• Synopsis : La famille, c'est compliqué…  Surtout quand Eli, le père, bientôt 60 ans, attend un enfant de sa nouvelle femme. À l’annonce de la nouvelle, ses deux grandes filles, Dom, qui cherche a adopter, et Justine, qui passe d’un petit ami à un autre sans trop d’état d’âme, sont ébranlées.  Pour se rapprocher de Justine avec qui il n’a jamais pu s’entendre, Eli a la bonne idée de se lier d’amitié avec tous ses ex… A son insu.  Mais lorsque Justine tombe de nouveau amoureuse et qu’Eli s’apprête à tout gâcher, la famille est sur le point d’imploser. Est-ce que tout ce petit monde va parvenir à se réconcilier avant qu’il ne soit trop tard ?

    De Jennifer Devoldere avec Mélanie Laurent, Michel Blanc, Géraldine Nakache

    Sortie le 20 avril 2011

    Un film "pas vraiment" : pas vraiment réussi, pas vraiment raté, la réalisatrice cherchant un peu son sujet et confondant un peu trop souvent sensibilité et sensiblerie, surtout dans la dernière partie.  Elle ne fait qu'esquisser des portraits touchants sans vraiment approfondir les relations humaines ni révéler la genèse des différends. Il n'y a pas vraiment d'histoire, pas vraiment de dialogues ...

    Sa caméra s'avère davantage spectatrice qu'inquisitrice alors que pour ce genre de film plutôt intimiste, on attend qu'elle s'immisce à l'intérieur de ses personnages, et Jennifer Devoldere oublie par là-même - par pudeur sans doute, j'espère - de dévoiler les secrets douloureux. Elle ne fait que les aborder mais passe immédiatement à autre chose, laissant libre cours à toute interprétation, les scènes se succèdent sans réel fil conducteur.

    On comprend vite que le père et la fille ont pris des distances qu'ils cherchent à raccourcir, maladroitement, gauchement, avec hésitation et indécision. Mais malheureusement, l'émotion reste sur le seuil de leur histoire, un peu trop souvent effleurée jamais vraiment explorée (j'avais déjà remarqué ce fait dans le précédent film de la cinéaste "Jusqu'à toi" qui ne trouve jamais le bon ton).

    Toutefois, le film recèle de bien jolis moments, si l'on excepte quelques instants qui se voulaient sûrement drôles mais qui tombent à plat (mais que vient donc faire l'anecdote "Dame Pipi" au milieu de tout ça ?? inutile et superflue .. à désirer toucher du bout du doigt le manque d'assurance du père, il y avait plein d'autres manières plus habiles et moins stupides ..), si l'on passe outre une réalisation plate et linéaire, et les ruptures de ton, reste quelques scènes émouvantes entre les deux personnages principaux, et même avec certains personnages secondaires.

    Mélanie Laurent et Michel Blanc inondent de talent. Mélanie est ici lumineuse, lunaire et solaire, sa voix rocailleuse et ses grands yeux bleus vous captivent. Michel Blanc, davantage en retenue, dans un rôle complexe et sibyllin, interprète une sorte de clown triste, blasé et désabusé, un père absent et terriblement agaçant qu'on adore détester, et prouve encore une fois, s'il en était besoin, qu'il est bien meilleur dans ce genre de rôle que dans la comédie pure.

    Dommage toutefois que les seconds rôles manquent un peu de profondeur, enfin à l'instar de tout le reste, car Florence Loiret-Caille, dans sa quête à l'adoption est particulièrement attendrissante, Manu Payet avec ses yeux tombants est toujours aussi bon, et Géraldine Nakache est agréable et mignonne comme tout (mais sans surprise, toujours exploitée dans le même registre de bonne copine aux réflexions de "caillera", j'aimerais bien maintenant la voir évoluer vers des rôles plus forts et moins marqués). A noter aussi le micro-rôle de Kev Adams (un artiste découvert dans l'émission On ne demande qu'à en rire de Ruquier) (après le micro-rôle de Arnaud Tsamère dans la croisière, le début de grandes carrières ??).

    Un film assez personnel, original et plein de bonnes idées mais elles sont noyées sous un flux de bien moins bonnes, ce qui déséquilibre l'ensemble et en atténue l'impact émotionnel. Il est un peu terne et éteint.

