• Synopsis : Hanna, 16 ans, n’est pas une adolescente comme les autres. Élevée loin de tout par son père, Erik, ex-agent de la CIA, elle n’ignore aucune des techniques de combat ou de survie qui font les plus redoutables soldats. Erik lui a enseigné tout ce qu’elle sait à partir d’une encyclopédie et d’un recueil de contes de fées. Formée depuis son plus jeune âge, Hanna est une combattante parfaite. Séparée d’Erik, Hanna découvre le monde extérieur pour la première fois et se lance dans la mission que sa famille doit achever. Elle est prête. Pourtant, avant de pouvoir retrouver son père à Berlin comme prévu, elle est capturée par les hommes de l’agent Marissa Wiegler, une femme que bien des secrets relient à Hanna et Erik. Détenue quelque part dans une base souterraine, Hanna parvient à s’échapper.

    De Joe Wright avec Saoirse Ronan, Eric Bana et Cate Blanchett

    Nouveauté

    Comment réussir un film à partir d'un mauvais scénario plus que confus et complexe ? Joe Wright l'a fait. Ce thriller peine à camper une intrigue ténue dont on n'a qu'une faible révélation et explication d'une phrase au trois quarts du film, ce qui fait qu'on nage, on rame, on patauge à comprendre quelque chose. Un peu trop de pistes explorées mais jamais suffisamment exploitées.

    Mais en fait, il ne faut peut-être pas chercher à comprendre mais plutôt se satisfaire d'une réalisation époustouflante, hallucinante. Je crois avoir rarement vu une telle maîtrise dans l'image, le placement, la lumière, le cadrage, le montage. Chaque séquence de poursuite, traque, combat, affrontement est étonnamment indépendante et pourrait presque se savourer comme un clip, sans tout le reste à côté, tous les tralalas, les blablas inutiles (de toute façon on comprend rien, on se passerait des dialogues inconsistants et inintéressants), menée tambour battant et surtout portée par une fabuleuse musique des Chemical Brothers qui se calque parfaitement aux images, devenant par là-même indissociables. On dirait qu'en fait le film, dont les séquences s'enchaînent sans cohérence ni fluidité, a été réalisé à partir de la musique et non le contraire.

    C'est donc un thriller purement visuel qui s'appuie sur une photographie magnifique, tourné dans des décors splendides (en Finlande pour les scènes dans la neige), et porté par trois acteurs qui y croient et qui s'y donnent à fond.

    La petite Saoirse Ronan ne cesse de m'étonner (vue dans Reviens-moi et surtout dans l'émouvant Lovely Bones, ou encore le plus récent Les chemins de la liberté). Très jeune, elle s'avère la plus mature, la plus déterminée, la plus convaincante, elle fait les pires choses avec une incroyable grâce, on dirait parfois qu'elle danse tant son corps est dans une mouvance harmonieuse et artistique, même dans les passages les plus abrupts et les plus violents. Ca s'appelle la classe. Elle est vraiment incroyable. Elle dégage une luminosité rare. Elle est tout à la fois fragile comme du cristal par son minois diaphane et ses yeux bleu azur, son regard clair et innocent, et tout à la fois impitoyable, extraordinairement forte, énergique et volontaire (elle s'est entraînée de nombreuses semaines pour effectuer elle-même les cascades).

    Cate Blanchett, pourtant excellente en méchante sèche et cruelle, paraît bien palotte à côté de la jeune actrice, et Eric Bana est assez effacé. Son personnage aurait mérité qu'on s'y attarde davantage et qu'il soit un peu plus approfondi.

    C'est vraiment le film de Saoirse qui le porte toute seule comme une grande sur ses frêles épaules. Et elle s'en sort à merveille. Je lui prédis une belle carrière si elle continue sur cette voie.

    Il ne faut donc pas s'arrêter à un scénario plus que basique dont la dernière réplique est tellement prévisible qu'elle en est risible mais s'éclater la rétine et le tympan sans modération et avec jubilation, sans oublier de rester tout le générique final pour apprécier la géniale musique jusqu'à la toute dernière note (je suis partie encore une fois la dernière de la salle).

    C'est un film très esthétique furieusement original, plus viscéral que cérébral, mais diablement efficace et hyper nerveux, au rythme soutenu. Dommage qu'il n'y ait pas d'histoire, pas de message, pas de morale, il aurait pu confiner au chef d'oeuvre avec une bonne écriture.


