• Synopsis : Yannis a 14 ans et vit sur une petite île grecque qui a su demeurer sauvage. Depuis la mort de sa mère, la relation qui l’unit avec son père, Démosthène, s’est durcie. Lors d’un voyage à Athènes, il sauve d’une mort probable un jeune pélican du nom de Nicostratos. Contraint de l’élever en cachette pour soustraire à la colère paternelle, Yannis devient bien malgré lui une vedette dans son île qui se trouve transformée par le tourisme grâce à ce magnifique pélican blanc, le plus grand oiseau d’Europe !

    De Olivier Horlait avec Emir Kusturica, Thibault Le Guellec, François-Xavier Demaison et Jade-Rose Parker

    Nouveauté

     

    Voici un film "animalier" pas vraiment banal puisque mettant en scène un pélican, oiseau a priori pas particulièrement expressif. Qu'on ne s'y méprenne, il fait partie du casting au même titre que ses partenaires humains car non seulement il en est le héros mais surtout il crève l'écran, cet immense oiseau magnifique aux mimiques hilarantes proches du mimétisme par instants.

    Même s'il s'adresse aux plus jeunes qui s'amuseront des pitreries du pélican, les adultes accompagnateurs (ou même ceux sans enfant qui n'ont d'autre but que d'y passer un bon moment) apprécieront les magnifiques paysages (entièrement tourné dans une île grecque sublime), les images sensationnelles de la mer bleu profond et des fonds marins colorés et splendides, ainsi que le jeu tout en pudeur et en sobriété d'un Emir Kusturica qui excelle dans l'art du visage renfrogné, marqué par les ans et riche de l'histoire de toute une vie, et dans les claques émotionnelles qu'il nous file dans la tronche à chaque plan, par son accent déroutant et ses silences lourds de sens, ses gestes savamment ralentis, ses mèches grasses sauvages qui entourent un regard aimant et pétillant porté sur le jeune garçon.

    Emir Kusturica est un acteur qui a une gueule et qui a de la gueule ...

    Pour les plus âgés d'entre nous, l'histoire du pélican n'est finalement qu'un prétexte pour sublimer la relation entre le père et le fils, qui s'avère l'idée la plus touchante, car le scénario est volontairement simpliste, banal et prévisible, puisque s'adressant aux enfants, mais avec toutefois une réelle émotion qui serre la gorge pendant les vingt dernières minutes.

    Les deux gamins sont bluffants, le jeune Thibault Le Guellec est adorable mais la petite Jade-Rose Parker, pipelette, pétulante et pimpante, est à mon sens bien meilleure, plus âgée je pense et surtout plus expérimentée.

    Un bien joli petit film, dépaysant et à la photographie très soignée, où l'émotion perle toutes les dix minutes, distrayant et bien interprété, sincère, authentique, plein de fraîcheur revigorante et de magie vivifiante.


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  • Synopsis : Le 24 juin 1991, Ghislaine Marchal est retrouvée morte dans la cave de sa villa de Mougins. Des lettres de sang accusent : « Omar m’a tuer ». Quelques jours plus tard, Omar Raddad, son jardinier, est écroué à la prison de Grasse. Il parle peu, comprend mal le français, a la réputation d’être calme et sérieux. Dès lors, il est le coupable évident. Il n’en sortira que 7 ans plus tard, gracié, mais toujours coupable aux yeux de la justice. En 1994, révolté par le verdict, Pierre-Emmanuel Vaugrenard, écrivain convaincu de l’innocence d’Omar Raddad, s’installe à Nice pour mener sa propre enquête et rédiger un ouvrage sur l’affaire…

    De Roschdy Zem avec Sami Bouajila, Denis Podalydès et Salomé Stévenin

    Nouveauté

    Tout le monde connaît de près ou de loin l'histoire d'Omar Raddad qui a défrayé la chronique et a fait couler beaucoup d'encre. Ce film (la deuxième réalisation de Roschdy Zem après Mauvaise foi) retrace avec beaucoup de justesse (et de justice) le parcours de ce marocain et de la longue procédure judiciaire qu'il a subie, sans juger, sans se positionner même si l'on sent bien que le réalisateur, en toute objectivité et après s'être minutieusement documenté sur l'affaire, a choisi son camp. On le sent partisan, avec une colère habilement retenue (elle aurait été ici mal à propos), s'en tenant aux faits, il pointe surtout du doigt la faillibilité d'une justice raciste qui n'a pas voulu s'encombrer ni d'une contre-enquête laborieuse ni d'un autre suspect, celui-là était vraiment le coupable idéal puisque taisant, et c'était surtout tellement plus facile.