    Jennifer Devoldere doit absolument désormais se concentrer sur l'essentiel - on sent un peu trop souvent ici la faiblesse de l'écriture et de la direction d'acteurs qui semblent parfois un peu perdus - pour convaincre car ici, à mon sens, elle passe complètement à côté de son film, d'une vacuité déconcertante, qui manque cruellement de cohésion, de consistance et d'intensité.


    votre commentaire
  • Synopsis : La Méditerranée n’est pas forcément un long fleuve tranquille : c’est ce que quatre femmes vont découvrir en embarquant pour une croisière de rêve sur le MSC Fantasia. Entre pétages de plomb, fous rires, délires, remises en question, cours de Tango, et rencontres mystiques, cette grande traversée va leur révéler de nouveaux horizons, pleins de surprises, d’amour et surtout d’amitié.

    De Pascale Pouzadoux avec Antoine Duléry, Charlotte de Turckheim, Line Renaud, Marilou Berry, Nora Arnezeder

    Nouveauté

    Qu'est-ce que je me suis régalée ! Je craignais une comédie un peu lourde et pataude mais il n'en est point !

    Je me suis plongée avec délice dans ce film bien relevé, épicé de répliques tordantes, de numéros d'acteurs étonnants, qui pétille comme une bulle de champagne, frais et rafraîchissant, jamais vulgaire, bourré d'humour et de dérision, de scènes cocasses et de situations abracadabrantes.

    Pascale Pouzadoux nous offre une réalisation inédite puisqu'elle a tourné sur le MSC FANTASIA durant une véritable croisière. L'équipe devait donc se soumettre au rythme du bateau, comme l'explique la cinéaste : "Le capitaine validait le plan de travail, avec l'obligation pour nous de ne pas trop déranger les touristes embarqués. Chaque lieu nous était confié quelques heures et c'était à nous d'être assez organisés pour que chaque plan nécessaire y soit tourné dans les temps."

    Et son pari est réussi puisqu'on a vraiment l'impression d'y être même si quelques scènes ont été tournées dans un hôtel connu de Paris pour des contraintes techniques. Mais l'essentiel de l'intrigue se déroule sur les mers dans l'édifice "titanesque" !!

    L'ambition de Pascale Pouzadoux est d'aborder des sujets de société par différents portraits de femmes qui vont connaître et l'amitié et l'amour.

    La première difficulté a été de trouver des comédiennes disponibles pour pouvoir tourner sur le bateau. Charlotte de Truckheim a été choisie pour son énergie, "sa bonté et sa capacité à s'émerveiller", Line Renaud pour "son humanité, le capital de sympathie dont elle bénéficie auprès du public, son regard extrêmement profond, tout l'amour qui se dégage d'elle", Marilou Berry pour sa maturité et Nora Arnezeder pour la dimension inattendue qu'elle apporte à son rôle : "Elle est finalement autant dans un registre de sensibilité que de comédie".

    Il y a donc la stressée du boulot interprétée par une Marilou Berry survoltée, portrait craché de sa chère maman (Josiane Balasko), drôlissime dans sa prestation de la caricature de la femme d'affaire carriériste victime d'une mauvaise blague de ses collègues (on aperçoit même Arnaud Tsamère dans la vidéo !!!!!!! ....), la jeune pickpockette paumée, campée par Nora Arnezeder craquante comme tout, la quatre fois veuve qui a tout connu mais qui préfère finalement son chien aux hommes (Line Renaud), mais surtout Charlotte de Turckheim touchée par l'usure de son couple et qui cherche un second souffle amoureux. J'ai été troublée par la prestation de cette dernière qui n'avait pas tenu une tête d'affiche depuis longtemps, qui a une vraie capacité émotionnelle, toujours juste et poignante. Elle est réellement bouleversante.

    Parmi ces quatre femmes va se glisser une cinquième ... le surprenant Antoine Duléry qui se transforme en espèce de Tootsie (les touristes n'y ont vu que du feu tant il est crédible) pour échapper au service de sécurité du bateau puisque rentré clandestinement (la scène de poursuite avec Stéphane Debac (à mille lieues de son rôle dans LA PROIE, hilarant en ersatz de Bruce Willis) est géniale et très bien filmée) et permettant moult délires en tous genres (la scène mythique piquée à Sept ans de réflexion excellente !!!) et autres séquences complètement déjantées.

