul cul la praline et deux sourires Ultra Brite dégainés aux bons moments - mais qu'est-ce qu'elle est agaçante et mauvaise, pourquoi est-ce que je m'acharne à aller voir des films avec cette pseudo-actrice ??!!

Quant à Tom Hardy, à part être - me semble-t-il j'ai cherché la confirmation de mes doutes en vain - le mec du "changement de plan chérie" d'une célèbre pub pour une non moins célèbre boisson gazeuse, je ne le connaissais pas (pourtant vu dans Inception) mais dès la bande annonce on a déjà très envie de s'envoler avec lui dans les airs sur fond de feu d'artifice ... !!!!

Et je ne veux pas oublier la bonne copine, Chelsea Handler, excellente !! ...

Bref, c'est surtout un défilé de belles nanas et de beaux gosses - car l'ex (Warren Christie) l'est plutôt aussi ma foi !! - qui font un concours des plus magnifiques yeux bleu lagon et/ou des plus éclatantes dents blanc immaculé ... !!!

Mais ça se laisse voir avec un réel plaisir car le film a pour lui d'être bien rythmé, saupoudré subtilement d'une dose d'action, une dose d'humour, une dose d'amour, une dose de charme (un bon quatre quart !!), d'idées assez amusantes (même si carrément invraisemblables et improbables), et il est littéralement impossible de résister au charme fou des deux comédiens qui rivalisent d'ingéniosité pour séduire la belle où tous les coups sont permis même les plus vils ...

Le tout est pitoyablement prévisible et trop lisse (le suspense est annihilé en très peu de temps, on comprend assez vite lequel elle va finalement choisir !!) mais il y a de bonnes scènes bien dynamiques, ça pète, ça tape, ça explose, ça tire ...

Le film puise sa force et son intensité de sa dualité, oscillant entre deux genres, la comédie romantique et le film d'espionnage, mais les mêlant intelligemment. Tandis que Reese Witherspoon incarne la jeune fille en fleurs délurée et pimpante, les deux acteurs se battent (pour elle), combattent (pour elle aussi) et doivent tout à la fois résoudre une épineuse affaire et traquer un méchant très très méchant (rha la la ils sont trop forts ces bellâtres !!).

Le cinéaste au curieux patronyme n'est pas forcément un immense réalisateur (certaines scènes d'action sont un peu bâclées sauf la fin assez réussie) mais il sait toutefois nous emballer dans son truc grâce à des artifices efficaces et à ses acteurs masculins assez craquants.


 

Alors certes les muscles des bonshommes sont plus épais que le scénario et les dialogues réunis mais on passe un très bon moment devant ce divertissement pas prétentieux pour deux sous, pétillant et enlevé.

Pour le plaisir ... uniquement pour le plaisir ... mais ça fait du bien parfois ..

Publié par lara1340 à 18:38:48 dans Critiques de films | Commentaires (2) |

L'ONCLE CHARLES | 22 mars 2012

Synopsis : En Nouvelle-Zélande, un richissime homme d’affaires d’origine française, Charles Doumeng, voit basculer sa vie en apprenant qu’il est atteint d’une maladie incurable. Sexagénaire, sans famille ni héritier et n’ayant plus que quelques semaines à vivre, éprouvant un soudain regain d’affection, il se met à la recherche de sa sœur, qu’il n’a pas revue depuis cinquante ans, dans l’ouest de la France. A Mauprivez, petit village de la région nantaise, Corinne, trente-cinq ans, clerc de notaire, gros besoin d’argent, tombe sur l’annonce que Charles a écrite pour retrouver sa sœur, et dont la récompense est énorme. Elle part à la recherche de cette inconnue, sans succès, et décide, avec l’aide de son entourage, de lui former une famille sur mesure…

De Etienne Chatiliez avec Eddy Mitchell, Alexandra Lamy et Valérie Bonneton

Nouveauté

Hier, j'avais bien besoin d'une après-midi ciné "totale détente", besoin de me changer les idées et de virer les noires de ma tête ...