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  • Synopsis : Auvergne, 1922. Suzanne, jeune romancière, décide de s’isoler à la campagne pour écrire son nouveau livre. Mais peu à peu des visions et des cauchemars font leur apparition tandis que de mystérieuses disparitions de petites filles sèment le trouble dans le village...

    De Pascal Sid et Julien Lacombe avec Laetitia Casta, Thierry Neuvic et Jacques Bonnafé

    Nouveauté

     

    Bon j'annonce la couleur, j'allais voir ce film uniquement pour voir Thierry Neuvic en 3D parce que c'est un de mes acteurs chouchous. Hélas, de 3D point puisque diffusé dans une petite salle non équipée, et de Thierry Neuvic pas trop puisqu'on le voit à peine un tiers du film exclusivement centré sur la nénette complètement frapadingue. 

    Bref, du coup, déçue de ne le voir qu'en 2D, je me suis passablement ennuyée devant un film soi-disant "fantastique - thriller - drame - épouvante-horreur" qui n'a de genre que la longueur ... du genre. Il n'est ni fantastique (sinon il faudra me dire où), ni thriller car aucun suspense, aucun rebondissement, aucun sursaut, il faut dire surtout aucune histoire, ni drame parce que ça ne fait ni pleurer, ni rire (quoique), ni rien du tout, ni épouvante-horreur car si l'on peut qualifier ce film d'épouvante, faudra me dire où aussi. A part une cheville agrippée sous les draps, deux invasions de rats et un incendie final mal conçu, il ne se passe absolument rien.

    Supérieurement soporifique (je ne pense pas que la 3D eut pu sauver quoi que ce soit d'ailleurs), j'ai failli m'endormir (j'espère ne pas avoir ronflé même s'il n'y avait que trois pelés et deux tondus dans la salle !!!) à la seule scène digne d'intérêt, celle où la Casta arrache la chemise du bellâtre devant lequel il y a de quoi se pâmer ... beau gosse putain Thierry et bien gaulé à part une épaule gauche où les os saillent bizarrement ...


    Bref, suprêmement chiant, inintéressant au possible, un final d'une stupidité sans nom, d'une platitude déconcertante. C'est long, c'est lent, c'est fastidieux (ah me direz-vous sans doute un film d'atmosphère .. !! wouaih !! bof !!) ... et dire qu'ils s'y sont mis à deux pour écrire et réaliser ce navet !! Bon allez je leur concède qu'il y a de beaux paysages (tourné en décors naturels) et que la porte de la cave grince vachement bien.

    Laetita Casta n'a toujours pas fait de progrès dans son jeu, totalement fade et inexpressive, on peut juste remarquer qu'elle a fait un effort pour ne pas être toujours au top de sa beauté, affublée qui plus est de robes affreuses, de coiffures ridicules et outrageusement maquillée d'un rouge à lèvre qui lui bouffe la bouche !!

    Thierry Neuvic ben c'est Thierry Neuvic, classe, charismatique, bon, même très bon, trop pour cette daube (mais qu'est-ce qu'il est allé faire dans cette galère ?? après le Clint Eastwood il aurait pu se permettre de mieux choisir ...) mais ici un peu trop rare à l'écran.

    Par contre, je ne comprendrai jamais pourquoi Jacques Bonnaffé tourne si peu alors que lui excelle.

    Pour résumer : en 3D c'est peut-être mieux ... ou pas !!


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  • Synopsis : Juillet 2010, Montréal, Canada. Sophie Malaterre, 25 ans, illustratrice de mode, voit arriver les vacances d’été avec angoisse. Pas de projets, pas d’ami, pas de fiancé... On lui parle du site "switch.com" qui permet d’échanger sa maison le temps d’un mois. Sophie trouve, par miracle, un duplex à Paris, avec vue sur la Tour-Eiffel. Son premier jour est idyllique. Le lendemain matin, elle est réveillée par les flics. Un corps décapité est dans la chambre d’à côté. Elle n’a plus aucun moyen de prouver qu’elle n’est pas Bénédicte Serteaux, la propriétaire des lieux. Le piège se referme sur elle...

