• POURQUOI TU PLEURES ?

    Synopsis : A quelques jours de son mariage, un jeune homme  se retrouve confronté à des décisions cruciales.Face à sa fiancée qui a disparu, face à la fille qu’il vient de rencontrer, face à sa belle-famille dont il ne comprend pas la langue, face à sa mère, sa sœur, ses potes et même aux ouvriers sur le chantier de son futur appartement, il doit trancher.

    De Katia Lewkowicz avec Benjamin Biolay, Emmanuelle Devos, Nicole Garcia

    Nouveauté

    La meilleure idée du film en est sa promotion de et par Benjamin Biolay au coeur de tout : de l'histoire, du casting, de la BO ... et qui sort simultanément son album qui en est directement inspiré (sublime par ailleurs ...).


    Car le reste n'est pas vraiment à la hauteur de son interprète principal déjà pour ne pas poser dès le départ l'intrigue que nous sommes obligés de deviner à partir du pitch, faute pour la réalisatrice de présenter clairement la situation de son personnage. Donc déjà, si vous n'avez pas lu le synopsis vous perdez le premier quart d'heure du film à comprendre qui est qui, qui fait quoi. Les "où cours-je ?" "où vais-je ?" "dans quel état j'erre ?" du héros ne sont pas (d)écrits.

    L'intrigue s'avère ensuite laborieuse, simple et tristement banale s'axant autour de l'éternel triangle amoureux, abominablement amorale voire carrément gênante (la fin est poignante et la seule image que j'ai aimée est celle de Léa derrière sa fenêtre).

    Heureusement que Benjamin Biolay traverse le film avec une grâce incroyable. Il a indubitablement un talent fou. Charmeur et charmant, il sait jouer instinctivement, avec un naturel et une retenue qui lui vont bien. Il interprète un mec bourré de doutes et d'hésitations mais aussi un sacré salopard insolent et impertinent, avec une certaine nonchalance innocente, avec ses airs de chien blessé et ses regards tombants et humides, et on a tout à la fois envie de le claquer (il s'en prend une bonne d'ailleurs) mais aussi de le consoler. Il sait merveilleusement tromper son monde (ET le personnage dans le film ET l'acteur pour les spectacteurs) mais c'est à double tranchant. On oscille en permanence entre l'appitoiement, l'attendrissement et l'agacement.

    De fait, c'est assez dérangeant.

    Mais dans ce film bourré de maladresses, dans ce fourbi composé de tout et n'importe quoi (les surnoms ridicules - Cuicui et Coincoin (si si ....) quelle idée débile on dirait que la réalisatrice n'ose même pas identifier ses personnages !!), de temps à autre une scène magique illumine l'ensemble. Parce que Benjamin Biolay excelle surtout dans le secteur émotionnel et attire vers le haut ses partenaires.


    Hélas, en plus de ses erreurs de débutante et de sa bien piètre direction d'acteurs qui sont un peu trop livrés à eux-mêmes oubliant par la même de s'excentrer, Katia Lewkowicz propose un scénario et une réalisation plus qu'épurés, j'irais même jusqu'à oser les qualifier de minimalistes.

    De plus, au milieu d'un dialogue fourre-tout dans lequel s'empêtrent un peu les comédiens (s'ils pouvaient au moins ARTICULER autant que faire se peut, j'ai perdu quelques bribes au passage (ou alors c'est la qualité du son qui n'est pas très bonne)), où pleuvent un peu trop de "putain" dit sur tous les tons et placés lorsque le dialoguiste était visiblement en panne d'inspiration ou de vocabulaire, il y a de temps à autre de belles fulgurances et de très bonnes répliques.

    Bref, s'il n'y avait Benjamin Biolay à l'affiche dont le talent transperce l'écran et la musique nos âmes, le film aurait été nul à chier et ennuyeux, à peine sauvé par les seconds rôles dont seulement deux sortent du lot : Eric Lartigau en beau-frère et Sarah Adler sublime dont la dernière scène est merveilleuse. Nicole Garcia quant à elle est meilleure réalisatrice qu'actrice, sa gaucherie est parfois pénible, Emmanuelle Devos n'a pas la fibre comique dans le sang et passe à côté de son rôle, Valérie Donzelli est quasiment inexistante alors qu'elle en a à revendre sous le pied, on sent un réel potentiel ici un peu étouffé dans l'oeuf.

    Le film est vraiment trop brouillon et inconstant pour me séduire dont je n'aime pas du tout l'affiche (à l'instar de Benjamin Biolay qui le précise dans une récente interview) qui ressemble trop à cette comédie faussement romantique : rose fadasse ... 

    Vraiment déçue par le film (mais pas par Benjamin Biolay que j'adore). Il me donne une furieuse envie de pleurer de contrariété et de désappointement ... et ne donne certainement pas une furieuse envie de se marier !!

    Mieux vaut écouter l'album bien plus réussi que cette pâle comédie.


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