• Synopsis : Marius Vallois a douze ans et besoin d’un père. Marie Vallois a un fils de douze ans, de lourdes responsabilités professionnelles, un amant à calmer, un poste à pourvoir, une soeur adorée, un cousin compliqué mais aucun père pour Marius. Robert Pique a une centrale vapeur, toujours du linge en retard, un fantasme chinois, une voisine qu’il protège et cherche du boulot.  Ce film est l’histoire du curieux lien qui va se tisser entre ces trois personnages. Un lien qui leur donnera beaucoup de fil à retordre et des attaches pour la vie.

    De Kad Merad avec Kad Merad, Michèle Laroque et Gaspard Meier-Chaurand

    Nouveauté

     

    Attention, ce film n'est pas le remake de celui réalisé par Philippe Monnier en 1977 avec Claude Brasseur et Nathalie Baye adapté du roman de Patrick Cauvin (malheureusement récemment décédé), mon auteur français favori (avec Marc Levy à égalité ...) dont j'ai dévoré la quasi-totalité des romans et certains même plusieurs fois, il n'en porte que le titre (mais le cinéaste n'en oublie pas, avant le générique de fin, de remercier l'écrivain en une phrase qui m'a fait bien plaisir, précisant en avoir sollicité l'autorisation).

    C'est la toute première réalisation de Kad Merad qui enfin passe derrière la caméra (mais se sert au passage d'un rôle en or) avec beaucoup d'honneur, d'intégrité et de réussite, ne se complaisant pas dans la facilité d'un film purement comique.

    De là à qualifier ce coup d'essai en coup de maître, il y a un pas que je ne franchirai pas mais il faut bien admettre toutefois que le trublion français le plus prolifique - et bankable - du moment y a apposé un vrai style et réalise une comédie quasi-sociale douce amère plutôt aboutie avec l'aide de son épouse Emmanuelle Cosso-Merad qui en signe les dialogues.

    J'aime ici surtout la façon dont Kad Merad aborde un sujet délicat sur la recherche de l'identité et la quête du repère paternel (sans omettre au passage d'évoquer avec subtilité le chômage, la difficulté de l'engagement, et autres thèmes importants), avec beaucoup de pudeur et de sensibilité, offrant par ailleurs une réalisation personnelle et moderne, emplie de plans astucieux et de prises de vue originales.

    La comédie est loin d'être simple et légère comme l'on aurait pu s'y attendre. Bien au contraire, elle décortique des portraits de personnages complexes, un peu désorientés dans des situations qu'ils ne maîtrisent plus et dont ils cherchent à se dépétrer, mais par trop souvent gauchement et maladroitement.

    Petit à petit, les liens qui se construisent entre eux vont les renforcer et les remettre dans le droit chemin de la vie et des sentiments.

    Elle s'avère réellement touchante (j'ai même été à deux doigts de verser une larmichette sur la fin, la gorge nouée) nous offrant de bien jolies séquences, sur une bien jolie musique (Daran ... un artiste trop rare et extrêmement doué) et des chansons additionnelles parfaitement bien choisies, dont la fin est totalement inattendue et inespérée (à plusieurs reprises on croit que ... et puis non finalement, et on évite surtout un côté mielleux et stupidement romantique qui aurait tout gâché) et surtout exhaussée par des prestations de trois excellents comédiens.

    Kad Merad a l'intelligence de s'effacer humblement derrière Michèle Laroque et le petit garçon, Gaspard Meier-Chaurand, qui est le personnage principal (et qui mène les deux adultes - qui ne le sont pas toujours - par le bout du nez !!)

    Il s'avère sobre et réservé. Michèle Laroque est toujours bien, comme d'habitude, lumineuse et éblouissante, belle et bouleversante.

    Le gamin est étonnant de naturel et de spontanéité.

    Une fable terriblement attendrissante qui ne sera pas non plus le film de l'année mais dont il ne faut pas se priver si on aime les bons films français, bien écrit et bien réalisé, ni moralisateur ni pompeux, fait avec le coeur et l'esprit, avec humanité et générosité.