    De Frédéric Schoendoerffer avec Eric Cantona, Karine Vanasse et Mehdi Nebbou

    Nouveauté

     

    Ah voilà bien longtemps que je n'avais pas vu un aussi bon thriller français avec un scénario en béton armé, des situations d'une crédibilité et d'un réalisme étonnants, des scènes d'action et de poursuites remarquablement filmées, d'excellentes prestations des acteurs principaux qui se sont investis dans leurs rôles à 100 %.

    Frédéric Schoendoerffer, le fils de Pierre, a récupéré les gènes de la réalisation dans les veines. Il filme à l'épaule et au plus près des personnages des scènes de poursuites à pied, dans des zones résidentielles peu propices à faciliter les déplacements, absolument hallucinantes de maîtrise et d'intensité.

    Son histoire surtout tient la route et en haleine du début à la fin. Écrite par Jean-Christophe Grangé qui n'en est pas à son coup d'essai et qui a déjà prouvé par le passé son grand talent d'auteur à suspense (Les Rivières Pourpres), elle nous est délivrée tambour battant, l'action se déroulant sur un très court délai (48 heures), ce qui donne une vraie puissance dans le traitement de l'intrigue. Car l'échange d'appartement n'est que le prélude à des tas d'autres intrigues secondaires qui prennent de l'épaisseur au fur et à mesure du déroulement du film. D'aucuns penseront que le scénario, assez complexe et retors, est rempli d'invraisemblances et d'incohérences, moi je ne trouve pas. Au contraire, à la révélation finale, la surprise est là, bien réelle, et nous cloue au fauteuil. Surtout qu'elle est subtilement amenée après moult rebondissements insolites.

    Le film est essentiellement porté par Karine Vanasse, une actrice canadienne qui s'est beaucoup impliquée dans son rôle en réalisant elle-même toutes les cascades (jusqu'à se blesser le dernier jour) peu connue en France (un petit rôle toutefois dans le dernier Woody Allen Minuit à Paris) mais qui a déjà une belle carrière dans son pays depuis plus de dix ans, ayant par ailleurs travaillé pour effacer le plus possible son accent canadien (l'héroïne étant supposée avoir vécu en France pendant sa jeunesse). Elle est sensationnelle dans le rôle de ce personnage ordinaire plongé au coeur d'une situation extraordinaire (à l'instar d'un "A bout portant" ou "Pour elle", ce film s'inscrivant naturellement dans leur lignée). Elle tient surtout la dragée plus que haute à un Eric Cantona qui n'articule pas toujours très bien et dont on a du mal parfois à percevoir les répliques. Cependant, il assure le minimum syndical dans ce rôle qui lui va comme un gant. Droit et imperturbable, il ne s'éloigne jamais de son point de vue initial et de son instinct, ce qui le rend éminemment sympathique.

    Un bon thriller haletant, efficace et hyper rythmé, bien cadré et bien monté, sans aucun temps mort, magnifiquement réalisé et interprété mais dont la fin, un peu trop rapide à mon goût, limite même bâclée, manque d'un épilogue qui aurait permis de conclure habilement le film et surtout de calmer les palpitations cardiaques.

    Une réussite sur laquelle je mettrai un léger bémol mais qui se voit facilement et avec plaisir.


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  • Synopsis : Un événement mystérieux lié à notre passé éclate au grand jour. C’est la guerre qui menace aujourd’hui notre Terre ; une guerre d’une telle ampleur que l’aide des Transformers pourrait, cette fois, ne pas suffire à nous sauver.

    De Michael Bay avec Shia LaBeouf, Patrick Dempsey, Josh Duhamel et Rosie Hutington-Whiteley

    Nouveauté

    S'il n'y a qu'un seul film à voir en 3D cette année, il faut choisir celui-là (outre les films d'animation qui sont souvent plus réussis mais que je ne vais voir que très rarement). Car ici la 3D est magnifiquement exploitée (la meilleure depuis Avatar ...) et surtout sur quelques séquences véritablement époustouflantes, dans la deuxième partie, à couper le souffle (les chutes libres sont absolument ahurissantes j'en avais l’œil et la bouche hallucinés).