Ce film était visiblement ce qui me fallait : côté scénario, on est à un niveau zéro, ça ne prend pas le choux, c'est le moins que l'on puisse dire. On baigne dans l'archétype de la comédie basique bien franchouillarde qui sent bon le purin et le terroir de la campagne nantaise profonde et du bled paumé ... côté dialogues, on est dans la plus simple expression de ce que l'on peut qualifier de "simplistes et minimalistes sans fioriture ni recherche" ... et c'est dommage car en fait, noyées sous un tas de blablas superficiels et insignifiants, quelques bonnes répliques fusent par fulgurance !

Cependant, après la première heure planplan et fadasse, peu à peu l'écriture se resserre et s'aiguise pour offrir une dernière demi-heure d'un niveau légèrement plus élevé, s'insinue un certain malaise sous l'amoralité du propos, amoralité qui est malheureusement anéantie par une fin d'une mièvrerie consternante.

On a connu la scénariste Florence Quentin (qui apparaît en caméo ...), éternelle complice d'Etienne Chatiliez, beaucoup plus inspirée. La réalisation est pâlichonne et sans rythme, seuls les acteurs peuvent prétendre à sauver quelque chose de ce ratage complet (le cinéaste a oublié de retirer ses charentaises avant de se caler derrière la caméra !!).

Valérie Bonneton est dans un registre qu'elle affectionne et connaît par cœur, surjoue, en fait des tonnes mais, dans son enthousiasme communicatif, arrive à nous tirer facilement quelques sourires dans ce rôle de clerc de notaire bourge et fagotée comme une bigote tant elle appuie la caricature (à en être toutefois par instants agaçante).

Eddy Mitchell a contrario sous-joue en se contentant de nous offrir le minimum syndical ou alors est totalement effacé par les autres comédiens plutôt convaincants, les gosses en tête de liste.

Je ne suis guère objective concernant Alexandra Lamy que j'adore depuis Un gars une fille, hors contexte femme de ..., je trouve qu'elle a une grande palette de jeu, beaucoup de nuances dans ses expressions, et une aisance naturelle bien agréable. Ça fait vraiment plaisir de la voir en tête d'affiche et d'assurer, je trouve qu'ici elle vole largement au-dessus des autres.

Elle est accompagnée d'Arnaud Ducret, un acteur que je ne connaissais pas, mais qui se révèle plutôt bon.

En fait, j'ai été essentiellement séduite par la prestation des deux jeunes : Sophie de Fürst, piquante, pleine de fraîcheur et d'énergie, et Thomas Solivérès qui confirme son statut d'espoir en étoffant peu à peu son CV déjà impressionnant (Intouchables) ... il joue désormais dans la cour des grands (également au théâtre dans une nouvelle version de la pièce Harlod et Maud aux côtés de Line Renaud).

En bref et en résumé, un petit (mais tout petit) film sympatoche mais loin d'être indispensable dont les scènes les plus croustillantes sont celles avec la vieille bonne sœur absolument hilarante.

On en ressort mi-figue mi-raisin, amusé mais déçu, on ne s'y est pas ennuyé mais ce n'est pas drôle ... on sourit à deux ou trois reprises mais sans plus, on se forcerait presque, juste pour tenter de se rassurer de n'avoir pas perdu une heure trente devant un mauvais film ...

Allez c'est pas si nul mais c'est franchement pas terrible, la mayonnaise ne prend pas ... on peut aisément s'en passer ...

Mais bon il a au moins le mérite de m'avoir décomplexé les neurones !!

Publié par lara1340 à 16:50:22 dans Critiques de films | Commentaires (1) |

CLOCLO | 15 mars 2012

Synopsis : Cloclo, c’est le destin tragique d’une icône de la chanson française décédée à l’âge de 39 ans, qui plus de trente ans après sa disparition continue de fasciner. Star adulée et business man, bête de scène et pro du marketing avant l’heure, machine à tubes et patron de presse, mais aussi père de famille et homme à femmes…

De Florent Emilio Siri avec Jérémie Renier, Benoît Magimel, Monica Scattini, Sabrina Seyvecou, Joséphine Japy et Ana Girardot

Nouveauté

L'idée de base de ce projet remonte à l'an 1999 et Jérémie Renier était déjà pressenti pour le rôle. Les deux fils du chanteur sont ici directement impliqués puisque producteurs, même s'ils étaient un peu réticents à l'idée que certaines anecdotes préjudiciables allaient y être évoquées (le malaise simulé lors d'un concert, le fils dissimulé, sa maniaquerie obsessionnelle qui lui aura été fatale ...) et que la face cachée de l'idole allait être dévoilée.