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  • Synopsis : La vie de Walter n’est plus ce qu’elle était. Déprimé, vivant au ralenti, il s’éloigne de sa famille et de ses proches. Sa femme finit par le chasser de la maison pour le bien de leurs enfants. Touchant le fond, il s’accroche malgré lui à une marionnette de castor trouvée un soir par hasard. Par jeu ou par désespoir, il utilise cette marionnette pour extérioriser toutes les choses qu’il n’ose pas dire à sa famille et ses collègues. La marionnette devient alors comme une nouvelle personnalité, un nouveau Walter, plus positif et sûr de lui. Rapidement il reprend le contrôle de sa vie mais découvre peu à peu qu’il ne peut plus vivre sans son castor.

    De Jodie Foster avec Mel Gibson, Jodie Foster et Anton Yelchin

    Nouveauté

    Si je dois être vraiment fan d'une femme sur cette terre, ce serait de Jodie Foster que j'admire en tant qu'actrice, en tant que réalisatrice et en tant que personne.

    Donc, pour moi ce film était immanquable, marquant aussi le retour à l'écran de Mel Gibson dans un rôle dramatique.

    Mais j'ai été un tout petit déçue devant le ton un peu trop tristounet de la réalisation planplan et du déroulement longuet de l'intrigue qui peine parfois à capter l'attention.

    Il faut dire que la dépression dont souffre le personnage interprété par Mel Gibson, effectivement très bon, sobre et introverti, est assez plombante et dérangeante. Sa schizophrénie met terriblement mal à l'aise. De ce fait, je me suis assez vite désintéressée de lui, même si son travail sur le dialogue avec son alter ego est exceptionnel (son prénom de Walter est-il si anodin d'ailleurs ?? le raccourci est vite fait ...), la métaphore du castor n'étant que le reflet concret du dédoublement de personnalité dont il souffre. 

    Mais, là où Jodie est très forte (elle est intelligente et le prouve encore ici) c'est qu'elle axe très rapidement son histoire sur le fils et sur sa façon de gérer la maladie de son père. Et bascule très vite sur le jeune homme et sur l'adolescente dont il tombe amoureux (bien aussi la demoiselle Jennifer Lawrence).

    De fait, elle délaisse un peu l'histoire du couple pour s'appuyer sur le malaise du gamin et sur sa (re)construction face à la rupture de ses parents et à l'image bien écorchée du père. Et heureusement, c'est choix est bien plus pertinent que de s'attarder sur une main recouverte d'une marionette qui peu à peu prend vie et devient diaboliquement autonome !!

    Ce drame familial, original et touchant, prend finalement de la lumière et de l'épaisseur sur la dernière demi-heure. Car il s'appuye surtout sur une magnifique analyse de la dépression et sur la façon d'en guérir (même si chaque cas est unique et que chacun la gère à sa façon), les personnages sont très bien perçus et réellement approfondis.

    Le jeune Anton Yelchin m'a éblouie par sa maturité et sa sensibilité. Jodie Foster dit de lui qu'il est "un jeune comédien éblouissant, et il apporte au rôle deux éléments complémentaires : une profondeur extraordinaire, d’une part, et une générosité et une forme d’insouciance, de l’autre. C’est un mélange qu’on trouve rarement chez les jeunes acteurs."

    Il porte sur ses frêles épaules un rôle très important, pour moi le principal du film, et l'assume complètement et avec une incroyable intensité.

    C'est surtout lui que je retiendrai de ce film déconcertant, inégal et bancal (on évite de peu le ridicule tout de même) qui offre des scènes réellement émouvantes et d'autres d'une tristesse pénible et ennuyeuse.

    En fait, il ne faut pas s'attarder sur les scènes des parents (et du castor par là-même) mais plutôt sur celles des enfants (on dirait presque deux films en un), l'essentiel n'est pas là où vous le pensez ...