    • En février 1994, soit trois ans après le meurtre de Ghislaine Marchal, Omar Raddad est condamné à 18 ans de réclusion criminelle pour homicide volontaire. Le jardinier continue de clamer son innocence et tente de faire passer l'affaire par la Cour de cassation, en vain. Sa culpabilité est fortement mise en cause par l'opinion publique, notamment à cause de la troublante faute d'orthographe dans la phrase "Omar m'a tuer". De ce fait, en 1996, le président Jacques Chirac, qui dispose du droit de grâce, décide de lancer une procédure de remise en liberté pour Raddad. Ce dernier sort définitivement de prison en 1998. Le célèbre avocat Jacques Vergès tente de faire définitivement innocenter le jardinier. Plusieurs investigations et expertises sont effectuées. On retrouve sur les lieux du crime deux ADN masculins, qui ne correspondent ni l'un ni l'autre à celui d'Omar Raddad. Néanmoins, la Cour de révision, en charge du dossier, décide en 2002 de ne pas rejuger l'homme, qui reste toujours coupable aux yeux de la justice bien que bénéficiant de la grâce présidentielle.

    Le film a presque plus d'impact qu'un long réquisitoire ou qu'un consciencieux plaidoyer (et si seulement il pouvait faire bouger les choses même si à ce jour, avec nos moyens actuels, l'enquête semble avancer d'un grand pas), il soulève surtout les incohérences, les irrégularités, les altérations et les lacunes d'un dossier qui a été traité par-dessus la jambe. Il était si facile de condamner un homme marginal, simple et illettré souffrant d'une réelle difficulté d'intégration mais qui était sérieux et travailleur, vivant sa vie tranquillement dans son coin sans rien demander à personne avec sa femme et ses enfants, son seul "vice" était de fréquenter un peu trop assidument les casinos et de solliciter des avances sur salaire à une patronne qu'il considérait comme "une deuxième maman".

    Par là-même, la justice avait son coupable tout trouvé et l'a accablé. Omar Raddad a toujours clamé son innocence et le film, sans concession, dévoile non seulement les éléments déjà connus mais aussi des zones d'ombres qui permettent de se poser bien des questions. Car ni sa culpabilité ni sa non-culpabilité n'ont été prouvées à ce jour ...

    L'enquête menée par l'écrivain et sa jeune assistante est rondement menée, pertinente et bougrement intéressante, et nous offre la possibilité de réellement s'interroger.

    • Ainsi, aucune trace de sang n'a été détectée sur les vêtements qu'Omar Raddad portait au moment du crime. Ses empreintes n'apparaissent nulle part sur les lieux du crime. Les gendarmes se sont débarrassés de l'appareil photo qui contenait des clichés pris par la victime peu avant son décès. Son corps a été incinéré moins d'une semaine après le meurtre, alors que de nouvelles autopsies auraient dû être effectuées. Aucun membre proche de la victime n'a été interrogé sur son agenda le jour du meurtre. Enfin, détail des plus énigmatiques, Ghislaine Marchal n'aurait pas pu écrire les deux phrases "Omar m'a tuer" et "Omar m'a t" de manière lisible, avec les lettres bien détachées, vu qu'elle était plongée dans l'obscurité de la cave.
    • Après s'être documenté et avoir mené ses propres investigations , Roschdy Zem a pu constater "des éléments qui laissent à penser que Raddad pouvait être innocent existent et sont au moins aussi nombreux que ceux qui mènent à la conclusion de sa culpabilité."