    "Une croisière est toujours une parenthèse, un moment où les gens voient la vie différemment. On a du temps pour réfléchir, prendre du recul et vivre des moments de convivialité, privilégier les relations humaines. Toutes ces passagères sont là pour des raisons très différentes et toutes abordent un tournant de leur vie. Leur croisière va se révéler être un vrai voyage, d'abord au bout d'elles-mêmes."A travers ce périple en paquebot, c'est surtout le voyage intérieur des héroïnes qui intéressait la réalisatrice.

    Alors certes les gags sont inégaux (certains sont effectivement plus recherchés que d'autres), les répliques parfois tombent à plat, mais on sourit tout le temps, on rit souvent, on s'attache aux personnages et à leur péripéties. Car ils sont bien traités, approfondis, et Pascale Pouzadoux n'oublie pas de s'attarder également sur les rôles secondaires (Stéphane Debac donc mais aussi Jean Benguigui en Capitaine Stubing, Armelle en directrice de croisière, la gamine, la femme infidèle et l'amant blessé, le mari perdu).

    La fin nous laisse un sourire attendri aux lèvres, la réalisatrice terminant son film sur une bien jolie note d'émotion.

    J'ai vraiment adoré cette croisière dépaysante, agrémentée de petites perles pleines d'inventivité et de drôlerie, ce n'est peut-être pas le film de l'année mais en tout cas ça fait bien plaisir de s'évader pendant plus d'une heure et demi avec des acteurs dont on sent bien qu'ils en ont pris (du plaisir) à tourner cette comédie tendre et sincère. Le plaisir communicatif, ça ne se boude pas !
     


    2 commentaires
  • Synopsis : Dans une histoire inspirée d’un célèbre conte de fées, une adolescente se retrouve en grand danger quand son village décide de chasser les loups-garous qui terrorisent la population à chaque pleine lune. Dans un endroit où tout le monde a un secret et est suspect, notre héroïne doit apprendre à suivre son coeur et trouver en qui elle peut avoir confiance.

    De Catherine Hardwicke avec Amanda Seyfried, Gary Oldman, Shiloh Fernandez et Max Irons

    Nouveauté

    A voir sur l'accroche "par la réalisatrice de Twilight" j'aurais dû me méfier !! car le film serait presque un auto-plagiat de Twilight, Catherine Hardwicke a juste remplacé son vampire par un loup-garou !!

    Car il faut avouer que l'amourette entre les deux adolescents ressemble à s'y méprendre à celle des héros de Twilight, mise en style et en image de la même manière (enfin du premier volet ayant zappé allègrement les suivants, excusez-moi !!!)

    Si on oublie les effets spéciaux désuets, le loup-garou kitchiissime en carton pâte tout droit sorti d'un mauvais film des années 30, la réalisation plus qu'insuffisante, un peu trop classique dans sa forme, l'atmosphère noire et malsaine, reste une oeuvre particulière quelque peu subversive, aux très belles images (la capeline rouge sur la neige) et à la musique magnifique (c'est ce que j'en ai retenu de mieux) et relativement bien interprétée.

    Le conte ainsi revisité et réécrit, dont le scénario se noie sous un déluge romantico-baroque insignifiant, qui ne donne ni frisson ni émotion, hésitant en permanence entre l'historiette triangulaire sans intérêt et la chasse au monstre, recelle quelques belles surprises (la fête païenne sur une musique digne de celle de Morcheeba - Brian Reitzell et Alex Heffes sont aux manettes) mais aussi un peu trop de longueurs, de dialogues dits sur un ton théâtral, et une mise en scène privilégiant sans cesse la forme au fond, esthétisante mais creuse et banale, vide de sens et d'esprit.

    Les acteurs se débattent comme ils peuvent pour tenter de sauver l'affaire, Amanda Seyfreid, acoquinée de deux charmants garçons mais un peu trop verts à mon goût (dans tous les sens du terme), et Gary Oldman vraiment excellent, comme d'habitude !!

    Un film beau à regarder mais pompeux, au scénario plus que limité s'adressant à un public jeune et pas trop regardant. Un film d'ados quoi, comme Catherine Hardwicke se complait sans risque à proposer. Il faudrait peut-être qu'elle grandisse un peu !

