• Synopsis : Il n'y a pas pire ennemi que celui que l'on a formé. Peter Deveraux est un ex-agent de la CIA réputé pour sa redoutable efficacité et un passé trouble. Contacté pour assurer la protection d’Alice Fournier, responsable d'un centre d'accueil pour réfugiés, dont le témoignage pourrait compromettre l'un des favoris à l'élection présidentielle russe, Devereaux comprend rapidement qu’il a été manipulé et qu’il est devenu la cible de son ancien élève, David Mason…

    De Roger Donaldson avec Pierce Brosnan, Olga Kurylenko et Eliza Taylor

    Sortie le 29 octobre 2014

    Dix jours déjà que je suis allée voir ce film et je ne m'attelle que maintenant à la rédaction de mon blog, c'est dire que l'enthousiasme n'a pas été débordant pour le défendre, malgré la présence de mon Pierce à l'affiche (et qu'aussi j'ai été en vacances, puis prodigieusement fatiguée ...).

    Hélas son seul nom et sa présence n'ont pas suffi à susciter mon fol engouement pour cette oeuvre trop complexe pour être qualifiée de divertissement.

    Pourtant Dieu sait que j'avais hâte de le retrouver dans un film d'action mais l'intrigue s'englue dans des considérations confuses, compliquées et incompréhensibles, les rôles sont mal définis, les personnages sont indéterminés et non positionnés ...

    On aurait pu être même à la limite de l'ennui profond si les scènes d'action ne réveillaient pas tout ça comme il faut.

    Roger Donaldson nous avait habitués à mieux mais il faut lui reconnaître du talent pour dynamiser un film qui aurait une fâcheuse tendance à mouliner dans la semoule.

    Pierce Brosnan tire toutefois son épingle du jeu, terriblement à l'aise dans ce type de rôles qui lui vont comme un gant, l'on sent en permanence l'inspiration puisée dans les James Bond ... et puis, pour un soixantenaire, il est encore terriblement sexy ... ma foi ... 

    Il est qui plus est épaulé par de bonnes actrices qui délivrent des prestations plus qu'honorables et par Luke Bracey qui pourrait bien s'inscrire dans la relève ...

    Il faut cependant une sacrée dose de courage et de perspicacité pour appréhender tous les tenants et aboutissants de l'histoire, pour deviner qui est qui, dans quel camp il navigue etc.

    Pour résumer en quelques mots : un scénario et des dialogues lourds et laborieux mais une interprétation et une réalisation qui permettent de sauver le film du naufrage ...

    Ca se laisse voir mais il faut avoir l'esprit vif et/ou aiguisé, ou bien alors se foutre complètement de l'intrigue pour juste apprécier l'action à sa juste valeur.

    Il peut assurément attendre une diffusion télévisuelle ... 



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  • Synopsis : Lambert, sex addict repenti, tente de se racheter une conduite en devenant… conseiller conjugal. Abstinent depuis plusieurs mois, la situation se complique lorsqu’il recrute une assistante, la séduisante Judith, dont la sexualité débridée va très vite mettre ses résolutions à rude épreuve…

    De Tonie Marshall avec Sophie Marceau et Patrick Bruel

    Sortie le 1er octobre 2014

     

    En fait, si l'on veut se poser la VRAIE question du film c'est, en sortant de la salle : mais qu'est-ce que je suis allée faire dans cette galère ? 

    Pourtant, le trio Tonie Marshall, Sophie Marceau et Patrick Bruel était prometteur sur le papier, j'aime chacun des trois individuellement.

    Mis ensemble et s'acharnant sur un scénario et des dialogues absolument lamentables, à la tonalité générale plutôt vulgaire (on peut parler de sexe sans l'être), cela produit hélas un film nu(l) ... i-nu-tile ... d'une vacuité sans nom ...

    Ce rôle de nymphomane totalement désinhibée ne va pas du tout à Sophie Marceau qu'on dirait totalement étriquée dedans (comme dans ses fringues), même si elle est magnifique et éblouissante, et on ne sent aucune complicité ni fusion avec Patrick Bruel qui semble n'avoir été catapulté là-dedans que pour faire joli sur l'affiche. Il est complètement à côté de la plaque.

    C'est dommage car le sujet aurait pu être intéressant s'il avait été traité tout à fait autrement, d'une plume un peu plus alerte et soignée.

    En fait, le film manque de magie, de pétulance, de fougue ... les seules scènes intéressantes sont celles avec les couples à la dérive (anecdote amusante on y retrouve l'acteur Pascal Demolon vu dans le film précédent, pour relever ça c'est dire combien l'ennui m'habitait !) ou le face-à-face entre Sophie Marceau et Jean-Pierre Marielle plutôt amusant ....