    Roschdy Zem s'appuie tout d'abord sur son excellente connaissance du dossier qu'il a précautionneusement étudié, sur une réalisation "double" : fluide et pleine, colorée et lumineuse lorsqu'il filme les deux enquêteurs, serrée et saccadée, caméra à l'épaule, assombrie et sèche lorsqu'il filme les tribunaux, la prison et Omar en cellule. Ce qui donne au film un parallélisme captivant qui n'en oublie pas au passage d'être mâtiné d'un certain suspense, ce qui est toujours incroyable pour une histoire se basant sur des faits réels.

    Mais aussi et surtout sur la phénoménale interprétation de Sami Bouajila qui s'est énormément investi pour ce rôle, apprenant le marocain (l'acteur est tunisien) pour la crédibilité du personnage, et perdant beaucoup de poids (jusqu'à 18 kg). Son visage est tendu et émacié, son regard déterminé, il est droit, sobre et digne. Il mériterait sans nul doute un César (qui sonnerait comme une victoire aussi pour Omar Raddad) tant il est habité et convaincant. Il est bouleversant d'humanité et d'humilité.

    Le cinéaste n'en délaisse pas les seconds rôles, Denis Podalydès et la jeune Salomé Stevenin (la fille de et la soeur de ...) qui sont tout à fait convaincants, la jeune Nozha Khouadra (qui joue la femme d'Omar Raddad) splendide, Maurice Benichou en Maître Vergès plus vrai que nature.

    Un film à voir assurément pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de cette affaire qui n'a toujours pas trouvé de conclusion, pour l'excellence de l'interprétation de Sami Bouajila, pour la réalisation investigatrice, intelligente et raffinée de Roschdy Zem, dont on sent la sincérité et la sensibilité à travers chaque plan, pour aussi se poser la question finale "mais si Omar Raddad est innocent, cela veut dire qu’il y a un coupable qui se frotte les mains, là où il est. Pendant que Raddad attend toujours que la Justice lui rende ce qu’elle lui a enlevé. Et cette pensée est insupportable" (comme le souligne très pertinemment Denis Podalydès), pour la toute dernière image poignante (vraisemblablement le vrai Omar ...).

    Un film d'une rare intensité, horriblement réaliste, sacrément efficace, superbement mis en scène par Roschdy Zem qui s'affirme déjà comme un grand réalisateur (je l'aime autant devant que derrière la caméra), qui m'a souvent tourneboulée et qui m'a même broyé le ventre par moments (même si mon voisin de gauche bouffait honteusement et bruyamment du pop-corn et s'est mis à rire incongrument devant une des dernières scènes (lorsque Omar Raddad s'exprime en français difficilement) - y'a des baffes qui se perdent ... !!) ...

    Et que justice soit faite ...


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  • Synopsis : À Londres, un tueur en série s’en prend aux policiers. Que se passe-t-il lorsque ceux qui sont censés protéger deviennent la cible ? Face à un ennemi aussi rusé que pervers, Brant, un flic aux méthodes atypiques, se lance dans l’enquête. Dans un jeu de piste où la justice doit parfois franchir les limites pour combattre le mal, c’est un affrontement absolu qui commence…

    De Elliott Lester avec Jason Statham, Paddy Considine et Aidan Gillen

    Nouveauté

    Interdit au moins de 12 ans

    Se faire chier devant un film censé être un thriller c'est fort. Blitz l'a fait. Le duel psychologique n'a pas suffisamment d'intensité pour pallier les carences d'un scénario bourré de clichés et pathétiquement prévisible. Il n'y a pas d'action (les quelques trop rares scènes supposées être d'action sont particulièrement mal réalisées), pas de rebondissement, pas de twist, pas de dialogue.

    Le film est noir, lourd, plombé et plombant à la photographie et au cadrage médiocres (c'est non seulement pénible mais aussi moche à regarder). Il y fait l'apologie de la violence d'une façon particulièrement malsaine.

    Même pas sauvé par de bien piètres acteurs, Jason Statham est ridiculement inexpressif, Paddy Considine n'a aucune épaisseur, seul Aidan Gillen pourrait à la rigueur mériter un peu d'intérêt.