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  • Synopsis : Phil, Stu, Alan et Doug s’offrent un voyage exotique en Thaïlande, à l’occasion du mariage de Stu. Après l’inoubliable soirée d’enterrement de sa vie de garçon à Las Vegas, Stu ne veut rien laisser au hasard et opte pour un brunch léger, sans risque, avant la cérémonie. Mais les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Ce qui s'est passé à Las Vegas est imaginable à Las Vegas, mais ce qui se passe à Bangkok dépasse l’imagination...

    De Todd Philips avec Bradley Cooper, Ed Helms, Zach Galifianakis et Justin Bartha

    Nouveauté

    Dans le genre "on prend les mêmes et on recommence", "pas la peine de réécrire un scénario on garde celui qui a déjà fait ses preuves" et "on utilise des références et images du premier pour étoffer un peu le deuxième", celui-là il est pile dans le mille !

    Donc aucune surprise, aucune nouveauté, on compare inévitablement et il est certain que ce deuxième opus s'avère moins étonnant et moins drôle.

    Mais pourtant qu'est-ce-que je me suis régalée .. peut-être parce qu'on est moins dans le burlesque pour s'attacher davantage aux protagonistes plutôt qu'aux situations abracadabrantes... peut-être parce que l'écriture est toujours aussi excellente et pleine de richesse ... peut-être parce qu'il y a toujours de très bonnes idées et des personnages insolites ... peut-être parce qu'on aime retrouver la joyeuse petite bande des trois compères complètement déjantés (le quatrième est beaucoup plus sage car futur père de famille, il se la joue beaucoup plus sérieux) qui s'en prennent plein la tronche ... peut-être parce que, sans jamais rire aux éclats, j'ai tout le long souri (et ri aussi si si quand même !!) ... peut-être parce que, sur une recette éculée, on arrive quand même à y puiser quelques moments cocasses et amusants ... peut-être parce que le réalisateur a donné plus de place à l'action (on a le droit à quelques scènes époustouflantes et des courses poursuites hallucinantes) ...

    Le film est truffé de scènes complétement folles. "Il y a bien plus d’action que dans le premier", confirme le chef cascadeur Allan Graf. "Todd a mis la barre beaucoup plus haut, et les acteurs étaient décidés à donner de leur personne." Ed Helms rajoute : "C’était dingue et tellement exaltant. Je n’avais jamais tourné dans une aussi grosse production, avec des explosions, des courses effrénées, des passages à tabac, tous au service de la comédie."

    Enfin et surtout parce qu'il faut bien dire que les quatre acteurs principaux sont excellentissimes.

    Zach Galifianakis dans son rôle d'ingénu moitié débile et toujours imprévisible est hilarant. On craint toujours la prochaine bourde, la prochaine gaffe, la prochaine connerie, mais toujours avec délectation.

    Ed Helms qui a ici une denture parfaite se trouve encore une fois dévisagé, il est complètement azimuté !

    Bradley Cooper est ........ OMG ......... à mourir. Il est trop craquant dans son rôle de beau gosse que l'on prend pour le plus calme et le plus réfléchi mais qui n'a pas toujours de bonnes idées !!! Il est absolument à tomber par terre, irrésistible, le regard tranchant et le sourire charmeur. Je meurs. Je sais pas vous mais moi je meurs.

     

    Justin Bartha, le quatrième larron qui ne fait pas partie du trip mais qui est là quand même, est tout aussi charmant.

    Todd Philips nous offre un deuxième opus un peu moins bon que le premier (c'est souvent le cas) mais tout aussi agréable à suivre, sans aucun temps mort, super bien ryhtmé, bien dialogué (même si l'on perd inévitablement de bons jeux de mots en version doublée, il faudrait le voir en VOST), bien interprété, bien filmé, à l'image et aux décors magnifiques (toutes les séquences tournées en Thaïlande sont superbes).

    En tout cas moi j'ai pris un sacré bon trip devant cette comédie complètement barge, parfois assez trash (à déconseiller aux jeunes enfants tout de même) mais démente, délirante et jubilatoire. A voir jusqu'au générique final bien sûr pour ne pas louper les photos de la soirée !! Enfin, j'avoue tout : je me suis surtout pâmée devant Bradley ... !!

