• Synopsis : 6 mai 2007, second tour de l'élection présidentielle. Alors que les Français s’apprêtent à élire leur nouveau Président, Nicolas Sarkozy, sûr de sa victoire, reste cloîtré chez lui, en peignoir, sombre et abattu. Toute la journée, il cherche à joindre Cécilia qui le fuit. Les cinq années qui viennent de s'écouler défilent: elles racontent l'irrésistible ascension de Sarkozy, semée de coups tordus, de coups de gueule et d'affrontements en coulisse. La conquête : L'histoire d'un homme qui gagne le pouvoir et perd sa femme.

    De Xavier Durringer avec Denis Podalydès, Florence Pernel, Bernard LeCoq

    Nouveauté


    Présenté à Cannes hors compétition, ce film est d'ores et déjà inédit et exceptionnel à retracer l'ascension d'un Président de la République encore en exercice.

    Son "exceptionnalité" s'arrête là. Là où j'attendais de la causticité et de l'audace, je n'y trouve qu'une simple biographie sur le parcours politique et la couse au pouvoir de Nicolas Sarkozy avant la présidence mis en parallèle avec son histoire de couple qui va se déliter.

    Pourtant, l'écriture de Xavier Durringer et de Patrick Rotman est concise et subtile, ils ont réussi, malgré le sujet a priori rébarbatif (d'autant que je suis totalement apolitique), à proposer un scénario qui tient bon la route et des dialogues brillants, ce qui fait que ce n'est jamais ennuyeux.

    Ils ont eu l'intelligence de contrebalancer en permanence entre l'Histoire et l'histoire, de trouver le bon équilibre entre l'aspect politique et l'aspect sentimental, ce qui donne une oeuvre bien construite et assez passionnante qui tente d'humaniser l'homme en présentant ses failles et ses faiblesses, ce qui s'avère être le plus intéressant dans le film.

    Pourtant, je ne suis pas totalement emballée : il manque quelque chose. Du mordant peut-être. Du cynisme. Du recul. De la dérision.

    Ou alors il y a trop de perfectionnisme et de réalisme dans son intention première. Il a voulu tellement coller aux personnages et aux événements qu'il en perd le sens de la fiction (pourtant annoncé dans la phrase d'introduction).

    Je pense aussi que cela tient de la performance de Denis Podalydès qui en fait des caisses. Au début du film, je suis restée stupéfaite du mimétisme et de la ressemblance, mais petit à petit, l'agacement est monté en moi irrésistiblement. A trop vouloir imiter parfaitement Nicolas Sarkozy, on dirait un imitateur qui imite, tant les tics et les postures sont savamment reproduits. De la pure caricature !! Je dirais même que trop souvent il me fait penser à Laurent Gerra que je déteste au plus haut point. Cela m'a considérablement perturbée et m'a gâché une bonne partie du film tant il décribilise son personnage (pour un homme réellement existant et d'autant plus le Président de la République encore en exercice c'est un comble !!).

    Surtout que les autres acteurs, a contrario, sont sobres, grands, droits et dignes : Florence Pernel, magnifique, qui incarne merveilleusement Cécilia (personnage pourtant clef malheureusement un peu trop survolé), Bernard Le Coq étonnant et Samuel Labarthe stupéfiant. Du coup, le contraste en est d'autant plus appuyé. Toutefois, j'ose espérer qu'il est volontaire - mais il semblerait que non !!-  pour mieux dévaloriser le personnage principal (car en fait c'est cela qui ressort de ce film qui ressemble finalement presque à un pamphlet tant il le ridiculise - et pourtant les auteurs s'en dédient).

    C'est là que j'en suis le plus gênée : quelles sont les motivations du réalisateur ? quel est le réel objectif final ?