    Michael Bay, LE spécialiste du genre, signe sans aucun doute son meilleur film si on s'arrête à la réalisation pure, on y sent la virtuosité, l'audace et l'ambition, car il est vrai que le scénario se résume en une ligne (le prétexte initial est toutefois habile) à l'humour un peu déplacé et limite (quant aux dialogues ils frôlent parfois le plus que consternant), on le sait avant même de rentrer dans la salle, ici on en prend plein la vue, on vient y chercher des décharges d'adrénaline comme dans un grand-huit sans frein, et on peut oublier son cerveau au vestiaire, il faut parfois aussi savoir arrêter de réfléchir.

    La métamorphose des Transformers, le combat final, les immeubles coupés en deux, les cascades, les explosions en tous genres, ont exigé un énorme travail et le perfectionnisme du cinéaste se ressent sur chaque scène minutieusement étudiée et méticuleusement contrôlée.

    Les effets spéciaux sont spectaculaires et vous clouent au fauteuil tant ils sont totalement maîtrisés, visuellement scotchants, et on en ressent d'autant plus l'intensité sur la seconde partie du film que la première est parfois un peu trop longue (déjà ressenti sur les deux premiers) (on aurait pu en couper une demi-heure pour gagner en dynamisme - si cela était possible vu comment ça dépote grave tout de même - et squizzer quelques scènes superflues et les plans de plus d'une seconde sur la bimbo de service - on a vu comme t'es belle blondasse !!!!!).

    Je suis cinéphile mais je suis aussi fan de la franchise (ce qui n'est pas incompatible malgré ce que j'en ai lu par-ci par-là !!), et même du deuxième opus qui n'avait pas trouvé son public, et j'ai adoré cette débauche de pétarade, le visuel magistral, les incroyables trouvailles et les effets spéciaux inédits (c'est vraiment du jamais vu !!) .. on nage ici en pleine démesure de tout ...

    J'ai adoré aussi - quoi bien sûr ??!! - les trois acteurs masculins principaux.

    Shia LaBeouf n'est peut-être pas beau à tomber par terre mais moi il me touche. Il fait son job vachement bien, il est craquant, il assure, il se donne à fond, il se démène. J'adore vraiment cet acteur mais ne me demandez pas pourquoi !! Y'a pas à chier, Shia il déchire mais grave et je pense que le succès du film tient aussi à l'excellence de son interprétation et à son implication de chaque instant.


    Josh Duhamel, qu'on voit à mon goût trop insuffisamment, est vachement bien gaulé et assez charmant.


    Patrick Dempsey est le méchant le plus mortellement beau qu'il m'ait été donné de voir à l'écran qu'on a plus envie d'aimer que de haïr ...


    Mamma mia, ces trois-là, réunis en un seul film déjà ça a de quoi vous donner envie d'y aller et plutôt deux fois qu'une. Alors qui plus est en 3D, ça vaut son pesant de cacahuètes !

    Par contre, la nana est si mauvaise que ça gâche un peu l'ensemble. Déjà, la bouche horriblement botoxée lui dévore le visage, elle ne sait pas parler - ce qui est gênant tout de même pour une actrice - passe une heure de poursuite infernale avec des talons de 10 cm de haut (faudra qu'on m'explique comme elle fait moi je ne tiens pas deux secondes sur plus de cinq !!), termine le film avec un brushing impeccable et une veste blanche immaculée (bon allez presque je crois avoir vu une petite tache sur le bras) après avoir bravé bien des dangers, fait du toboggan sur un gratte-ciel et affronté des méchants Transformers qui voulaient lui faire trop du mal la pauvrette !!!! ... elle représente à elle toute seule tout ce que je déteste chez une actrice, qui privilégie sa plastique à son jeu ... enfin là elle ne joue pas elle se dandine avec une sensualité vulgaire - quand elle ondule du popotin pour charmer (voire plus) son mec - ou elle court ou elle crie !! enfin bon c'est une catastrophe (pire que Megan Fox, c'est dire !!) ...

    Bref, si on oublie la meuf, le reste est vraiment déchirant, je dirais même qu'on frise la perfection réalistiquement et visuellement parlant.

    Un divertissement phénoménal, sidérant et de haut vol à voir sur le plus grand écran possible, en 3D (en IMAX si la salle en est équipée), avec tous ses yeux et toutes ses oreilles (bravo aussi à la bande son), en prévoyant la ceinture de sécurité tant il dépote à une vitesse démentielle.

