• Synopsis : Marseille. 1975. Pierre Michel, jeune magistrat venu de Metz avec femme et enfants, est nommé juge du grand banditisme. Il décide de s’attaquer à la French Connection, organisation mafieuse qui exporte l’héroïne dans le monde entier. N’écoutant aucune mise en garde, le juge Michel part seul en croisade contre Gaëtan Zampa, figure emblématique du milieu et parrain intouchable. Mais il va rapidement comprendre que, pour obtenir des résultats, il doit changer ses méthodes.

     

    De Cédric Jimenez avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Céline Sallette, Mélanie Doutey

    Sortie le 3 décembre 2014

     

    Voilà bien longtemps que je n'étais pas allée au cinéma (problèmes de santé, météo pas toujours très engageante ...) et après cette longue période de disette, j'ai choisi ce film que je ne voulais absolument pas manquer.

    Je pense que mes fidèles lecteurs (les autres le devineront vite en regardant la colonne de gauche de mon blog ...) savent déjà combien je suis fan et archi-fan de Jean Dujardin que je considère depuis longtemps comme l'un des plus grands acteurs du monde, voire le meilleur, et ce, bien avant le triomphe international de The Artist.

    Il peut désormais se permettre de choisir ses films judicieusement et précautionneusement, et également ses partenaires de jeu. L'on connaît sa complicité grandissante avec Gilles Lellouche et il semblait par même impossible de ne pas les associer dans ce polar très bien ficelé ... 

    Certes, étant librement adapté de faits réels, nous savons comment l'histoire se déroule et se termine, mais Cédric Jimenez a eu l'audace et l'intelligence de distiller ça et là des séquences justement dosées en suspense, s'appuyant surtout sur un scénario magnifiquement écrit, dense et subtil.

    Le plus intéressant est essentiellement la tension psychologique à laquelle est confronté le juge, tiraillé entre sa soif de justice et l'envie de sauver son couple, préserver sa vie de famille.

    Investi, impliqué, le juge Michel traquera le truand jusqu'à y laisser sa vie ... non sans marquer les esprits à tout jamais de sa persévérance, sa ténacité et son courage ... 

    Pour réussir le film, il fallait devant et derrière la caméra de fortes personnalités.

    Cédric Jimenez sait indéniablement placer ses caméras, jouer avec les lumières, alterner les scènes d'action pure avec d'autres plus profondes et tendues, magnifier la ville dans laquelle il nous promène beaucoup, reconstituer l'atmosphère des années 70, mais surtout et avant tout diriger ses acteurs, leur offrant des partitions parfaites.

    Gilles Lellouche délivre une performance juste énorme, nous baladant sans cesse entre ses regards cinglants, impitoyables, ses gueules fermées, fières, déterminées et son charme atypique, jusqu'à une certaine douceur et sérénité lorsqu'il est avec sa femme et ses enfants, le rendant presque humain et touchant.

    Que dire de Jean Dujardin toujours tellement juste et droit, il nous propose une interprétation intègre, nette,  précise, simple, rigoureuse ... tout en retenue et en nuance ... il m'a bouleversée, d'autant qu'il a en face de lui une révélation qui s'impose de plus en plus, Céline Sallette, dont j'avais déjà entendue parler sans avoir encore pris  en pleine face son grand talent (elle n'est pas sans me faire penser par instants fugaces à Marie-José Croze).

    Les face-à-face entre les deux protagonistes principaux sont rares finalement, mais c'est ce qui permet aux affrontements de gagner en richesse et en intensité ... 

    Alors malgré quelques petits anachronismes pas plus dérangeants que cela (c'est mon fils qui me les a fait remarquer, je n'ai absolument rien vu personnellement !), le film s'avère être une grande réussite, tant sur le fond (l'enquête policière, qui a duré de longues années, est passionnante) que sur la forme.

    Cédric Jimenez, qui pourrait bien être le digne successeur des Verneuil, Deray ou encore Giovanni tant son oeuvre s'inscrit dans la lignée des grands films cultes de l'époque, enrobe le tout d'images très soignées et typées ainsi que d'une bande son et musicale très efficaces qui donnent à l'oeuvre force et dynamisme.

    Au bout du compte, on se surprend à être pris par l'intrigue, bien soutenue et documentée, espérant que la fin sera différente de celle que l'on connaît tous ... 