    Xavier Durringer signe là un film qui laisse un sentiment de malaise difficile à (di)gérer, dérangeant, même si Patrick Rotman insiste sur le fait qu'il s'agit bien d'une oeuvre de fiction et qu'une large partie des scènes a été inventée: "Il y a certes une vingtaine de situations qui sont proches de la réalité, comme les face-à-face entre Sarkozy et Chirac et les affrontements Sarkozy-Villepin. A l’inverse, bien des séquences sont de pures fictions. (...) Dans ce film tout se mélange donc, le vrai et le faux, le réel et l’imaginaire. Finalement, la fiction est une manière de dire le vrai avec du faux. La question n’est pas d’être exact, mais d’être vraisemblable.".

    Ils ont tout deux tenté de traduire les contradictions du personnage de Nicolas Sarkozy, avec son lot d'ambivalences et les réactions opposées qu'il suscite : il apparaît tantôt pathétique, tantôt odieux, parfois grandiose, souvent manipulateur ou encore très intuitif.

    Il m'apparaît à moi surtout foncièrement antipathique .. !!

    D'une idée originale et d'un scénario en or, ils en font une étude socio-politique purement descriptive et donc finalement banale et sans surprise, manquant de romance, de légèreté et d'inventivité, d'étoffe et d'enthousiasme, réalisée on ne peut plus platement.

    De plus, par ailleurs, je trouve par là-même ce film trop sérieux et d'une prétention sans commune mesure.

    Bref, je suis vraiment partagée entre le courage qu'il a fallu pour oser s'y attaquer et le résultat plus que perturbant, que je perçois davantage comme une provocation plutôt que comme un biopic pertinent.


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  • Synopsis : Un jeune couple d’américains dont le mariage est prévu à l’automne se rend pour quelques jours à Paris. La magie de la capitale ne tarde pas à opérer, tout particulièrement sur le jeune homme amoureux de la Ville-lumière et qui aspire à une autre vie que la sienne.

    De Woody Allen avec Owen Wilson, Rachel McAdams et Marion Cotillard

    Nouveauté

    Ce film est MAGIQUE réalisé par le Woody Allen que j'aime. Je n'ai pas vu ses films récents, j'en ai vus beaucoup de la première partie de sa carrière, tous ceux complètement déjantés, puis j'en ai vus un par ci un par là, m'arrêtant tout spécialement sur son sublime MANHATTAN ou sur le très réussi LA ROSE POURPRE DU CAIRE, ou encore sur le délicieux MATCH POINT, entre autres.

    Ici, Woody Allen nous égare au hasard des rues et du temps, promène ses protagonistes au fil de balades féeriques et de rencontres particulières, le long des quais de la Seine ou dans les ruelles typiques de la capitale. Le tout sur fond de ballades jazzy et bluesy.

    Ici, Woody Allen illumine merveilleusement son film par des scènes anachroniques de toute beauté, sublimement éclairées, aux lumières tamisées et aux ambiances feutrées, aux atmosphères douces et ouatinées.

    Ici, Woody Allen met en scène très simplement, sa réalisation est très cadrée, pudique, sobre, faite pour valoriser les acteurs.

    Ici, Woody Allen a la très bonne idée de filmer Paris merveilleusement, brillamment, magnifie la ville par un jeu de lumières raffiné, offrant un contraste saisissant entre un Paris diurne animé et coloré et un Paris nocturne enchanteur, plein de charme et de surprises. On sent son amour pour la "Ville Lumière" à travers chaque plan, chaque scène.

    Ici, Woody Allen a l'intelligence de placer ses guest-stars judicieusement sans alourdir l'intrigue et le déroulement de son film par un quota obligatoire d'acteurs français. Non. Chacun a ses cinq minutes de gloire, exceptée Marion Cotillard qui est l'héroïne.

    Ici, Woody Allen a une écriture sublime (scénario et dialogues), pleine d'originalité, de jolies choses, riche, touffue, fine, épurée. On y sent toutes ses références et ses influences. On y puise ce qu'on y veut, nous abandonnant à notre propre imagination.