     


    votre commentaire
  • Synopsis : Colter Stevens se réveille en sursaut dans un train à destination de Chicago. Amnésique, il n’a aucun souvenir d’être monté dedans. Pire encore, les passagers du train se comportent avec lui avec familiarité alors qu’il ne les a jamais vus. Désorienté, il cherche à comprendre ce qui se passe mais une bombe explose tuant tout le monde à bord. Colter se réveille alors dans un caisson étrange et découvre qu’il participe à un procédé expérimental permettant de se projeter dans le corps d’une personne et de revivre les 8 dernières minutes de sa vie. Sa mission : revivre sans cesse les quelques minutes précédant l’explosion afin d’identifier et d’arrêter les auteurs de l’attentat.

    De Duncan Jones avec Jack Gyllenhall, Michelle Monaghan et Vera Farmiga

    Nouveauté


    L'affiche, la bande annonce et le pitch expliquent tout ... ou presque !! mais lorsque le fils de David Bowie passe derrière la caméra, même à partir d'un principe mille fois utilisé, il sait nous embarquer avec lui dans le train et dans la course folle contre la montre.

    Le scénario sans faille, peut-être un peu trop complexe nous obligeant à parfois solliciter  un peu trop nos neurones, est implacable et brillamment écrit, s'orientant sur une construction subtile et déroutante.

    Le héros revit la même scène plusieurs fois en en modifiant toutefois l'évolution au fur et à mesure de la découverte d'indices qui vont peu à peu influer sur son comportement, et par là même le futur, jusqu'à un dénouement troublant nous amenant à refaire le film à l'envers pour mieux en comprendre les tenants et aboutissants.

    Jack Gyllenhall, que je trouve généralement fade et inexpressif, endosse ce rôle avec la déconcertation qu'il fallait, appuyant son jeu sur les effets de surprise et d'embarras, gauche dans un corps qui n'est pas le sien, maladroit car ne sachant pas au départ ce qui se passe et ce qu'il doit faire.

    Il s'avère davantage convaincant dans ses face-à-face touchants avec Michelle Monaghan, toujours resplendissante, que dans les scènes d'action parfois un peu chaotiques.

    Cependant, même s'il y a un peu trop de moments de flottement vers le milieu du film, même si la réalisation manque un peu d'ampleur et de souffle, même si on n'est pas vraiment pris aux tripes et que l'émotion est quelque peu surfaite, le film tient bon sur les rails grâce à une intrigue originale et bien menée, un suspense intense et les rebondissements nécessaires pour maintenir l'intérêt tout le long, à un montage habile et à quelques séquences sublimes (chaque transition entre les scènes du train et celles du caisson faites d'images subliminales passées et à venir), et essentiellement à un plan final plein de sens.

    La gestion de l'espace et du temps étaient plus que jamais cruciales puisque la même séquence (celle du train) a dû être tournée de plusieurs façons différentes et en apportant à chaque fois un nouvel élément scénaristique. Toutes les scènes du film se devaient donc de coller de façon parfaite à la première, sans pour autant la reproduire à l'identique. "A chaque fois, j’ai un peu modifié le scénario pour tenter d’obtenir un résultat différent. On devait parfois arrêter le tournage et prendre une heure pour être sûr que ça fonctionnait bien", raconte Jack Gyllenhaal (source allocine.fr).

    Il n'est pas aisé pourtant de tout expliquer et de tout comprendre, le film entête longuement avant qu'on arrive à raccrocher tous les wagons mais j'avoue avoir été plutôt séduite par la façon dont il est traité et dont il vous titille les méninges pour y comprendre sa logique.

    Il oscille en permanence entre thriller et science-fiction sans se positionner réellement mais cela lui octroie un caractère plutôt atypique.

    Un divertissement foutrement bien ficelé qui pâtit d'un supplément d'âme qui en aurait fait un vrai chef d'oeuvre vif et vivifiant.



    votre commentaire
  • Synopsis : 10 ans se sont écoulés depuis les terribles meurtres commis par Ghostface. Sidney Prescott est parvenue à tourner la page mais c’est tout de même avec appréhension qu’elle retourne à Woodsboro pour le lancement de son premier roman. Ses retrouvailles avec sa cousine Jill ainsi qu’avec le duo de choc Dewey et Gale seront de courtes durées : Ghostface est de retour mais cette fois-ci les règles vont changer.