    Un troisième volet devrait normalement se faire (si ce deuxième cartonne aux USA) car Todd Philips avait dans l'idée initiale de réaliser une trilogie, mais basé sur une nouvelle idée et qui offrirait une belle conclusion aux aventures rocambolesques des trois fanfarons.


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  • Synopsis : 6 mai 2007, second tour de l'élection présidentielle. Alors que les Français s’apprêtent à élire leur nouveau Président, Nicolas Sarkozy, sûr de sa victoire, reste cloîtré chez lui, en peignoir, sombre et abattu. Toute la journée, il cherche à joindre Cécilia qui le fuit. Les cinq années qui viennent de s'écouler défilent: elles racontent l'irrésistible ascension de Sarkozy, semée de coups tordus, de coups de gueule et d'affrontements en coulisse. La conquête : L'histoire d'un homme qui gagne le pouvoir et perd sa femme.

    De Xavier Durringer avec Denis Podalydès, Florence Pernel, Bernard LeCoq

    Nouveauté


    Présenté à Cannes hors compétition, ce film est d'ores et déjà inédit et exceptionnel à retracer l'ascension d'un Président de la République encore en exercice.

    Son "exceptionnalité" s'arrête là. Là où j'attendais de la causticité et de l'audace, je n'y trouve qu'une simple biographie sur le parcours politique et la couse au pouvoir de Nicolas Sarkozy avant la présidence mis en parallèle avec son histoire de couple qui va se déliter.

    Pourtant, l'écriture de Xavier Durringer et de Patrick Rotman est concise et subtile, ils ont réussi, malgré le sujet a priori rébarbatif (d'autant que je suis totalement apolitique), à proposer un scénario qui tient bon la route et des dialogues brillants, ce qui fait que ce n'est jamais ennuyeux.

    Ils ont eu l'intelligence de contrebalancer en permanence entre l'Histoire et l'histoire, de trouver le bon équilibre entre l'aspect politique et l'aspect sentimental, ce qui donne une oeuvre bien construite et assez passionnante qui tente d'humaniser l'homme en présentant ses failles et ses faiblesses, ce qui s'avère être le plus intéressant dans le film.

    Pourtant, je ne suis pas totalement emballée : il manque quelque chose. Du mordant peut-être. Du cynisme. Du recul. De la dérision.

    Ou alors il y a trop de perfectionnisme et de réalisme dans son intention première. Il a voulu tellement coller aux personnages et aux événements qu'il en perd le sens de la fiction (pourtant annoncé dans la phrase d'introduction).

    Je pense aussi que cela tient de la performance de Denis Podalydès qui en fait des caisses. Au début du film, je suis restée stupéfaite du mimétisme et de la ressemblance, mais petit à petit, l'agacement est monté en moi irrésistiblement. A trop vouloir imiter parfaitement Nicolas Sarkozy, on dirait un imitateur qui imite, tant les tics et les postures sont savamment reproduits. De la pure caricature !! Je dirais même que trop souvent il me fait penser à Laurent Gerra que je déteste au plus haut point. Cela m'a considérablement perturbée et m'a gâché une bonne partie du film tant il décribilise son personnage (pour un homme réellement existant et d'autant plus le Président de la République encore en exercice c'est un comble !!).

    Surtout que les autres acteurs, a contrario, sont sobres, grands, droits et dignes : Florence Pernel, magnifique, qui incarne merveilleusement Cécilia (personnage pourtant clef malheureusement un peu trop survolé), Bernard Le Coq étonnant et Samuel Labarthe stupéfiant. Du coup, le contraste en est d'autant plus appuyé. Toutefois, j'ose espérer qu'il est volontaire - mais il semblerait que non !!-  pour mieux dévaloriser le personnage principal (car en fait c'est cela qui ressort de ce film qui ressemble finalement presque à un pamphlet tant il le ridiculise - et pourtant les auteurs s'en dédient).