    Ici, Woody Allen nous déroule un casting de rêve : Owen Wilson, qui d'habitude m'insupporte dans les comédies potaches dans lesquelles il se compromet un peu trop souvent, s'avère étonnant de retenue et de justesse, timide et intimidé. Il interprète un écrivain qui recherche dans un passé idéalisé les ressources nécessaires pour affronter son avenir. Rachel McAdams, en blonde, est passablement énervante, mais incarne son personnage avec l'énergie nécessaire, elle est, comme aime le rappeler le cinéaste "d'une incroyable vivacité". Marion Cotillard est merveilleusement servie par un texte admirable, elle est mystérieuse et secrète, d'une beauté rare, mise en valeur par des robes superbes. Le réalisateur a choisi l'actrice française pour son "charisme naturel" et sa capacité à "mobiliser toutes sortes d’émotions en un temps record." Sans oublier une bien belle palette de seconds rôles tous excellents.

    Ici, Woody Allen revient sur le tournage : "Je n’ai jamais eu à diriger qui que ce soit." En réalité, ses acteurs le décrivent comme un metteur en scène déterminé et sûr de lui mais qui leur laisse toutefois beaucoup de liberté, comme le confirme Rachel McAdams : "L’atmosphère était très détendue, et j’apprécie le fait que Woody sache ce qu’il veut, ce qui me donne confiance en moi et me permet de savoir où je vais. Pour autant, il est très ouvert aux suggestions des autres et il sait travailler en équipe." Owen Wilson revient sur la méthode de travail du cinéaste qui consiste à filmer des scènes de trois minutes en une seule prise : "Ça vous donne une décharge d’adrénaline, comme quand on fait du sport. On sait qu’il faut être juste et qu’on n’aura pas forcément la possibilité de se rattraper à la prise suivante. Cela vous oblige à vous concentrer davantage."

    Ici, Woody Allen m'a embarquée dans un voyage intimiste et fantastique hors du temps, hors de tout, hors de moi, avec un infini plaisir, comme lui seul est capable d'offrir. C'est un film troublant, léger et aérien : "Je crois bien qu’il y aura toujours de la gravité dans mes films car ma vie et ma manière de penser sont parcourues par des idées noires. Mais s’agissant de Minuit à Paris, la gravité est présente en mode mineur. Le ton et l’ambiance sont surtout romantiques et insouciants" ; et foncièrement optimiste, s'achevant sur une image heureuse qui laisse penser que le bonheur se vit sur le lieu et l'instant présents dans un Paris "où tout est possible".

    J'ai vraiment adoré.

    Merci Monsieur Woody Allen de savoir écrire, diriger et filmer avec votre flamme unique, pleine de charme, d'élégance, de sensibilité et de fantaisie.


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  • Ce soir s'ouvre le 64ème Festival de Cannes par une cérémonie présentée par Mélanie Laurent et dont le jury sera présidé par Robert de Niro ... (les membres les plus connus sont Olivier Assayas, Jude Law ou encore Uma Thurman)

    En sélection officielle :


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  • Synopsis : En coupant à travers champs pour aller porter le déjeuner à son père, Patricia rencontre Jacques. Elle a dix-huit ans, il en a vingt-six. Elle est jolie, avec des manières fines de demoiselle ; il est pilote de chasse et beau garçon. Un peu de clair de lune fera le reste à leur seconde rencontre. Il n'y aura pas de troisième rendez-vous : Jacques est envoyé au front. Patricia attendra un enfant de cette rencontre. Les riches parents du garçon crieront au chantage, Patricia et son père, le puisatier, auront seuls la joie d'accueillir l'enfant. Une joie que les Mazel leur envieront bientôt et chercheront à partager, car Jacques est porté disparu...

    De Daniel Auteuil avec Daniel Auteuil, Kad Merad, Sabine Azema, Jean-Pierre Darroussin, Nicolas Duvauchelle, Astrid Berges-Frisbay

    Sortie le 20 avril 2011


    Une amie m'a dit l'autre jour "Quoi ? tu n'as toujours pas vu La fille du puisatier ?", genre je passe à côté du chef d'oeuvre du siècle !! Je suis donc allée voir le film, pas très convaincue dès le départ mais prête d'ores et déjà à revoir mon jugement ; enfin surtout l'horaire se calait parfaitement au précédent.