    Même pas sauvé par une réalisation triste et sans relief voire carrément hasardeuse par moments.

    La seule curiosité de l'ensemble est d'être tourné à Londres.

    Mais c'est si soporifique qu'on a juste envie de faire une bonne sieste devant.

    Surtout ne payez pas pour ça, moi ça va encore j'ai la carte Pass mais je regrette d'avoir perdu une séance et deux heures de mon temps.

    ZZZZZZZZZZZZZZZ ...


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  • Synopsis : A quelques jours de son mariage, un jeune homme  se retrouve confronté à des décisions cruciales.Face à sa fiancée qui a disparu, face à la fille qu’il vient de rencontrer, face à sa belle-famille dont il ne comprend pas la langue, face à sa mère, sa sœur, ses potes et même aux ouvriers sur le chantier de son futur appartement, il doit trancher.

    De Katia Lewkowicz avec Benjamin Biolay, Emmanuelle Devos, Nicole Garcia

    Nouveauté

    La meilleure idée du film en est sa promotion de et par Benjamin Biolay au coeur de tout : de l'histoire, du casting, de la BO ... et qui sort simultanément son album qui en est directement inspiré (sublime par ailleurs ...).


    Car le reste n'est pas vraiment à la hauteur de son interprète principal déjà pour ne pas poser dès le départ l'intrigue que nous sommes obligés de deviner à partir du pitch, faute pour la réalisatrice de présenter clairement la situation de son personnage. Donc déjà, si vous n'avez pas lu le synopsis vous perdez le premier quart d'heure du film à comprendre qui est qui, qui fait quoi. Les "où cours-je ?" "où vais-je ?" "dans quel état j'erre ?" du héros ne sont pas (d)écrits.

    L'intrigue s'avère ensuite laborieuse, simple et tristement banale s'axant autour de l'éternel triangle amoureux, abominablement amorale voire carrément gênante (la fin est poignante et la seule image que j'ai aimée est celle de Léa derrière sa fenêtre).

    Heureusement que Benjamin Biolay traverse le film avec une grâce incroyable. Il a indubitablement un talent fou. Charmeur et charmant, il sait jouer instinctivement, avec un naturel et une retenue qui lui vont bien. Il interprète un mec bourré de doutes et d'hésitations mais aussi un sacré salopard insolent et impertinent, avec une certaine nonchalance innocente, avec ses airs de chien blessé et ses regards tombants et humides, et on a tout à la fois envie de le claquer (il s'en prend une bonne d'ailleurs) mais aussi de le consoler. Il sait merveilleusement tromper son monde (ET le personnage dans le film ET l'acteur pour les spectacteurs) mais c'est à double tranchant. On oscille en permanence entre l'appitoiement, l'attendrissement et l'agacement.

    De fait, c'est assez dérangeant.

    Mais dans ce film bourré de maladresses, dans ce fourbi composé de tout et n'importe quoi (les surnoms ridicules - Cuicui et Coincoin (si si ....) quelle idée débile on dirait que la réalisatrice n'ose même pas identifier ses personnages !!), de temps à autre une scène magique illumine l'ensemble. Parce que Benjamin Biolay excelle surtout dans le secteur émotionnel et attire vers le haut ses partenaires.


    Hélas, en plus de ses erreurs de débutante et de sa bien piètre direction d'acteurs qui sont un peu trop livrés à eux-mêmes oubliant par la même de s'excentrer, Katia Lewkowicz propose un scénario et une réalisation plus qu'épurés, j'irais même jusqu'à oser les qualifier de minimalistes.

    De plus, au milieu d'un dialogue fourre-tout dans lequel s'empêtrent un peu les comédiens (s'ils pouvaient au moins ARTICULER autant que faire se peut, j'ai perdu quelques bribes au passage (ou alors c'est la qualité du son qui n'est pas très bonne)), où pleuvent un peu trop de "putain" dit sur tous les tons et placés lorsque le dialoguiste était visiblement en panne d'inspiration ou de vocabulaire, il y a de temps à autre de belles fulgurances et de très bonnes répliques.