    UN SPECTACLE IMPRESSIONNANT.


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  • Synopsis : Yannis a 14 ans et vit sur une petite île grecque qui a su demeurer sauvage. Depuis la mort de sa mère, la relation qui l’unit avec son père, Démosthène, s’est durcie. Lors d’un voyage à Athènes, il sauve d’une mort probable un jeune pélican du nom de Nicostratos. Contraint de l’élever en cachette pour soustraire à la colère paternelle, Yannis devient bien malgré lui une vedette dans son île qui se trouve transformée par le tourisme grâce à ce magnifique pélican blanc, le plus grand oiseau d’Europe !

    De Olivier Horlait avec Emir Kusturica, Thibault Le Guellec, François-Xavier Demaison et Jade-Rose Parker

    Nouveauté

     

    Voici un film "animalier" pas vraiment banal puisque mettant en scène un pélican, oiseau a priori pas particulièrement expressif. Qu'on ne s'y méprenne, il fait partie du casting au même titre que ses partenaires humains car non seulement il en est le héros mais surtout il crève l'écran, cet immense oiseau magnifique aux mimiques hilarantes proches du mimétisme par instants.

    Même s'il s'adresse aux plus jeunes qui s'amuseront des pitreries du pélican, les adultes accompagnateurs (ou même ceux sans enfant qui n'ont d'autre but que d'y passer un bon moment) apprécieront les magnifiques paysages (entièrement tourné dans une île grecque sublime), les images sensationnelles de la mer bleu profond et des fonds marins colorés et splendides, ainsi que le jeu tout en pudeur et en sobriété d'un Emir Kusturica qui excelle dans l'art du visage renfrogné, marqué par les ans et riche de l'histoire de toute une vie, et dans les claques émotionnelles qu'il nous file dans la tronche à chaque plan, par son accent déroutant et ses silences lourds de sens, ses gestes savamment ralentis, ses mèches grasses sauvages qui entourent un regard aimant et pétillant porté sur le jeune garçon.

    Emir Kusturica est un acteur qui a une gueule et qui a de la gueule ...

    Pour les plus âgés d'entre nous, l'histoire du pélican n'est finalement qu'un prétexte pour sublimer la relation entre le père et le fils, qui s'avère l'idée la plus touchante, car le scénario est volontairement simpliste, banal et prévisible, puisque s'adressant aux enfants, mais avec toutefois une réelle émotion qui serre la gorge pendant les vingt dernières minutes.

    Les deux gamins sont bluffants, le jeune Thibault Le Guellec est adorable mais la petite Jade-Rose Parker, pipelette, pétulante et pimpante, est à mon sens bien meilleure, plus âgée je pense et surtout plus expérimentée.

    Un bien joli petit film, dépaysant et à la photographie très soignée, où l'émotion perle toutes les dix minutes, distrayant et bien interprété, sincère, authentique, plein de fraîcheur revigorante et de magie vivifiante.


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  • Synopsis : Le 24 juin 1991, Ghislaine Marchal est retrouvée morte dans la cave de sa villa de Mougins. Des lettres de sang accusent : « Omar m’a tuer ». Quelques jours plus tard, Omar Raddad, son jardinier, est écroué à la prison de Grasse. Il parle peu, comprend mal le français, a la réputation d’être calme et sérieux. Dès lors, il est le coupable évident. Il n’en sortira que 7 ans plus tard, gracié, mais toujours coupable aux yeux de la justice. En 1994, révolté par le verdict, Pierre-Emmanuel Vaugrenard, écrivain convaincu de l’innocence d’Omar Raddad, s’installe à Nice pour mener sa propre enquête et rédiger un ouvrage sur l’affaire…

    De Roschdy Zem avec Sami Bouajila, Denis Podalydès et Salomé Stévenin

    Nouveauté

    Tout le monde connaît de près ou de loin l'histoire d'Omar Raddad qui a défrayé la chronique et a fait couler beaucoup d'encre. Ce film (la deuxième réalisation de Roschdy Zem après Mauvaise foi) retrace avec beaucoup de justesse (et de justice) le parcours de ce marocain et de la longue procédure judiciaire qu'il a subie, sans juger, sans se positionner même si l'on sent bien que le réalisateur, en toute objectivité et après s'être minutieusement documenté sur l'affaire, a choisi son camp. On le sent partisan, avec une colère habilement retenue (elle aurait été ici mal à propos), s'en tenant aux faits, il pointe surtout du doigt la faillibilité d'une justice raciste qui n'a pas voulu s'encombrer ni d'une contre-enquête laborieuse ni d'un autre suspect, celui-là était vraiment le coupable idéal puisque taisant, et c'était surtout tellement plus facile.