    Vraiment donc sceptique car je suis un peu réfractaire au genre. Les pagnolades, l'accent marseillais exacerbé, de tels excercices de style, bref tout ça, j'avoue, je n'adhère pas. Les Fernandel, Raimu et autres, je ne suis pas fana du tout mais alors pas du tout. J'en ai vu plusieurs pourtant des Pagnol mais je n'en ai aimé aucun (des extraits - la fameuse partie de cartes- oui mais les films dans leur intégralité non).

    Enfin, bon, je soupire, m'installe à ma place favorite et entre de plain-pied sous le soleil de Provence avec la jeunette qui court à travers champ (on est entre La petite maison dans la prairie et Le petit chaperon rouge !!).

    Hélas, dès les premiers mots, j'ai compris pourquoi je redoutais cet instant.

    Car, le problème majeur du film réside dans la mauvaise qualité d'interprétation. Les comédiens récitent leur texte d'une manière par trop théâtrale, on dirait des premiers de la classe debouts devant le tableau noir lisant le roman en butant sur chaque syllabe et cherchant l'accentuation et les nuances.

    Daniel Auteuil est pourtant un bon acteur (il s'est bien servi et a ici la meilleure partition) que j'apprécie mais en tant que réalisateur - il signe ici son premier film derrière la caméra - il peine, sa mise en scène est timide, complexée et hésitante, sa direction d'acteurs est déplorable. On le dirait comme écrasé par le poids de l'oeuvre originale, bien supérieure en tous points, qu'il reproduit plan par plan. On sent pourtant en lui une réelle volonté de bien faire, une belle sensibilité et une vraie sincérité mais ce n'est pas suffisant pour séduire.

    Kad Merad semble avoir avalé un balai, Jean-Pierre Darroussin (non mais c'est quoi cet accent ?) et Sabine Azema (deux bons acteurs au demeurant) sont complètement hors du coup, surjouant beaucoup trop (Sabine Azema en devient même carrément pénible à la fin, exaspérante), la jeune Astrid Berges-Frisbay manque de métier et de professionalisme, elle ne sait pas se mouvoir ni dire son texte, elle est mauvaise (pour incarner l'héroïne c'est gênant !), seuls Nicolas Duvauchelle et la jeune Emilie Cazenave sont naturels et convaincants, tous les autres sont droits comme des I, rigides et ankylosés dans des rôles trop marqués par leurs prédécesseurs. Nul ne trouve jamais le bon ton, le bon angle, le bon jeu.


    Plus qu'un hommage à l'oeuvre de Marcel Pagnol qui le touche énormément, ce film est également un hommage à la région qui a vu grandir Daniel Auteuil, ainsi qu'aux parents de ce dernier. "C’est sûr, mes parents sont partout", confie le cinéaste, "dans les images, dans les paysages, dans les airs d’opéra que chante Caruso et que chantait mon père, dans les personnages…"

    Mais malheureusement, il s'avère d'un classicisme ennuyeux, trop scolaire, trop littéraire, trop parlé. Dommage car il y a de bons traits d'humour (certaines réfléxions machistes de Daniel Auteuil sont curieusement décalées, le texte est souvent cynique voire caustique), il y a de beaux paysages, la musique d'Alexandre Desplat est splendide, ça sent bon la Provence et le soleil, le bébé est craquant mais sinon la copie est à revoir Monsieur Auteuil : "trop d'imperfections", "pas assez abouti", "peut mieux faire" !!


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  • Synopsis : 1931, période de Grande Dépression aux Etats-Unis. A la suite d'une tragédie familiale, Jacob, un jeune étudiant en école vétérinaire, se retrouve subitement plongé dans la misère et rejoint par hasard un cirque itinérant de seconde classe. Il se fait accepter en échange des soins qu’il pourra apporter aux animaux et ne tarde pas à tomber sous le charme de la belle écuyère Marlène. Elle est l'épouse du directeur du cirque, un être d’une rare violence et totalement imprévisible. Derrière la beauté et la magie des spectacles, Jacob découvre un univers impitoyable et miséreux. Lorsqu’une éléphante rejoint le cirque, Marlène et Jacob se rapprochent l’un de l’autre.