    De Wes Craven avec Neve Campbell, David Arquette, Courteney Cox, Emma Roberts, Rory Culkin

    Nouveauté

    Interdit au moins de 12 ans


    Spectateurs, on vous ment ! Ce film n'est pas un film d'horreur mais un film comique. J'avoue avoir plus ri que eu peur ... !! qu'est-ce que j'ai rigolé .. !!

    Car Wes Craven aborde son "on prend les mêmes et on recommence ... ou pas" et/ou son "rira bien qui rira le dernier" sous un angle inattendu, par déjà un début énormissime qui vous laisse sur le cul avant même que le générique ne se déroule (non mais lequel est le début duquel ou la fin de l'autre ???)

    Il délivre des dialogues "aux petits oignons" qui vous font éclater de rire et atténuent par là même les séquences "horreur et frissons" qui en deviennent plus digestes ... ou presque.

    Après une trilogie plus ou moins réussie, le premier était excellent mais les deux suivants un peu un ton en-dessous, ce quatrième opus se révèle unique et inédit, Wes Craven réinventant avec humour et dérision les codes habituels du genre, bousculant le spectateur en jouant avec ses nerfs et ses zygomatiques, et en modernisant le tout par l'évolution du média Internet, l'utilisation accrue des portables et webcams, mais surtout et essentiellement par une réalisation vive et audacieuse.

    "Une grande partie de cette histoire repose non seulement sur l’effet qu’ont les films d’horreur sur ces personnages, mais aussi sur la place qu’occupe Internet et les rapports entre le cinéma et Internet. Robbie est celui qui peut faire le joint entre les deux générations. Eric s’est beaucoup amusé avec son rôle" précise le réalisateur.

    Il dynamite sa réalisation par l'intervention des caméras des protagonistes, s'appuie sur l'interprétation de ses personnages récurrents ainsi que sur celle de nouveaux arrivants venus tout droit des séries télés à succès (Emma Roberts la nièce de Julia (Allie Singer), Hayden Pannetiere (Heroes), Mary Mc Donnell (Battlestar Galactica), Alison Brie (Mad Men), Adam Brody (Newport Beach), Marley Shelton (Eleventh Hour), Erik Knudsen (Jericho), Kristen Bell (Veronica Mars et Heroes), Anna Paquin (True Blood)) sans oublier Rory Culkin, frère de Macauley ... 

    Wes Craven réalise un engrenage bien huilé, les crimes s'emboîtant les uns dans les autres comme les pièces d'un puzzle, ménage ses effets (parfois un peu trop gores !!) et redouble d'efforts sur les rebondissements et autres surprises de son intrigue.

    Le tout est d'une efficacité redoutable, super bien écrit et dialogué, habilement construit, cynique voire parfois caustique, presque même auto-parodique, l'humour noir est ici un des acteurs du film et la révélation est tout à la fois attendue (car difficile d'imaginer que cela aurait pu être autrement) et surprenante (car on n'a, à nul moment, d'indice nous permettant de deviner), certaines scènes sont dantesques et subtilement horribles mais c'est tellement dingue ... (j'avoue m'être caché les yeux une fois quand même tant l'autre est complètement chtarbé) ..

    Bref on a les héros gentils et vulnérables et les méchants odieux et increvables jusqu'à la fin limite dérangeante mais ô combien intelligente.

    Totalement jubilatoire, vous laissant un goût acide dans la bouche sur une morale pas si anodine et la crainte de répondre au téléphone !!!


    votre commentaire
  • Synopsis : Polo a 16 ans et les complexes d’un ado de son âge. Entre une mère alitée et une soeur qui rêve d'être miss, le seul qui s’en sorte à ses yeux, c’est son père. Hélas, il est femme de ménage...

    De Saphia Azzedine avec François Cluzet, Jérémie Duvall, Nanou Garcia et Alison Wheeler

    Nouveauté


    Lorsqu'on est écrivain, on ne s'improvise pas cinéaste ... !! Saphia Azzedine adapte son propre roman mais se plante sur toute la ligne, substituant avec beaucoup trop de maladresses et de gaucherie sa caméra à sa plume.

    Car malheureusement, son film n'est qu'une succession de saynètes sans lien les unes avec les autres, on dirait qu'elle a conçu sa comédie à la va-vite, bâclant sa réalisation un peu trop linéaire et plate ainsi que son montage manquant cruellement de fluidité, comme si elle avait mélangé les bobines et les couleurs de sa palette.