    A voir vite avant que le film ne quitte les salles noires ... 


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  • Synopsis : Julie est une jeune femme pétillante mais continuellement malheureuse en amour. Se faire larguer par coursier à son travail semble donc lui porter le coup de grâce. Mais le livre "Le bonheur, ça s’apprend" devient sa bible et elle en applique les conseils à la lettre au travail et en amour. Cette nouvelle lubie de "pensée positive" laisse sceptiques ses deux meilleures amies dont la vie amoureuse n’est pas non plus au beau fixe. Quand l’une, Louise, entretient une liaison secrète avec son boss, l’autre, Rose, subit le quotidien d’un couple en bout de course. Devenue cliente régulière d’une librairie où elle dévalise le rayon "épanouissement personnel", Julie va y faire des rencontres qui vont peut-être enfin changer sa vie…

    De Mélissa Drigeard avec Alexandra Lamy, Mélanie Doutey et Julie Ferrier

    Sortie le 1er janvier 2014 (vu en DVD)

    Après un film de femmes, un autre film de femmes ... celui-ci pourrait s'inscrire dans la lignée des "Gazelles" ou de "Sous les jupes des filles", un film sur l'amitié féminine, sur les amours désespérées de la quarantaine galopante, sur trois femmes vivant des situations certes clichées mais d'une drôlerie sans commune mesure.

    Le scénario et surtout les dialogues sont ici divinement écrits, pétillants ... c'est juste à hurler de rire ... 

    Il faut dire que le tout est emmené par un trio d'actrices au top de leur forme ... que je les aime toutes les trois (enfin surtout Julie Ferrier que j'adore tout simplement).

    Le ton est frais et rafraîchissant, totalement libre et désinhibé ... alors on ne navigue peut-être pas dans les sommets de la romcom française mais qu'il fait du bien ... 

    Ce film a pour atout majeur d'être juste simple et sans prétention, léger et distrayant, agrémenté par des comédiennes avisées, toujours dans la bonne tonalité et le timing, précis et juste.

    C'est cela en fait la recette : le rythme soutenu et l'attention en permanence sollicitée par d'excellentes répliques qui font mouche et des scènes irrésistibles ... 

    Les seconds rôles masculins (mention spéciale à Gregory Fitoussi beau à tomber par terre) ne sont pas sous-évalués ... 

    Une comédie absolument délicieuse à savourer avec délectation ... 

     


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  • Synopsis : Marithé travaille dans un centre de formation pour adultes. Sa mission : aider les autres à changer de métier et à trouver leur vocation. Se présente alors Carole, qui vit et travaille dans l’ombre de Sam, son mari, énergique et talentueux chef étoilé. Ce n’est cependant pas tant de métier, dont Carole semble avoir besoin de changer, mais de mari. Marithé se donnera à fond pour aider Carole à se projeter dans une nouvelle vie. Mais quelle est la nature profonde de ce dévouement, quand Marithé ne semble pas insensible au charme de Sam, ni à sa cuisine ?

    De Anne Le Ny avec Karin Viard, Emmanuelle Devos et Roshdy Zem

    Sortie le 25 juin 2014 (vu en VOD)

    Qui dit week-end à la maison, dit films vus à la maison ... 

    Et de temps en temps, certains méritent assurément le détour et d'en parler.

    Celui-ci fait partie des bonnes surprises (mais avec Karin Viard à l'affiche comment pourrait-il en être autrement ?) ... 

    Ce film de femmes est une petite merveille de portraits touchants, poignants et surtout plein de face-à-face troublants entre deux êtres à la recherche d'une identité, deux héroïnes en quête de quelque chose, ou de quelqu'un ... de reconnaissance, d'épanouissement, ou de bonheur tout simplement.

    Il faut dire que Anne Le Ny a dans sa besace une vraie sensibilité, une profonde sincérité et une grande humanité tant pour ses personnages que pour ses actrices.

    Elle leur offre sur un plateau doré une partition sans aucune fausse note, bourrée de jolies choses, de délicatesse et d'humour léger, bien venu et bien dosé.

    Roshdy Zem, ici totalement à contre emploi, serait presque le témoin inattendu de cette étrange amitié ...