    C'est là que j'en suis le plus gênée : quelles sont les motivations du réalisateur ? quel est le réel objectif final ?

    Xavier Durringer signe là un film qui laisse un sentiment de malaise difficile à (di)gérer, dérangeant, même si Patrick Rotman insiste sur le fait qu'il s'agit bien d'une oeuvre de fiction et qu'une large partie des scènes a été inventée: "Il y a certes une vingtaine de situations qui sont proches de la réalité, comme les face-à-face entre Sarkozy et Chirac et les affrontements Sarkozy-Villepin. A l’inverse, bien des séquences sont de pures fictions. (...) Dans ce film tout se mélange donc, le vrai et le faux, le réel et l’imaginaire. Finalement, la fiction est une manière de dire le vrai avec du faux. La question n’est pas d’être exact, mais d’être vraisemblable.".

    Ils ont tout deux tenté de traduire les contradictions du personnage de Nicolas Sarkozy, avec son lot d'ambivalences et les réactions opposées qu'il suscite : il apparaît tantôt pathétique, tantôt odieux, parfois grandiose, souvent manipulateur ou encore très intuitif.

    Il m'apparaît à moi surtout foncièrement antipathique .. !!

    D'une idée originale et d'un scénario en or, ils en font une étude socio-politique purement descriptive et donc finalement banale et sans surprise, manquant de romance, de légèreté et d'inventivité, d'étoffe et d'enthousiasme, réalisée on ne peut plus platement.

    De plus, par ailleurs, je trouve par là-même ce film trop sérieux et d'une prétention sans commune mesure.

    Bref, je suis vraiment partagée entre le courage qu'il a fallu pour oser s'y attaquer et le résultat plus que perturbant, que je perçois davantage comme une provocation plutôt que comme un biopic pertinent.


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  • Synopsis : Un jeune couple d’américains dont le mariage est prévu à l’automne se rend pour quelques jours à Paris. La magie de la capitale ne tarde pas à opérer, tout particulièrement sur le jeune homme amoureux de la Ville-lumière et qui aspire à une autre vie que la sienne.

    De Woody Allen avec Owen Wilson, Rachel McAdams et Marion Cotillard

    Nouveauté

    Ce film est MAGIQUE réalisé par le Woody Allen que j'aime. Je n'ai pas vu ses films récents, j'en ai vus beaucoup de la première partie de sa carrière, tous ceux complètement déjantés, puis j'en ai vus un par ci un par là, m'arrêtant tout spécialement sur son sublime MANHATTAN ou sur le très réussi LA ROSE POURPRE DU CAIRE, ou encore sur le délicieux MATCH POINT, entre autres.

    Ici, Woody Allen nous égare au hasard des rues et du temps, promène ses protagonistes au fil de balades féeriques et de rencontres particulières, le long des quais de la Seine ou dans les ruelles typiques de la capitale. Le tout sur fond de ballades jazzy et bluesy.

    Ici, Woody Allen illumine merveilleusement son film par des scènes anachroniques de toute beauté, sublimement éclairées, aux lumières tamisées et aux ambiances feutrées, aux atmosphères douces et ouatinées.

    Ici, Woody Allen met en scène très simplement, sa réalisation est très cadrée, pudique, sobre, faite pour valoriser les acteurs.

    Ici, Woody Allen a la très bonne idée de filmer Paris merveilleusement, brillamment, magnifie la ville par un jeu de lumières raffiné, offrant un contraste saisissant entre un Paris diurne animé et coloré et un Paris nocturne enchanteur, plein de charme et de surprises. On sent son amour pour la "Ville Lumière" à travers chaque plan, chaque scène.

    Ici, Woody Allen a l'intelligence de placer ses guest-stars judicieusement sans alourdir l'intrigue et le déroulement de son film par un quota obligatoire d'acteurs français. Non. Chacun a ses cinq minutes de gloire, exceptée Marion Cotillard qui est l'héroïne.