    De Francis Lawrence avec Robert Pattinson, Reese Witherspoon et Christoph Waltz

    Nouveauté


    Une grande fresque romanesque qui commence par la fin puisque le héros raconte son histoire par un long flash-back. Ce qui est à mon sens une grave erreur car, de ce fait, le scénario en perd son suspense et son impact dramaturgique.

    Devenant de ce fait un peu trop prévisible, l'histoire manque d'une vraie dimension émotionnelle et s'achève sur un cafouillis général qui est censé être une grande catastrophe s'avérant finalement être une séquence des plus confuses et affreusement mal réalisée. On ne comprend rien à ce qui se passe, il faut l'explication par une voix off insupportable pour en saisir les tenants et aboutissants.

    Toutefois, Francis Lawrence (Je suis une légende) a la caméra facile et bien placée, filme superbement ses personnages et les animaux, les scènes sous le chapiteau (trop rares - le réalisateur s'attarde davantage sur l'histoire d'amour triangulaire et contrariée que sur l'histoire du cirque en lui-même) et les parades sont très belles, l'image, les couleurs et les décors sont magnifiques, il y règne une ambiance authentique, mais malheureusement le tout manque un peu de majestuosité et de magie.

    Il a quand même l'audace de s'attaquer à un genre un peu oublié, plaçant son action durant la période de la prohibition et de la Grande Dépression dans une Amérique défaite, de décrire le milieu du cirque de cette époque avec beaucoup de justesse et de crédibilité, où s'y opposent la beauté du spectacle à la misère de ceux qui y travaillent.

    Son oeuvre est portée par deux acteurs masculins charismatiques : Robert Pattinson, qui s'est défait admirablement de son costume de vampire, s'affirme de plus en plus, charmant et charmeur, le regard envoûtant et la mâchoire carrée, vraiment convaincant et touchant, et Christoph Waltz excellent dans un rôle de tyran impitoyable, tant envers sa femme dont il est fou amoureux que ses animaux (aucun n'a été maltraité pendant le tournage).

    Par contre, Reese Witherspoon est toujours aussi inexpressive qu'une limande, elle ne dégage rien, fade et terne, elle est dans l'incapacité totale de transmettre quoi que ce soit. Elle s'est pourtant impliquée dans son rôle, s'étant entraînée plusieurs mois avec l'éléphante pour effectuer avec aisance les acrobaties. Et si je reconnais la qualité de son travail et son mignon minois, j'avoue qu'elle me laisse totalement de marbre.

    J'ai été davantage touchée par l'éléphante qui prend vraiment bien la lumière et qui offre des scènes amusantes (certaines autres sont un peu dures).

    Le film, évitant habilement le nianniantisme, bien rythmé et plutôt agréable se regarde franchement sans déplaisir, même si classique et dans sa forme et dans son fond, sans surprise, sans passion, sans intensité, avec quelques longueurs par ci par là ; il lui manque l'essentiel : ce petit supplément d'âme qui fait toute la différence entre un bon film et un chef d'oeuvre ... ainsi qu'une vraie actrice digne de ce nom.

    Il m'a un peu déçue et m'a surtout donné une furieuse envie de revoir Sous le plus grand chapiteau du monde de Cecil B. DeMille qui a, lui, un vrai souffle épique qui manque ici.


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  • Synopsis : A Sète, Fabienne Bourrier, capitaine de police, passe la majeure partie de son temps à traquer les sans-papiers et clandestins de tous horizons. Sa routine policière est perturbée par la mort d’Olga, une jeune prostituée. Un suicide apparemment. Mais Olga était traquée et avait un fils, Ilan. Animée par un sentiment de compassion qui la surprend elle-même, Fabienne part sur les traces de l’enfant disparu.

    De José Alcala avec Catherine Frot, Karim Seghair et Marie Raynal

    Sortie le 27 avril 2011


    N'ayant d'éclat que le nom, ce film est d'un ennui profond et d'une tristesse absolue. Sombre comme l'héroïne dont la pitoyable vie efface l'intrigue policière qui semble n'être que prétexte.