    • En février 1994, soit trois ans après le meurtre de Ghislaine Marchal, Omar Raddad est condamné à 18 ans de réclusion criminelle pour homicide volontaire. Le jardinier continue de clamer son innocence et tente de faire passer l'affaire par la Cour de cassation, en vain. Sa culpabilité est fortement mise en cause par l'opinion publique, notamment à cause de la troublante faute d'orthographe dans la phrase "Omar m'a tuer". De ce fait, en 1996, le président Jacques Chirac, qui dispose du droit de grâce, décide de lancer une procédure de remise en liberté pour Raddad. Ce dernier sort définitivement de prison en 1998. Le célèbre avocat Jacques Vergès tente de faire définitivement innocenter le jardinier. Plusieurs investigations et expertises sont effectuées. On retrouve sur les lieux du crime deux ADN masculins, qui ne correspondent ni l'un ni l'autre à celui d'Omar Raddad. Néanmoins, la Cour de révision, en charge du dossier, décide en 2002 de ne pas rejuger l'homme, qui reste toujours coupable aux yeux de la justice bien que bénéficiant de la grâce présidentielle.

    Le film a presque plus d'impact qu'un long réquisitoire ou qu'un consciencieux plaidoyer (et si seulement il pouvait faire bouger les choses même si à ce jour, avec nos moyens actuels, l'enquête semble avancer d'un grand pas), il soulève surtout les incohérences, les irrégularités, les altérations et les lacunes d'un dossier qui a été traité par-dessus la jambe. Il était si facile de condamner un homme marginal, simple et illettré souffrant d'une réelle difficulté d'intégration mais qui était sérieux et travailleur, vivant sa vie tranquillement dans son coin sans rien demander à personne avec sa femme et ses enfants, son seul "vice" était de fréquenter un peu trop assidument les casinos et de solliciter des avances sur salaire à une patronne qu'il considérait comme "une deuxième maman".

    Par là-même, la justice avait son coupable tout trouvé et l'a accablé. Omar Raddad a toujours clamé son innocence et le film, sans concession, dévoile non seulement les éléments déjà connus mais aussi des zones d'ombres qui permettent de se poser bien des questions. Car ni sa culpabilité ni sa non-culpabilité n'ont été prouvées à ce jour ...

    L'enquête menée par l'écrivain et sa jeune assistante est rondement menée, pertinente et bougrement intéressante, et nous offre la possibilité de réellement s'interroger.

    • Ainsi, aucune trace de sang n'a été détectée sur les vêtements qu'Omar Raddad portait au moment du crime. Ses empreintes n'apparaissent nulle part sur les lieux du crime. Les gendarmes se sont débarrassés de l'appareil photo qui contenait des clichés pris par la victime peu avant son décès. Son corps a été incinéré moins d'une semaine après le meurtre, alors que de nouvelles autopsies auraient dû être effectuées. Aucun membre proche de la victime n'a été interrogé sur son agenda le jour du meurtre. Enfin, détail des plus énigmatiques, Ghislaine Marchal n'aurait pas pu écrire les deux phrases "Omar m'a tuer" et "Omar m'a t" de manière lisible, avec les lettres bien détachées, vu qu'elle était plongée dans l'obscurité de la cave.
    • Après s'être documenté et avoir mené ses propres investigations , Roschdy Zem a pu constater "des éléments qui laissent à penser que Raddad pouvait être innocent existent et sont au moins aussi nombreux que ceux qui mènent à la conclusion de sa culpabilité."

    Roschdy Zem s'appuie tout d'abord sur son excellente connaissance du dossier qu'il a précautionneusement étudié, sur une réalisation "double" : fluide et pleine, colorée et lumineuse lorsqu'il filme les deux enquêteurs, serrée et saccadée, caméra à l'épaule, assombrie et sèche lorsqu'il filme les tribunaux, la prison et Omar en cellule. Ce qui donne au film un parallélisme captivant qui n'en oublie pas au passage d'être mâtiné d'un certain suspense, ce qui est toujours incroyable pour une histoire se basant sur des faits réels.