    En tout cas, malgré les efforts démesurés des deux acteurs pour donner un peu de corps à leur personnage, et donc fatalement souvent dans le surjeu, moi personnellement j'ai été foncièrement réfractaire et je n'ai absolument rien ressenti ... et puis alors LA mauvaise bonne idée du film est Sylvie Vartan, carrément nulle ...

    Qui plus est la fin est bâclée et rapidement expédiée ... 

    Bref, un gros ratage ... poussif, bourré de poncifs, jamais drôle et désagréablement prévisible ... 



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  • Synopsis : Muriel est esthéticienne. Elle est bavarde, un peu menteuse, elle aime raconter des histoires souvent farfelues. Depuis 20 ans, Muriel estaussi la première fan du chanteur à succès Vincent Lacroix. Avec ses chansons et ses concerts, il occupe presque toute sa vie. 
    Lorsqu'une nuit Vincent, son idole, sonne à la porte de Muriel, sa vie bascule. 

    De Jeanne Herry avec Sandrine Kiberlain et Laurent Lafitte

    Sortie le 24 septembre 2014

     

    Sandrine Kiberlain est devenue une actrice majeure et incontournable du cinéma français et j'attends désormais impatiemment les films où elle apparaît à l'affiche.

    Celle-ci était particulièrement alléchante ... Laurent Lafitte s'impose peu à peu avec de plus en plus d'épaisseur et d'ambition ... la signature au scénario et à la réalisation de Jeanne Herry, que l'on sait être la fille de ..., méritait assurément une certaine curiosité ...

    Y ajoutant une déjà excellente réputation, il n'en fallait pas moins pour me décider.

    Le fait est qu'à l'instar de son titre, ce film, je l'adore.

    On oublie très vite, à part quelques inévitables références, que c'est la fille de Julien Clerc (et de Miou-Miou donc ...) qui est à l'écriture, tant on est séduits par son intelligence et sa finesse, son incroyable maturité et sa maîtrise. Jeanne Herry est peut-être une enfant de la balle, certes, mais elle a un réel talent dont il aurait été dommage de se priver.

    L'imparable et impeccable scénario (et les dialogues qui vont avec) est d'ailleurs un des atouts principaux de cette oeuvre captivante dont l'intrigue est diablement bien ficelée. 

    Malgré une réalisation et un rythme un peu trop linéaires (ce sera mon seul léger bémol que je mettrais sur le compte d'erreurs de débutante et/ou de jeunesse), la comédie policière prend des allures de vraie pépite tout à la fois inattendue et savoureuse (elle me rappelle un peu Poupoupidou par certains aspects).

    Se basant sur une idée originale et machiavélique, elle s'appuie sur le rapport ambigu, parfois borderline, entre une fan gentiment loufoque (mais pas tant que ça ... comme toutes les fans banales en fait !) légèrement mythomane et son idole tortueux et torturé. Qui va se jouer de l'autre ? Toute la question est là ... et c'est à partir de ce postulat que la réalisatrice a construit son film, avec un sens aigu du détail et de la précision, tant dans sa façon de raconter l'histoire que de la filmer.

    Le suspense est omniprésent et parfaitement (main)tenu de bout en bout. Le spectateur est sans cesse surpris au coin d'une scène ou d'une réplique qui va soudain changer toute sa perspective de l'histoire. Il est surtout en permanence balloté entre l'amusement face à un certain sens de la dérision et de l'ironie, et la fascination face à la tension psychologique qui s'installe peu à peu, jusqu'au point d'orgue que constitue l'interrogatoire de l'héroïne (une joute et des pirouettes verbales réjouissantes).

    Jeanne Herry a eu surtout la lucidité de faire appel à la seule actrice française capable d'assumer un tel rôle, tout à la fois sérieuse, discrète, effacée et un peu dingue, fantasque, pleine de fantaisie et de poésie.

    Sandrine Kiberlain y est absolument fabuleuse, lumineuse. Elle a un jeu tellement nuancé et varié, aux reliefs colorés, irisés ... 

    Face à elle, Laurent Lafitte campe un chanteur populaire plus vrai que nature ... au charme fou ... ensorcelant ... 

    Rien ici n'est surfait, rien n'est superficiel ... on va sans cesse dans la profondeur des choses et des sentiments mais avec une légèreté de ton qui contrebalance intelligemment le tout ... 