    Le réalisateur dépeint le portrait de cette policière à la dérive, qui n'échappe à aucun cliché du genre : sans attache sentimentale, la vieille mère malade, le chat qui miaule en attendant sa pitance, une bouteille de vin toujours à portée de main ; il laisse de côté ce qui aurait pu être davantage palpitant car, en fait, on s'en fout de sa vie à la fliquette alcoolique qui, par ailleurs, accumule les aberrations dans le cours de son enquête (tant l'officieuse que l'officielle) : pas de gant de protection lors de l'examen de la scène de crime, traînant dans des lieux lugubres la nuit, seule, sans arme, en jupe stricte et talons, qui court à la vitesse d'un escargot endormi, ou encore interrogeant les témoins autour d'un pique-nique ou derrière un comptoir de bar, sans jamais s'identifier, sans rien noter, bref je suis peut-être un peu trop accro aux séries policières mais là, franchement, ce n'est pas vraiment crédible.

    Il n'y a rien dans ce film : ni suspense ou alors le peu est mal maîtrisé, ni rebondissement à part durant trois secondes et demi, ni action à part cinq minutes dans le dernier quart d'heure et qui plus est mal réalisée, ni fin car ça se termine un peu en eau de boudin, ni qualité d'interprétation, Catherine Frot, que j'aime bien d'habitude, n'illumine même pas l'écran, pas si mauvaise au demeurant mais comme ternie, pas apprêtée, mal dirigée, surtout mal dirigée !

    Vraiment aucun intérêt : un coup d'éclat qui ressemble plutôt à un coup d'épée dans l'eau, un prout mouillé, d'une monotonie sans nom, plat, rigide, frigide, à la réalisation aussi affligeante que son scénario inconsistant, empli d'invraisemblances et d'incohérences, qui pourtant aborde des sujets de société pertinents mais sans en approfondir aucun.

    Bref, j'ai résisté jusqu'au bout pour savoir quand même, mais la fin arrive et on ne sait rien ou pas grand chose.

    Un film lourd comme le plomb, d'une noirceur glaciale, qui ne sert à rien, qui n'apporte rien, devant lequel on a juste envie de s'endormir ou s'enfuir.


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  • Synopsis : Au royaume d’Asgard, Thor est un guerrier aussi puissant qu’arrogant dont les actes téméraires déclenchent une guerre ancestrale. Banni et envoyé sur Terre, par son père Odin, il est condamné à vivre parmi les humains. Mais lorsque les forces du mal de son royaume s’apprêtent à se déchaîner sur la Terre, Thor va apprendre à se comporter en véritable héros…

    De Kenneth Branagh avec Chris Hemsworth, Natalie Portman, Anthony Hopkins et Tom Hiddleston

    Nouveauté

    Voilà bien longtemps que je n'avais pas vu un tel film à grand spectacle. Des effets spéciaux époustouflants, une image en 3D superbement exploitée - malgré quelques flous inévitables - se basant essentiellement sur les profondeurs et les perspectives (pas de trucs qu'on se prend dans les yeux ou dans la tête !!), des décors splendides. L'histoire, très shakespearienne (Kenneth Branagh est LE spécialiste du genre et nous offre une plutôt bonne adaptation du comic) passe en second plan et n'a ici que peu d'importance (d'ailleurs le scénario tient sur une ligne), la réalisation prime (même si certains face-à-face ont un côté théâtral et une intensité particulière et que le cinéaste explore subtilement les relations paternelles et fraternelles avec un oeil plus qu'avisé).

    Kenneth Branagh sait filmer, c'est une certitude, tout en gardant son style et sa personnalité, même s'il est davantage inspiré par la planète extraterrestre. Il utilise à outrance non seulement les effets pyrotechniques mais aussi les effets de plongée et de contre-plongée, filmant ses personnages du bas vers le haut pour leur conférer force et gigantisme. Il a particulièrement soigné l'esthétique des scènes se déroulant sur Asgard, les cieux sont magnifiques, étoilés et surnaturels, les eaux noires et effrayantes sont fascinantes, le château, le pont et alentours sont grandioses, le désert de glace est fantastique, tandis qu'il a travaillé davantage sur la psychologie de son héros lors des scènes se déroulant sur terre.