    Comme à son habitude, Karin Viard est épatante ... je suis fan de cette actrice caméléon qui sait se glisser dans la peau de ses différents personnages avec une aisance folle ... Emmanuelle Devos, toujours excellente, rivalise de talent avec son aînée ... 

    Anne Le Ny lie tout ça avec une élégance rare et nous cuisine un petit bijou oscillant sans cesse entre drame sociologique et psychologique, et comédie douce-amère des sentiments ...

    A voir absolument.



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  • Synopsis : Il n'y a pas pire ennemi que celui que l'on a formé. Peter Deveraux est un ex-agent de la CIA réputé pour sa redoutable efficacité et un passé trouble. Contacté pour assurer la protection d’Alice Fournier, responsable d'un centre d'accueil pour réfugiés, dont le témoignage pourrait compromettre l'un des favoris à l'élection présidentielle russe, Devereaux comprend rapidement qu’il a été manipulé et qu’il est devenu la cible de son ancien élève, David Mason…

    De Roger Donaldson avec Pierce Brosnan, Olga Kurylenko et Eliza Taylor

    Sortie le 29 octobre 2014

    Dix jours déjà que je suis allée voir ce film et je ne m'attelle que maintenant à la rédaction de mon blog, c'est dire que l'enthousiasme n'a pas été débordant pour le défendre, malgré la présence de mon Pierce à l'affiche (et qu'aussi j'ai été en vacances, puis prodigieusement fatiguée ...).

    Hélas son seul nom et sa présence n'ont pas suffi à susciter mon fol engouement pour cette oeuvre trop complexe pour être qualifiée de divertissement.

    Pourtant Dieu sait que j'avais hâte de le retrouver dans un film d'action mais l'intrigue s'englue dans des considérations confuses, compliquées et incompréhensibles, les rôles sont mal définis, les personnages sont indéterminés et non positionnés ...

    On aurait pu être même à la limite de l'ennui profond si les scènes d'action ne réveillaient pas tout ça comme il faut.

    Roger Donaldson nous avait habitués à mieux mais il faut lui reconnaître du talent pour dynamiser un film qui aurait une fâcheuse tendance à mouliner dans la semoule.

    Pierce Brosnan tire toutefois son épingle du jeu, terriblement à l'aise dans ce type de rôles qui lui vont comme un gant, l'on sent en permanence l'inspiration puisée dans les James Bond ... et puis, pour un soixantenaire, il est encore terriblement sexy ... ma foi ... 

    Il est qui plus est épaulé par de bonnes actrices qui délivrent des prestations plus qu'honorables et par Luke Bracey qui pourrait bien s'inscrire dans la relève ...

    Il faut cependant une sacrée dose de courage et de perspicacité pour appréhender tous les tenants et aboutissants de l'histoire, pour deviner qui est qui, dans quel camp il navigue etc.

    Pour résumer en quelques mots : un scénario et des dialogues lourds et laborieux mais une interprétation et une réalisation qui permettent de sauver le film du naufrage ...

    Ca se laisse voir mais il faut avoir l'esprit vif et/ou aiguisé, ou bien alors se foutre complètement de l'intrigue pour juste apprécier l'action à sa juste valeur.

    Il peut assurément attendre une diffusion télévisuelle ... 



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  • Synopsis : Lambert, sex addict repenti, tente de se racheter une conduite en devenant… conseiller conjugal. Abstinent depuis plusieurs mois, la situation se complique lorsqu’il recrute une assistante, la séduisante Judith, dont la sexualité débridée va très vite mettre ses résolutions à rude épreuve…

    De Tonie Marshall avec Sophie Marceau et Patrick Bruel

    Sortie le 1er octobre 2014

     

    En fait, si l'on veut se poser la VRAIE question du film c'est, en sortant de la salle : mais qu'est-ce que je suis allée faire dans cette galère ? 

    Pourtant, le trio Tonie Marshall, Sophie Marceau et Patrick Bruel était prometteur sur le papier, j'aime chacun des trois individuellement.

    Mis ensemble et s'acharnant sur un scénario et des dialogues absolument lamentables, à la tonalité générale plutôt vulgaire (on peut parler de sexe sans l'être), cela produit hélas un film nu(l) ... i-nu-tile ... d'une vacuité sans nom ...