Donc, loin d'être une hagiographie ou une compilation de ses succès, ce biopic, fidèle dans les reconstitutions, présente le portrait sans concession ni complaisance d'un homme en quête éperdue d'amour, expliquée sans nul doute par le rejet paternel. Il vivra toute sa vie avec cette rancœur ancrée en lui et son parcours artistique ne sera qu'une façon d'exorciser cette douleur, dans la recherche permanente d'un inaccessible bonheur et de la reconnaissance de son père/ses pairs ...

J'avais très envie, à travers cette œuvre, de découvrir l'homme derrière l'artiste, le côté sombre et la complexité du personnage, de l'appréhender différemment, de comprendre ses tourments, ainsi que de retrouver ce chanteur populaire, emblématique de toute une époque, qui a bercé mon enfance et adolescence (par ses nombreuses apparitions télévisuelles - ah les émissions cultes des Carpentier ou Drucker ... !!), devenu désormais mythique et incontournable, pour en avoir une tout autre vision.

Très classique dans sa forme et sa construction (parcours de la naissance (même avant !!) et jusqu'à sa mort (même après !!) englobé entre deux images marquantes, juxtaposition d'images d'archives (vraies ou fausses ... !!??) ou d'un style documentaire pour crédibiliser la biographie, la chanson ad hoc posée sur l'image ou la séquence correspondante ... bref autant de facilités pour alimenter l'histoire), le film s'avère exceptionnel au niveau de la réalisation, du scénario et surtout, bien sûr, de l'interprétation de TOUS les acteurs, Jérémie Renier en tête bien sûr, mais il ne faut pas oublier les autres qui délivrent tous des partitions parfaites.

Florent Emilio Siri est un réalisateur inspiré. Maniant adroitement son image à la lumière quasi mystique, faisant virevolter sa caméra qui ne lâche jamais son héros (les scènes de concerts sont fabuleuses), filmant les expressions au plus près, trouvant des angles d'attaque inventifs ou osant de longs plans séquence, il maîtrise totalement son métrage de la première à la toute dernière image, malgré le fait qu'à mon sens il reste un peu en surface, comme s'il était simple spectateur de son film qui n'est qu'une succession de faits avérés, comme écrasé par le poids de son héros et de son sujet, et qu'il oubliait par là-même d'y mettre sa petite touche personnelle et un soupçon de fantaisie qui n'aurait pas nui à l'ensemble (le récit est un peu trop linéaire).

Toutefois il évoque très habilement tout à la fois les immenses qualités de l'artiste qui était un bosseur acharné, visionnaire et hyper moderne, précurseur et opportuniste, sachant se renouveler et rebondir (dans tous les sens du terme !!), un danseur doué, un chanteur talentueux (même si je n'ai jamais été séduite par son timbre, il faut avouer qu'il savait placer sa voix et reconnaître que chanter en dansant d'une façon aussi trépidante était déjà en soi un véritable exploit) et même un homme d'affaire émérite mais également, écornant son image et proposant une peinture peu flatteuse, les aspects méconnus de l'homme, ses doutes et ses failles, ses côtés maniaco-dépressif, perfectionniste, tyrannique, jaloux, possessif, narcissique, ses relations conflictuelles avec les uns, fusionnelles avec les autres, voire malsaines avec ses fans ...