    Il alterne les scènes d'action visuellement sublimes avec des tirades quasi-lyriques (parfois frisant tout de même le ridicule et l'ennui dans les premières vingt minutes surtout - un peu de mal à entrer dans le film, j'ai trouvé que ca parlait un peu trop !! -), affrontements dantesques avec des créatures étranges aux pouvoirs hallucinants, combats entre le bien et le mal personnifiés par les deux frères ennemis.

    Le réalisateur a par ailleurs le bon goût d'apporter à son intrigue et à ses dialogues une bonne dose d'humour qui donne à son film un ton délicieusement décalé et drôle (toutes les séquences sur terre où son personnage est complètement perdu et passe pour un fou furieux, se retrouvant souvent dans des situations incongrues, prêtent volontiers à rire !!).

    Il a su également s'entourer de bons acteurs : Chris Hemsworth en super héros divin qui devient un super man (en deux mots) sans aucun pouvoir sur terre, privilégiant par là-même son "humanité" et sa soudaine "normalité", m'a décroché la machoire toutes les deux secondes, il est beau comme un Dieu, diablement bien charpenté, son regard bleu lagon est transperçant. Il est vraiment "thoride" !! (il a subi un entraînement intensif de plusieurs mois, et ça se voit ... et se savoure !!).

    Il explique : "L’intérêt du film réside dans la leçon d’humilité donnée à Thor. C’est d’abord un jeune homme effronté dont les pouvoirs surnaturels sont nombreux. Lorsqu’il tient tête à son père, il écope en guise de leçon d’un exil sur Terre : il se retrouve sur le même plan que les autres êtres humains, c’est-à-dire mortel. Kenneth nous a dit dès le début que c’était avant tout l’histoire d’un père et de son fils. La toile de fond est fantastique mais ce sont les rapports humains qui sont au cœur du film".

    Tom Hiddleston, plus sombre, n'est pas mal du tout non plus (c'est une lutte sans merci entre yeux bleus !!). "Il nous fallait quelqu’un qui ait une grande faculté d’adaptation et qui n’ait pas peur d’interpréter un personnage à la personnalité complexe comme Loki. Et l’alchimie fonctionnait merveilleusement avec Chris : ce sont tous les deux des types baraqués, on peut croire qu’ils sont frères, leurs qualités sont complémentaires tout en permettant de les distinguer".

    Par contre, Natalie Portman n'est pas ici dans son meilleur rôle, loin de là (elle ne peut faire oublier d'un claquement de doigts son extraordinaire prestation de Black Swan), mais elle est toutefois adorable et la demoiselle Kat Dennings est excellente.

    A noter aussi la présence d'Anthony Hopkins, majestueux, qui dit du réalisateur "C’est un homme très attachant et brillant. Un acteur formidable et un grand metteur en scène. C’est l’un de ces types irrésistibles qui pensent que quand on le veut vraiment, on peut faire quasiment n’importe quoi. Et il se donne à fond - c’est sa personnalité. J’ai passé l’un des meilleurs moments de ma vie à travailler sur ce film." ; et de Rene Russo qu'on n'avait pas vue à l'écran depuis des lustres !!

    C'est vraiment un film spectaculaire qui se regarde jusqu'au bout, jusqu'à la fin de la fin même après la toute fin de la fin du générique de fin, d'une part parce qu'il est très beau à regarder (le début du générique), d'autre part parce que la chanson signée Foo Fighters est très réussie et enfin, après le tout dernier mot de la fin, vient se greffer une scène d'introduction à une prévisible suite (la Marvel's touch !!).

    Je me suis vraiment laissée entraîner dans le voyage intergalactique avec plaisir, c'est un vrai régal pour les yeux et les oreilles, et ce Chris Hemsworth m'a tuée !!



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