    C'est dommage car l'écriture n'est pas mal du tout, les dialogues sont souvent drôles même (les joutes verbales des copains lycéens sont excellentes), les situations sont parfois amusantes, mais quelle déception tant les personnages sont survolés, tant le postulat de départ (et pourtant le conflit social et de génération était un sujet en or sur lequel on pouvait faire une oeuvre majeure) est dilué sous un déluge de scènes superficielles et inintéressantes, au détriment de face-à-face touchants qui se perdent au milieu.

    Le format est plutôt court (1 h 20) et aurait pu en conséquence gagner en intensité mais non ... car le final a une belle morale sur la transmission ...

    Heureusement qu'il est sauvé par les acteurs, François Cluzet toujours aussi excellent mais ici un peu sous-exploité, Jérémie Duvall (vu récemment aux côtés de Gérard Lanvin dans Le fils à Jo) prometteur, Nanou Garcia touchante, la jeune Alison Wheeler qui délivre une partition drôlissime de nunuche, même si son physique de grande blonde aux yeux bleus détonne, et offre sans nul doute par son potentiel comique les meilleurs moments de cette comédie gentillette mais trop artificielle.

    Un film bancal et médiocre, inégal et malhabile, qui aurait mérité une adaptation plus contrôlée et cadrée, dénué de professionnalisme et de perfectionnisme.

    Une grosse déception parce que François Cluzet est pour moi un acteur de tout premier plan qui mérite mieux qu'une apprentie réalisatrice qui a bien des progrès à faire si elle veut se faire une place au soleil du septième art.


    votre commentaire
  • Synopsis : Un braqueur s’évade de prison pour traquer son ancien codétenu, un tueur en série qui a entrepris de lui coller ses crimes sur le dos. Une policière de la Brigade des Fugitifs se lance à la poursuite du braqueur, devenu bien malgré lui l’ennemi public numéro 1. Quand chacun des protagonistes aura été au bout de lui-même, qui sera le chasseur, et qui sera la proie ?

    De Eric Valette avec Albert Dupontel, Alice Taglioni, Stéphane Debac, Natacha Régnier

    Nouveauté

    Interdit au moins de 12 ans


    Albert Dupontel est un acteur sur lequel on peut parier à coup sûr et qui sait tout faire, il le prouve en passant d'un rôle sobre et profond dans Deux jours à tuer (par exemple) à celui-ci, très physique et puissant, en n'oubliant pas au passage ses autres performances passées, présentes ou à venir.

    Bizarrement, je n'aimais guère le personnage à ses débuts, je n'ai jamais adhéré à son humour, mais l'acteur a pris une sacrée épaisseur (et peut assurer les têtes d'affiche) et il me plaît de plus en plus.

    Ici, il est absolument phénoménal, ne s'arrêtant jamais, déterminé, fonceur, courageux. Il fuit, poursuit, empli d'une rage folle.

    Il faut dire aussi que Eric Valette ne lésine pas sur les moyens.

    Tout le début du film se déroule dans l'univers carcéral, dépeint avec beaucoup de réalisme et de cruauté (certaines séquences assez ardues expliquent sûrement l'interdiction), la réalisation y est très (en)fermée, la caméra a dû mal à s'échapper de la geôle ou des parloirs, par des plans serrés sur les visages du héros ou de ses ennemis (la scène pendant le concert est sublimement - et terriblement - filmée) pour peu à peu s'évader avec son personnage vers d'autres horizons plus larges et plus ouverts.

    Le cinéaste maîtrise parfaitement son thriller de la première à la dernière seconde, et même si le scénario souffre de quelques incohérences, peu importe, on est tellement embarqués par le suspense omniprésent, tellement pris aux tripes par la folie des personnages (le héros tout à la fois traqué et traqueur, le serial killer flippant à souhait), tellement captivés par les courses-poursuites, les cascades complètement démentes (sauter sur le toit d'un train, courir à contre-courant du trafic routier), tellement pris par l'empathie que dégage Dupontel ou émus par la gamine,  qu'on ne peut qu'apprécier cet excellent divertissement de qualité, tel que le qualifie Eric Valette "Je souhaitais pouvoir offrir un vrai film d’action, «d’entertainment», sans oublier le fond et l’émotion. J’ai toujours eu envie de faire ce genre de films, c’est celui que j’aime regarder. Pour moi, le fait d’être un bon «divertissement du samedi soir» n’est pas en contradiction avec l’idée de faire de la qualité en offrant en plus quelques ambiguïtés et même un petit côté sarcastique."