Il revient aussi sur la très intéressante genèse de certaines chansons (la scène présentant la naissance de Comme d'habitude est d'une pure émotion (il l'a écrite dans la tristesse de la séparation d'avec France Gall, même s'il lorgnait déjà sur la belle Isabelle), émotion qui ne m'a d'ailleurs pas quittée jusqu'à la fin), les furtives rencontres avec Franck Sinatra (Robert Knepper (le méchant de la série Prison Break) est LA curiosité de ce casting, même s'il ne fait que deux brèves apparitions !!), les hystéries collectives que le chanteur déclenchait plus ou moins, mais plutôt plus que moins, volontairement à chaque apparition publique (même pour faire 200 mètres il prenait sa voiture pour ne pas marcher dans la rue comme un piéton lambda accessible et abordable !!, en fin de concert il ôtait ses chemises pleines de sueur pour les jeter au public ou encore se lançait à corps perdu dans la fosse, au grand désespoir des gardes du corps mais pour le plus grand plaisir de ses fans qui hurlaient son pseudo à gorge déployée !!) ...

S'appuyant sur un scénario et des dialogues réellement subtils et intelligents écrit par l'excellent Julien Rappeneau sous les conseils avisés de Fabien Lecoeuvre qui a bien connu Claude François, le cinéaste s'attarde sur ses périodes de vie marquantes tout en expliquant les ellipses inévitables en une seule réplique ou image. Car il n'était certes pas chose aisée de résumer 40 ans de vie en 2 h 30 de film (qu'on ne voit pas passer), il fallait donc trouver une astuce pour lier le tout, faire des choix - ils sont ici judicieux - même si l'on aurait aimé en savoir encore plus ... !!

Il a eu surtout l'idée géniale de choisir Jérémie Renier pour ce rôle qui lui était prédestiné. L'acteur est troublant, bluffant. Criant de vérité. Tant dans la transformation purement physique (une ressemblance naturelle alliée à deux heures de maquillage par jour, la métamorphose est saisissante, il reproduit parfaitement les gestuelles, les attitudes, les mimiques ...) que dans la performance. On sait que les biopics sont en général exhaussés par leur acteur principal, souvent d'ailleurs portés aux nues et jouant dans la course aux récompenses (voir tout récemment Meryl Streep oscarisée pour sa prestation dans La dame de fer ou il y a quelques années le triomphe de Marion Cotillard dans sa fabuleuse interprétation d'Edith Piaf, etc.), je pense qu'ici tel est le cas.

Car on ne peut imaginer autre acteur dans ce rôle, en deux secondes on oublie Jérémie Renier, on ne voit que Claude François, l'acteur s'y est longuement préparé (cinq mois d'entraînement intensif pour être crédible dans les séquences dansées et chantées), et ça se ressent à chaque plan, et se glisse dans le(s) costume(s) avec une aisance déconcertante. Il est exceptionnel, littéralement habité.

Mais là où le film tire aussi sa force c'est que tous les rôles secondaires sont à la hauteur, tant dans les nuances de jeu que dans l'homologie. Ana Girardot (la fille de Hyppolite ... et non la petite fille d'Annie ..) est magnifique, Joséphine Japy charmante, Sabrina Seveycou superbe, et Benoît Magimel est méconnaissable. Quant à Monica Scattini dans le rôle de Chouffa, elle est tout bonnement extraordinaire.

Rien que pour les admirables prestations de chacun, il faut voir ce biopic authentique et passionnant, très complet, très dense et très documenté, rythmé par les titres les plus connus du chanteur (sans non plus noyer le film), même s'il tombe un peu dans le pathos à la fin, Florent Emilio Siri aurait pu avoir l'audace de conclure son film par une pirouette originale (toutes les scènes au cimetière avec les proches en deuil et en pleurs étaient-elles bien nécessaires ?) ...

Mais il en émane une telle magie, il est si prenant et poignant (on touche ici à l'humain derrière le mythe) ... on oscille en permanence entre l'antipathie et la sympathie pour cet homme blessé et blessant, cet artiste exceptionnel.

Je vous enjoins vivement à aller voir ce film immanquable (la bande annonce m'avait déjà foutu les frissons, je les ai retrouvés intacts, surtout sur la deuxième partie), même si j'y apporte quelques légers bémols qui m'empêchent de le classer au rang de chef d’œuvre, mais il est assez représentatif de ce que l'on peut attendre d'un tel biopic. Même si vous n'êtes pas fan, comme moi, vous ne pourrez pas rester indifférent, serez forcément émus et retrouverez avec nostalgie ses plus grands succès.

Publié par lara1340 à 14:47:25 dans Critiques de films | Commentaires (2) |

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