    Et puis la fin ouverte (bien que l'on puisse éventuellement considérer qu'il est emprisonné à l'intérieur de lui-même) conclut admirablement ce film que j'ai déjà envie de revoir pour en apprécier une deuxième lecture qui pourrait s'avérer tout aussi étonnante que la première, déjà fort jubilatoire.

    Une oeuvre singulière, authentique et remarquable (essentiellement dans son écriture) que je recommande vivement.

    Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître ...


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  • Synopsis : Quand on est une mère de famille, en principe, on ne braque pas les banques. Mais par les temps qui courent, ça peut être une solution pour assurer l'avenir de son foyer, et ne pas renoncer à ses rêves. Même si jouer les voleuses peut vite devenir dangereux, et les mauvaises rencontres se transformer en histoire d'amour…

    De Serge Frydman avec Leïla Bekhti, Nicolas Duvauchelle et Arthur Dupont

    Sortie le 3 septembre 2014

    J'aime Leïla Bekhti et Nicolas Duvauchelle, il n'en fallait pas moins pour me décider à aller voir ce film dont le pitch était plutôt attractif.

    Une femme ordinaire est soudain plongée dans une situation extraordinaire ... même si elle la provoque, peu à peu elle la subit pour en arriver même à la regretter ... 

    Toutefois, tandis que le réalisateur opte volontairement pour une économie d'écriture, et dans le scénario et dans les dialogues, les acteurs sont un peu livrés à eux-mêmes, en roue libre, et semblent bien maladroitement dirigés. En fait, la sensation qui prédomine c'est qu'on a la mauvaise impression qu'ils manquent singulièrement d'enthousiasme.

    Pourtant, l'histoire est assez prenante et on est vite happés dans le drame intimiste qui se noue ... car, qu'on ne se méprenne, ce film n'est pas un polar actif et dynamique, ce n'est pas un thriller ni un suspense (bon il y en a un peu vers la fin) ... il est assez chaotique, plein d'incohérences et peu crédible, lourd, lent, grave ... il s'appuie davantage sur la relation assez ambiguë entre ses deux personnages principaux qui se perdent en moult tergiversations et hésitations ("on le fait ou on le fait pas") et qui se parlent beaucoup avec les yeux.

    L'héroïne se débat entre son couple qui va mal, ses deux enfants qu'elle adore, son béguin pour son acolyte, son plan de néophyte, compliqué et malhabile, pour braquer cette maudite banque.

    Heureusement que Leïla Bekthi est là ... elle porte ce fim à bout de bras, toute seule, comme une grande, sur ses frêles épaules. Car Nicolas Duvauchelle, tout beau à tomber qu'il est, paraît bien fade à côté d'elle qui a une puissance et une rapidité de jeu considérables, passant avec facilité de son rôle de mère aimante et déstabilisée à celui de femme volontaire et sûre d'elle ... lui fait ce qu'il sait faire, sans plus, il est bon, on le sait, mais il ne se transcende pas outre mesure  ... côté masculin, je lui préfère Arthur Dupont qui a une bien jolie partition à défendre ... 

    Le film n'est pas si mal ... mais la tonalité générale est triste et grise ... il manque cruellement d'une émotion qu'on attend désespérément et qui ne vient donc jamais ... 

    A voir pour Leïla surtout.



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  • Synopsis : Benjamin va devenir un grand médecin, il en est certain. Mais pour son premier stage d’interne dans le service de son père, rien ne se passe comme prévu. La pratique se révèle plus rude que la théorie. La responsabilité est écrasante, son père est aux abonnés absents et son co-interne, Abdel, est un médecin étranger plus expérimenté que lui. Benjamin va se confronter brutalement à ses limites, à ses peurs, celles de ses patients, des familles, des médecins, et du personnel. Son initiation commence.

    De Thomas Lilti avec Vincent Lacoste, Reda Kateb, Jacques Gamblin, Marianne Denicourt

    Sortie le 3 septembre 2014

    Finalement, ce n'est pas mal d'aller voir les films dix jours après leur sortie, cela permet d'en avoir la température  ... celui-ci a bénéficié d'un très bon "bouche à oreille" et a réalisé un excellent démarrage pour un genre pas forcément très à la mode ... on pourrait le qualifier de "surprise du box-office" tant l'affiche et la bande-annonce, peut représentative, ne permettaient assurément pas de pressentir un succès ... 

    Et pourtant, je lui en promets un ... 

    Car la surprise est plus que bonne ! 

    Je dirais même plus ... j'avais le coeur au bord de l'eau tout le long ... pas que le film est lourd et ardu, loin s'en faut, bien au contraire (le cinéaste ne cesse de dédramatiser les situations les plus douloureuses) mais par la façon dont Thomas Lilti aborde et traite son sujet.