    Ce rôle de nymphomane totalement désinhibée ne va pas du tout à Sophie Marceau qu'on dirait totalement étriquée dedans (comme dans ses fringues), même si elle est magnifique et éblouissante, et on ne sent aucune complicité ni fusion avec Patrick Bruel qui semble n'avoir été catapulté là-dedans que pour faire joli sur l'affiche. Il est complètement à côté de la plaque.

    C'est dommage car le sujet aurait pu être intéressant s'il avait été traité tout à fait autrement, d'une plume un peu plus alerte et soignée.

    En fait, le film manque de magie, de pétulance, de fougue ... les seules scènes intéressantes sont celles avec les couples à la dérive (anecdote amusante on y retrouve l'acteur Pascal Demolon vu dans le film précédent, pour relever ça c'est dire combien l'ennui m'habitait !) ou le face-à-face entre Sophie Marceau et Jean-Pierre Marielle plutôt amusant ....

    En tout cas, malgré les efforts démesurés des deux acteurs pour donner un peu de corps à leur personnage, et donc fatalement souvent dans le surjeu, moi personnellement j'ai été foncièrement réfractaire et je n'ai absolument rien ressenti ... et puis alors LA mauvaise bonne idée du film est Sylvie Vartan, carrément nulle ...

    Qui plus est la fin est bâclée et rapidement expédiée ... 

    Bref, un gros ratage ... poussif, bourré de poncifs, jamais drôle et désagréablement prévisible ... 



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  • Synopsis : Muriel est esthéticienne. Elle est bavarde, un peu menteuse, elle aime raconter des histoires souvent farfelues. Depuis 20 ans, Muriel estaussi la première fan du chanteur à succès Vincent Lacroix. Avec ses chansons et ses concerts, il occupe presque toute sa vie. 
    Lorsqu'une nuit Vincent, son idole, sonne à la porte de Muriel, sa vie bascule. 

    De Jeanne Herry avec Sandrine Kiberlain et Laurent Lafitte

    Sortie le 24 septembre 2014

     

    Sandrine Kiberlain est devenue une actrice majeure et incontournable du cinéma français et j'attends désormais impatiemment les films où elle apparaît à l'affiche.

    Celle-ci était particulièrement alléchante ... Laurent Lafitte s'impose peu à peu avec de plus en plus d'épaisseur et d'ambition ... la signature au scénario et à la réalisation de Jeanne Herry, que l'on sait être la fille de ..., méritait assurément une certaine curiosité ...

    Y ajoutant une déjà excellente réputation, il n'en fallait pas moins pour me décider.

    Le fait est qu'à l'instar de son titre, ce film, je l'adore.

    On oublie très vite, à part quelques inévitables références, que c'est la fille de Julien Clerc (et de Miou-Miou donc ...) qui est à l'écriture, tant on est séduits par son intelligence et sa finesse, son incroyable maturité et sa maîtrise. Jeanne Herry est peut-être une enfant de la balle, certes, mais elle a un réel talent dont il aurait été dommage de se priver.

    L'imparable et impeccable scénario (et les dialogues qui vont avec) est d'ailleurs un des atouts principaux de cette oeuvre captivante dont l'intrigue est diablement bien ficelée. 

    Malgré une réalisation et un rythme un peu trop linéaires (ce sera mon seul léger bémol que je mettrais sur le compte d'erreurs de débutante et/ou de jeunesse), la comédie policière prend des allures de vraie pépite tout à la fois inattendue et savoureuse (elle me rappelle un peu Poupoupidou par certains aspects).

    Se basant sur une idée originale et machiavélique, elle s'appuie sur le rapport ambigu, parfois borderline, entre une fan gentiment loufoque (mais pas tant que ça ... comme toutes les fans banales en fait !) légèrement mythomane et son idole tortueux et torturé. Qui va se jouer de l'autre ? Toute la question est là ... et c'est à partir de ce postulat que la réalisatrice a construit son film, avec un sens aigu du détail et de la précision, tant dans sa façon de raconter l'histoire que de la filmer.

    Le suspense est omniprésent et parfaitement (main)tenu de bout en bout. Le spectateur est sans cesse surpris au coin d'une scène ou d'une réplique qui va soudain changer toute sa perspective de l'histoire. Il est surtout en permanence balloté entre l'amusement face à un certain sens de la dérision et de l'ironie, et la fascination face à la tension psychologique qui s'installe peu à peu, jusqu'au point d'orgue que constitue l'interrogatoire de l'héroïne (une joute et des pirouettes verbales réjouissantes).