    Mais aussi et surtout sur la phénoménale interprétation de Sami Bouajila qui s'est énormément investi pour ce rôle, apprenant le marocain (l'acteur est tunisien) pour la crédibilité du personnage, et perdant beaucoup de poids (jusqu'à 18 kg). Son visage est tendu et émacié, son regard déterminé, il est droit, sobre et digne. Il mériterait sans nul doute un César (qui sonnerait comme une victoire aussi pour Omar Raddad) tant il est habité et convaincant. Il est bouleversant d'humanité et d'humilité.

    Le cinéaste n'en délaisse pas les seconds rôles, Denis Podalydès et la jeune Salomé Stevenin (la fille de et la soeur de ...) qui sont tout à fait convaincants, la jeune Nozha Khouadra (qui joue la femme d'Omar Raddad) splendide, Maurice Benichou en Maître Vergès plus vrai que nature.

    Un film à voir assurément pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de cette affaire qui n'a toujours pas trouvé de conclusion, pour l'excellence de l'interprétation de Sami Bouajila, pour la réalisation investigatrice, intelligente et raffinée de Roschdy Zem, dont on sent la sincérité et la sensibilité à travers chaque plan, pour aussi se poser la question finale "mais si Omar Raddad est innocent, cela veut dire qu’il y a un coupable qui se frotte les mains, là où il est. Pendant que Raddad attend toujours que la Justice lui rende ce qu’elle lui a enlevé. Et cette pensée est insupportable" (comme le souligne très pertinemment Denis Podalydès), pour la toute dernière image poignante (vraisemblablement le vrai Omar ...).

    Un film d'une rare intensité, horriblement réaliste, sacrément efficace, superbement mis en scène par Roschdy Zem qui s'affirme déjà comme un grand réalisateur (je l'aime autant devant que derrière la caméra), qui m'a souvent tourneboulée et qui m'a même broyé le ventre par moments (même si mon voisin de gauche bouffait honteusement et bruyamment du pop-corn et s'est mis à rire incongrument devant une des dernières scènes (lorsque Omar Raddad s'exprime en français difficilement) - y'a des baffes qui se perdent ... !!) ...

    Et que justice soit faite ...


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  • Synopsis : À Londres, un tueur en série s’en prend aux policiers. Que se passe-t-il lorsque ceux qui sont censés protéger deviennent la cible ? Face à un ennemi aussi rusé que pervers, Brant, un flic aux méthodes atypiques, se lance dans l’enquête. Dans un jeu de piste où la justice doit parfois franchir les limites pour combattre le mal, c’est un affrontement absolu qui commence…

    De Elliott Lester avec Jason Statham, Paddy Considine et Aidan Gillen

    Nouveauté

    Interdit au moins de 12 ans

    Se faire chier devant un film censé être un thriller c'est fort. Blitz l'a fait. Le duel psychologique n'a pas suffisamment d'intensité pour pallier les carences d'un scénario bourré de clichés et pathétiquement prévisible. Il n'y a pas d'action (les quelques trop rares scènes supposées être d'action sont particulièrement mal réalisées), pas de rebondissement, pas de twist, pas de dialogue.

    Le film est noir, lourd, plombé et plombant à la photographie et au cadrage médiocres (c'est non seulement pénible mais aussi moche à regarder). Il y fait l'apologie de la violence d'une façon particulièrement malsaine.

    Même pas sauvé par de bien piètres acteurs, Jason Statham est ridiculement inexpressif, Paddy Considine n'a aucune épaisseur, seul Aidan Gillen pourrait à la rigueur mériter un peu d'intérêt.

    Même pas sauvé par une réalisation triste et sans relief voire carrément hasardeuse par moments.

    La seule curiosité de l'ensemble est d'être tourné à Londres.

    Mais c'est si soporifique qu'on a juste envie de faire une bonne sieste devant.

    Surtout ne payez pas pour ça, moi ça va encore j'ai la carte Pass mais je regrette d'avoir perdu une séance et deux heures de mon temps.

    ZZZZZZZZZZZZZZZ ...


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