    Il sait ce qu'il filme et de quoi il parle ... il est dans son domaine de prédilectinn, étant lui-même médecin et fils de médecin, et il a mis dans son oeuvre une grande part autobiographique ... même si on ne le sait pas, on le sent, le ressent, tant sa caméra (parfois intrusive sans être inquisitrice, exigeante sans être rigide), son écriture et sa façon de se mouvoir autour de ses acteurs, dans son hôpital (celui-là même où il a pratiqué d'ailleurs), dans les couloirs et les chambres, sont simples, naturelles, évidentes ... 

    On est tout à la fois dans une fiction que dans une dramaturgie sociale qui peut aussi se percevoir comme un documentaire ... on dirait un peu le "Polisse" des hôpitaux ... ou comment saisir et retenir l'attention du spectateur en enrobant le dur réalisme par des scènes annexes qui allègent le ton. 

    Il maîtrise le tout en trouvant ainsi un équilibre subtil entre les moments intenses et les instants de détente, tout en gardant en fil rouge la pénibilité du travail d'interne ... 

    Il a su aussi faire appel à des acteurs SENSATIONNELS ... tous autant qu'ils sont ... ceux qui pourraient prétendre à être des têtes d'affiches, ayant déjà une longue carrière et plusieurs films au compteur, tels Jacques Gamblin ou Marianne Denicourt, sont réduits à des seconds rôles assez sommaires et rapidement brossés.

    Le cinéaste a choisi délibérément d'offrir ses deux premiers rôles à un débutant et un inconnu.

    Il ne va pas le rester longtemps ... inconnu ... Reda Kateb m'a littéralement bouleversée par son jeu tout en retenue et pudique, ses regards soutenus et entendus, ses phrasés, ses attitudes ... 

    Vincent Lacoste, que nous avons découvert dans Les beaux gosses, s'affirme de plus en plus et endosse la blouse avec une aisance folle et un talent monstre. 

    On ne sort pas indemnes de la salle, on est profondément émus ... par tout ce que le film nous a dit, tout ce qu'il implique, tout ce qu'il nous a montré, sans jamais tomber dans le pathos.

    Je l'ai trouvé extraordinaire, juste, intelligent, sensible, d'une grande clairvoyance et plein de délicatesse ... un constat implacable et impitoyable, admirablement écrit et réalisé ... 

    A voir impérativement ... 


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  • Synopsis : Mi-homme mi-légende, Hercule prend la tête d’un groupe de mercenaires pour mettre un terme à la sanglante guerre civile qui sévit au royaume de Thrace et replacer le roi légitime sur le trône. Âme tourmentée depuis la naissance, Hercule a la force d’un dieu mais ressent aussi les peines et les souffrances d’un mortel. Sa puissance légendaire sera mise à l’épreuve par des forces obscures.

    De Brett Ratner avec Dwayne Johnson, Rufus Sewell 

    Sortie le 27 août 2014

    A l'instar du précédent, je suis sortie de ce film en me disant qu'il était très nul. Hélas, par contre, je pense avoir sacrément raison, ici pas de réflexion à en tirer ... rien à en tirer en fait ... 

    Faute d'avoir lu le pitch (j'aurais dû !! malheureuse que je suis !!), je croyais naïvement (j'espérais, au vu de la bande annonce alléchante) qu'il retracerait les douze travaux, avec force effets spéciaux, images en 3D hallucinantes, un visuel travaillé, des grosses bébettes (y'en a mais peu et on les voit deux secondes chrono) et tout le toutim ... 

    Et bien pas du tout, il s'agit purement et simplement d'un film de guerre, grec de sucroît or donc ... avec hommes en jupe courte et femmes (potiches) en jupe longue ... on mate les mollets poilus des mâles, on bade les beaux yeux de ces dames ... mais c'est tout ... (même les décors sont moches, on dirait des paysages sur / en carton !!) ... 

    On apprécie éventuellement les quelques inévitables trucs qu'on se prend dans la face (merci la 3D ... ou pas), les rares traits d'humour (déjà entendus ailleurs mais allégeant agréablement le ton parfois ironique), le physique et le regard à tomber par terre de Rufus Sewell et le peu de prétention de l'ensemble ... 

    Il n'a que celle de divertir (mais un peu violent tout de même), de proposer deux - trois séquences (dont la finale) grandioses et d'offrir un générique final magnifique ... 

    Mais Brett Ratner n'était pas le cinéaste idéal pour réaliser cette oeuvre qui aurait mérité aux manettes un spécialiste du genre ...