    Ici, Woody Allen a une écriture sublime (scénario et dialogues), pleine d'originalité, de jolies choses, riche, touffue, fine, épurée. On y sent toutes ses références et ses influences. On y puise ce qu'on y veut, nous abandonnant à notre propre imagination.

    Ici, Woody Allen nous déroule un casting de rêve : Owen Wilson, qui d'habitude m'insupporte dans les comédies potaches dans lesquelles il se compromet un peu trop souvent, s'avère étonnant de retenue et de justesse, timide et intimidé. Il interprète un écrivain qui recherche dans un passé idéalisé les ressources nécessaires pour affronter son avenir. Rachel McAdams, en blonde, est passablement énervante, mais incarne son personnage avec l'énergie nécessaire, elle est, comme aime le rappeler le cinéaste "d'une incroyable vivacité". Marion Cotillard est merveilleusement servie par un texte admirable, elle est mystérieuse et secrète, d'une beauté rare, mise en valeur par des robes superbes. Le réalisateur a choisi l'actrice française pour son "charisme naturel" et sa capacité à "mobiliser toutes sortes d’émotions en un temps record." Sans oublier une bien belle palette de seconds rôles tous excellents.

    Ici, Woody Allen revient sur le tournage : "Je n’ai jamais eu à diriger qui que ce soit." En réalité, ses acteurs le décrivent comme un metteur en scène déterminé et sûr de lui mais qui leur laisse toutefois beaucoup de liberté, comme le confirme Rachel McAdams : "L’atmosphère était très détendue, et j’apprécie le fait que Woody sache ce qu’il veut, ce qui me donne confiance en moi et me permet de savoir où je vais. Pour autant, il est très ouvert aux suggestions des autres et il sait travailler en équipe." Owen Wilson revient sur la méthode de travail du cinéaste qui consiste à filmer des scènes de trois minutes en une seule prise : "Ça vous donne une décharge d’adrénaline, comme quand on fait du sport. On sait qu’il faut être juste et qu’on n’aura pas forcément la possibilité de se rattraper à la prise suivante. Cela vous oblige à vous concentrer davantage."

    Ici, Woody Allen m'a embarquée dans un voyage intimiste et fantastique hors du temps, hors de tout, hors de moi, avec un infini plaisir, comme lui seul est capable d'offrir. C'est un film troublant, léger et aérien : "Je crois bien qu’il y aura toujours de la gravité dans mes films car ma vie et ma manière de penser sont parcourues par des idées noires. Mais s’agissant de Minuit à Paris, la gravité est présente en mode mineur. Le ton et l’ambiance sont surtout romantiques et insouciants" ; et foncièrement optimiste, s'achevant sur une image heureuse qui laisse penser que le bonheur se vit sur le lieu et l'instant présents dans un Paris "où tout est possible".

    J'ai vraiment adoré.

    Merci Monsieur Woody Allen de savoir écrire, diriger et filmer avec votre flamme unique, pleine de charme, d'élégance, de sensibilité et de fantaisie.


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  • Ce soir s'ouvre le 64ème Festival de Cannes par une cérémonie présentée par Mélanie Laurent et dont le jury sera présidé par Robert de Niro ... (les membres les plus connus sont Olivier Assayas, Jude Law ou encore Uma Thurman)

    En sélection officielle :


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  • Synopsis : En coupant à travers champs pour aller porter le déjeuner à son père, Patricia rencontre Jacques. Elle a dix-huit ans, il en a vingt-six. Elle est jolie, avec des manières fines de demoiselle ; il est pilote de chasse et beau garçon. Un peu de clair de lune fera le reste à leur seconde rencontre. Il n'y aura pas de troisième rendez-vous : Jacques est envoyé au front. Patricia attendra un enfant de cette rencontre. Les riches parents du garçon crieront au chantage, Patricia et son père, le puisatier, auront seuls la joie d'accueillir l'enfant. Une joie que les Mazel leur envieront bientôt et chercheront à partager, car Jacques est porté disparu...