    Eric Valette, tout comme Fred Cavayé (Pour elle, A bout portant) nous permet de croire que le cinéma français peut offrir de bons thrillers "à l'américaine" tout en gardant la qualité française (le soin apporté à l'image, à la photographie, aux prises de vue, aux décors, au montage - ici particulièrement étudié - ou encore de l'interprétation).

    Ce qui touche ici c'est que le héros, qui s'avère être un braqueur violent, peu à peu bascule du bon côté et nous devient sympathique, tout en ayant des parts d'ombre, puisque atteint dans ce qu'il a de plus cher (sa femme et sa fille qu'il adore), et on se surprend à vibrer pour lui et même à l'aimer tant aussi le tueur est impitoyable et terrifiant. Eric Valette s'en explique : "Depuis longtemps, je souhaitais faire un film de poursuite, avec un héros noir. J’aimais l’idée de l’amoralité du héros disposant de ses propres codes et de sa propre ligne de conduite. Le fait que l’histoire soit nourrie de plusieurs faits réels me plaisait aussi. On trouvait du coup des résonances réalistes, un côté «fait divers» associé à une vraie dimension de cinéma."

    Pour camper ce personnage hors norme, Albert Dupontel est vraiment sensationnel, tour à tour dur et endurci, puis tendre et attendri, il met dans ce rôle toute son énergie et son intensité, son jeu est d'une droiture rare et exemplaire. Le réalisateur explique pourquoi son choix s'est porté sur lui : "C'est un très grand acteur et l’un des rares en France qui pouvait en plus assumer le côté très physique du rôle. Il bénéficie en plus d’une grande affection du public, ce qui permet d’emblée de rendre ce personnage complexe sympathique. On a envie de savoir ce qui va lui arriver." Albert Dupontel revient sur la manière dont il est entré dans son rôle : "Pour jouer Franck, je me soumettais à la cadence de ce personnage physique, frénétique, violent et caricatural au bon sens du terme. Il me dominait complètement. J’étais forcé de courir comme lui, de ressentir les choses comme lui. Il m’a entraîné, ce qui m’a permis de l’habiter."

    Par ailleurs, il exécute lui-même toutes ses cascades : "Si je n’avais pas accompli mes cascades, je ne serais venu que trois jours sur le tournage. À partir du moment où l'on s’engage, il faut le faire vraiment. Exécuter moi-même les cascades me permet d’amener le jeu jusque dans l’action. La tension qui a été la mienne tout au long du film se ressent dans chaque scène." Le comédien s'est préparé avec Christian Hening, coordinateur des cascades. "À chaque fois, une doublure lumière exécutait les cascades avant moi, à la fois pour régler le cadre et me montrer ce qu’il y avait à faire. C’était une bonne façon de voir quelles difficultés m’attendaient." Une implication de l'acteur qui a valu au réalisateur des sueurs froides : "Il n’y a pas un plan où il soit doublé. J’étais à la fois tétanisé de trouille et fasciné par les risques qu’il prenait !"

    Face à lui, la belle Alice Taglioni, loin de ses rôles glamour, s'affirme, plutôt convaincante, courageuse et intrépide, s'inspirant d'une vraie policière de la Brigade des Fugitifs.

    Stéphane Debac est quant à lui vraiment effroyable en tueur marmoréen et impénétrable, à qui on donnerait le bon Dieu sans confession avec ses faux-airs de Jean-Luc Delarue, propre sur lui mais pas en lui, il vous glace le dos par son ambiguïté, sans oublier sa compagne, interprétée par Natacha Régnier, assez effrayante.

    A noter aussi la présence indispensable de Sergi Lopez toujours impeccable qui donne une touche de crédibilité à l'ensemble.

    Un film ambitieux se déroulant sur un rythme trépidant, aux scènes d'action superbement réalisées, au final poignant, un vrai bon divertissement particulièrement réussi que j'ai vraiment beaucoup aimé.


    votre commentaire