    Par ailleurs, ne cherchez rien dans le jeu insipide (voire inexistant) de Dwayne Johnson qui n'est là que pour ses muscles hyper développés, même si le fim s'attache davantage à dépeindre le mi-homme plutôt que le mi-dieu ... oubliez les prestations expédiées en deux temps trois mouvements de grands acteurs comme John Hurt, Ian McShane ou Joseph Fiennes qui n'ont été appelés que pour faire bien sur la liste du casting ... 

    Bref, nul quoi ... on oublie ! On peut l'oublier celui-là, sans problème !


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  • Synopsis : Adam, un professeur discret, mène une vie paisible avec sa fiancée Mary. Un jour qu'il découvre son sosie parfait en la personne d’Anthony, un acteur fantasque, il ressent un trouble profond. Il commence alors à observer à distance la vie de cet homme et de sa mystérieuse femme enceinte. Puis Adam se met à imaginer les plus stupéfiants scénarios... pour lui et pour son propre couple.

    De Denis Villeneuve avec Jake Gyllenhaal, Mélanie Laurent, Sarah Gadon 

    Sortie le 27 août 2014

     

    Pour appréhender et décortiquer ce film, qualifié par son réalisateur de ludique et énigmatique, il m'a fallu quelques heures voire une journée de recul et de réflexion.

    Sur l'instant, j'avoue avoir été dépitée même déroutée par cette oeuvre totalement atypique, très complexe, à l'atmosphère lourde et anxiogène, qui n'est ni un drame ni un thriller ni rien de vraiment connu à ce jour bien que le thème ait déjà été traité moult fois et de bien meilleure façon, plus nette, plus claire, moins chaotique, moins floue ... 

    J'en étais restée, du duo Denis Villeneuve / Jack Gyllenhall, à l'excellent Prisoners et j'en attendais un autre du même style, s'inscrivant naturellement dans sa lignée.

    Il n'en est rien.

    Celui-ci est long, lent, arythmé, aux dialogues minimalistes, il sollicite en permanence le spectateur qui tente de percevoir les indices, les détails afin de comprendre quelque chose à l'intrigue à double sens, aux symboles qui sont parsemés ça et là ... une sorte de jeu de piste particulièrement compliqué qui réveille les phobies enfouies, les désirs inavoués ... 

    A l'image finale, j'en suis restée ébahie avec un "ça alors ... et donc ? ... j'ai rien compris !" ... bourrée d'interrogations, pétrie de déception ... j'en suis sortie en me disant que c'était un film vraiment nul avec une fin totalement bâclée et inutile ... 

    Mais le truc en fait c'est qu'il vous reste en tête ... longtemps ... il vous martèle l'esprit qui cherche à mettre bout à bout tout ce qu'il a vu à l'écran pour tenter de trouver une explication ... il vous hante ... (est-ce que j'ai bien compris ce qu'il fallait comprendre ? comment puis-je savoir si ce que j'ai compris est ce qu'il fallait comprendre ... ? etc.)

    Après avoir donc maudit Denis Villeneuve (ou l'auteur - José Saramago - du livre "L'autre comme moi" dont le film est l'adaptation) pour m'avoir offert une heure trente de masturbation intellectuelle, je suis à deux doigt de crier au génie.

    Quels que soient les sentiments et les émotions qui vous animent après cette oeuvre troublante et déconcertante, elle ne peut laisser indifférent ... (on adhère totalement ou on déteste prodigieusement mais elle ne suscite assurément pas la tiédeur).

    Sans compter qu'elle est sublimée par la prestation incomparable et intelligente d'un Jack Gyllenhaal qui se dédouble, se démultiplie, donnant du relief et de l'épaisseur à son jeu raffiné ... il est un, il est deux ... mais qui est-il vraiment ? 

    Il y a une analyse pertinente à en tirer et surtout une réflexion qui peut aller loin, très loin.

    Le film mérite incontestablement une deuxième lecture (j'avais ressenti le même malaise après Sixième Sens que j'ai revu ensuite différemment) avec un autre oeil et une autre oreille ... une autre perception ... pour trouver le bout du fil, dénouer le tout, et soudain tirer dessus et c'est alors que tout devient limpide ... trouver la clé ...

    Le moins que l'on puisse dire c'est que l'audace de Denis Villeneuve est payante : son film ne s'oublie pas aussitôt vu ... 

    Il se mûrit, il se médite, il s'approfondit ... 

    Je pense toutefois qu'il faut être en de bonnes dispositions pour le visualiser (et l'interpréter) dans de bonnes conditions ... 


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