    De Daniel Auteuil avec Daniel Auteuil, Kad Merad, Sabine Azema, Jean-Pierre Darroussin, Nicolas Duvauchelle, Astrid Berges-Frisbay

    Sortie le 20 avril 2011


    Une amie m'a dit l'autre jour "Quoi ? tu n'as toujours pas vu La fille du puisatier ?", genre je passe à côté du chef d'oeuvre du siècle !! Je suis donc allée voir le film, pas très convaincue dès le départ mais prête d'ores et déjà à revoir mon jugement ; enfin surtout l'horaire se calait parfaitement au précédent.

    Vraiment donc sceptique car je suis un peu réfractaire au genre. Les pagnolades, l'accent marseillais exacerbé, de tels excercices de style, bref tout ça, j'avoue, je n'adhère pas. Les Fernandel, Raimu et autres, je ne suis pas fana du tout mais alors pas du tout. J'en ai vu plusieurs pourtant des Pagnol mais je n'en ai aimé aucun (des extraits - la fameuse partie de cartes- oui mais les films dans leur intégralité non).

    Enfin, bon, je soupire, m'installe à ma place favorite et entre de plain-pied sous le soleil de Provence avec la jeunette qui court à travers champ (on est entre La petite maison dans la prairie et Le petit chaperon rouge !!).

    Hélas, dès les premiers mots, j'ai compris pourquoi je redoutais cet instant.

    Car, le problème majeur du film réside dans la mauvaise qualité d'interprétation. Les comédiens récitent leur texte d'une manière par trop théâtrale, on dirait des premiers de la classe debouts devant le tableau noir lisant le roman en butant sur chaque syllabe et cherchant l'accentuation et les nuances.

    Daniel Auteuil est pourtant un bon acteur (il s'est bien servi et a ici la meilleure partition) que j'apprécie mais en tant que réalisateur - il signe ici son premier film derrière la caméra - il peine, sa mise en scène est timide, complexée et hésitante, sa direction d'acteurs est déplorable. On le dirait comme écrasé par le poids de l'oeuvre originale, bien supérieure en tous points, qu'il reproduit plan par plan. On sent pourtant en lui une réelle volonté de bien faire, une belle sensibilité et une vraie sincérité mais ce n'est pas suffisant pour séduire.

    Kad Merad semble avoir avalé un balai, Jean-Pierre Darroussin (non mais c'est quoi cet accent ?) et Sabine Azema (deux bons acteurs au demeurant) sont complètement hors du coup, surjouant beaucoup trop (Sabine Azema en devient même carrément pénible à la fin, exaspérante), la jeune Astrid Berges-Frisbay manque de métier et de professionalisme, elle ne sait pas se mouvoir ni dire son texte, elle est mauvaise (pour incarner l'héroïne c'est gênant !), seuls Nicolas Duvauchelle et la jeune Emilie Cazenave sont naturels et convaincants, tous les autres sont droits comme des I, rigides et ankylosés dans des rôles trop marqués par leurs prédécesseurs. Nul ne trouve jamais le bon ton, le bon angle, le bon jeu.


    Plus qu'un hommage à l'oeuvre de Marcel Pagnol qui le touche énormément, ce film est également un hommage à la région qui a vu grandir Daniel Auteuil, ainsi qu'aux parents de ce dernier. "C’est sûr, mes parents sont partout", confie le cinéaste, "dans les images, dans les paysages, dans les airs d’opéra que chante Caruso et que chantait mon père, dans les personnages…"

    Mais malheureusement, il s'avère d'un classicisme ennuyeux, trop scolaire, trop littéraire, trop parlé. Dommage car il y a de bons traits d'humour (certaines réfléxions machistes de Daniel Auteuil sont curieusement décalées, le texte est souvent cynique voire caustique), il y a de beaux paysages, la musique d'Alexandre Desplat est splendide, ça sent bon la Provence et le soleil, le bébé est craquant mais sinon la copie est à revoir Monsieur Auteuil : "trop d'imperfections", "pas assez abouti", "peut mieux faire" !!


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