    Jeanne Herry a eu surtout la lucidité de faire appel à la seule actrice française capable d'assumer un tel rôle, tout à la fois sérieuse, discrète, effacée et un peu dingue, fantasque, pleine de fantaisie et de poésie.

    Sandrine Kiberlain y est absolument fabuleuse, lumineuse. Elle a un jeu tellement nuancé et varié, aux reliefs colorés, irisés ... 

    Face à elle, Laurent Lafitte campe un chanteur populaire plus vrai que nature ... au charme fou ... ensorcelant ... 

    Rien ici n'est surfait, rien n'est superficiel ... on va sans cesse dans la profondeur des choses et des sentiments mais avec une légèreté de ton qui contrebalance intelligemment le tout ... 

    Et puis la fin ouverte (bien que l'on puisse éventuellement considérer qu'il est emprisonné à l'intérieur de lui-même) conclut admirablement ce film que j'ai déjà envie de revoir pour en apprécier une deuxième lecture qui pourrait s'avérer tout aussi étonnante que la première, déjà fort jubilatoire.

    Une oeuvre singulière, authentique et remarquable (essentiellement dans son écriture) que je recommande vivement.

    Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître ...


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  • Synopsis : Quand on est une mère de famille, en principe, on ne braque pas les banques. Mais par les temps qui courent, ça peut être une solution pour assurer l'avenir de son foyer, et ne pas renoncer à ses rêves. Même si jouer les voleuses peut vite devenir dangereux, et les mauvaises rencontres se transformer en histoire d'amour…

    De Serge Frydman avec Leïla Bekhti, Nicolas Duvauchelle et Arthur Dupont

    Sortie le 3 septembre 2014

    J'aime Leïla Bekhti et Nicolas Duvauchelle, il n'en fallait pas moins pour me décider à aller voir ce film dont le pitch était plutôt attractif.

    Une femme ordinaire est soudain plongée dans une situation extraordinaire ... même si elle la provoque, peu à peu elle la subit pour en arriver même à la regretter ... 

    Toutefois, tandis que le réalisateur opte volontairement pour une économie d'écriture, et dans le scénario et dans les dialogues, les acteurs sont un peu livrés à eux-mêmes, en roue libre, et semblent bien maladroitement dirigés. En fait, la sensation qui prédomine c'est qu'on a la mauvaise impression qu'ils manquent singulièrement d'enthousiasme.

    Pourtant, l'histoire est assez prenante et on est vite happés dans le drame intimiste qui se noue ... car, qu'on ne se méprenne, ce film n'est pas un polar actif et dynamique, ce n'est pas un thriller ni un suspense (bon il y en a un peu vers la fin) ... il est assez chaotique, plein d'incohérences et peu crédible, lourd, lent, grave ... il s'appuie davantage sur la relation assez ambiguë entre ses deux personnages principaux qui se perdent en moult tergiversations et hésitations ("on le fait ou on le fait pas") et qui se parlent beaucoup avec les yeux.

    L'héroïne se débat entre son couple qui va mal, ses deux enfants qu'elle adore, son béguin pour son acolyte, son plan de néophyte, compliqué et malhabile, pour braquer cette maudite banque.

    Heureusement que Leïla Bekthi est là ... elle porte ce fim à bout de bras, toute seule, comme une grande, sur ses frêles épaules. Car Nicolas Duvauchelle, tout beau à tomber qu'il est, paraît bien fade à côté d'elle qui a une puissance et une rapidité de jeu considérables, passant avec facilité de son rôle de mère aimante et déstabilisée à celui de femme volontaire et sûre d'elle ... lui fait ce qu'il sait faire, sans plus, il est bon, on le sait, mais il ne se transcende pas outre mesure  ... côté masculin, je lui préfère Arthur Dupont qui a une bien jolie partition à défendre ... 

    Le film n'est pas si mal ... mais la tonalité générale est triste et grise ... il manque cruellement d'une émotion qu'on attend désespérément et qui ne vient donc jamais ... 

    A voir pour Leïla surtout.



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