    Bref, s'il n'y avait Benjamin Biolay à l'affiche dont le talent transperce l'écran et la musique nos âmes, le film aurait été nul à chier et ennuyeux, à peine sauvé par les seconds rôles dont seulement deux sortent du lot : Eric Lartigau en beau-frère et Sarah Adler sublime dont la dernière scène est merveilleuse. Nicole Garcia quant à elle est meilleure réalisatrice qu'actrice, sa gaucherie est parfois pénible, Emmanuelle Devos n'a pas la fibre comique dans le sang et passe à côté de son rôle, Valérie Donzelli est quasiment inexistante alors qu'elle en a à revendre sous le pied, on sent un réel potentiel ici un peu étouffé dans l'oeuf.

    Le film est vraiment trop brouillon et inconstant pour me séduire dont je n'aime pas du tout l'affiche (à l'instar de Benjamin Biolay qui le précise dans une récente interview) qui ressemble trop à cette comédie faussement romantique : rose fadasse ... 

    Vraiment déçue par le film (mais pas par Benjamin Biolay que j'adore). Il me donne une furieuse envie de pleurer de contrariété et de désappointement ... et ne donne certainement pas une furieuse envie de se marier !!

    Mieux vaut écouter l'album bien plus réussi que cette pâle comédie.


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  • Synopsis : Josh, son épouse et leurs trois enfants vivent depuis peu dans leur nouvelle maison lorsque l’aîné tombe dans un coma inexpliqué. Étrangement, une succession de phénomènes paranormaux débute peu après. Un médium leur révèle alors que l’âme de leur fils se trouve quelque part entre la vie et la mort, dans la dimension astrale.

    De James Wan avec Patrick Wilson et Rose Byrne

    Nouveauté

    Interdit au moins de 12 ans

     

    La bande annonce et l'affiche annoncent la couleur : c'est un film qui doit foutre la trouille. Euh et bien non pas tant que ça en fait ... car après une excellente première heure la fin laisse quelque peu à désirer.

    Le cinéaste flirte souvent avec une réalisation hitchcockienne pour renforcer ses effets (la montée des escaliers rappelle sans nul doute celle de Psychose), s'accompagne d'une musique stridente mais efficace, joue beaucoup sur la suggestivité et en caméra subjective, s'octroie les services de deux très bons acteurs, et se réfère à des œuvres mythiques telles que Poltergeist ou encore Amytiville sans toutefois les égaler à cause d'un scénario trop bancal (quelques très bonnes surprises d'autres beaucoup moins).

    Toute la première heure du film est réellement angoissante dans cette maison qui regorge de mystérieuses présences qui font claquer les portes, grincer les marches d'escalier, déplacent les objets ... tous les diktats du genre sont ici usés et abusés ... mais ça fonctionne parfaitement bien car, dans le huis-clos oppressant de cette inquiétante demeure (95 % de l'action se déroule en intérieurs), tout prend des proportions démesurées, les effets sonores et visuels sont démultipliés. Le suspense va crescendo, est bien contenu et retient suffisamment l'attention pour donner l'envie.

    Le problème est que la seconde moitié bascule dans le vraiment n'importe quoi, concomitante avec l'arrivée de la medium et de ses deux trublions qui cassent un peu le ton (on frôle parfois le comique de situation de Ghostbusters - volontairement ou non !?). L'intrigue perd d'un coup toute crédibilité pour s'enfermer dans un ridicule qui tue, aux trucages grossiers et médiocres. Le film en perd de son intensité et de son efficacité malgré toute une séquence magnifiquement réalisée dans le noir quasi-total qui nous prouve que James Wan est tout de même un sacré réalisateur qui pourrait donner de grandes leçons de mise en scène à d'autres qui s'y sont cassés bien des dents.

    Les deux comédiens principaux délivrent surtout une partition impeccable. Rose Byrne s'affirme de plus en plus comme une actrice sur laquelle on peut compter nous offrant une large palette d'expressions terrifiées et Patrick Wilson, qui me fait terriblement penser à Paul Newman, s'avère excellent. Dommage toutefois qu'il en fasse par moments un peu trop (la séquence d'hypnose) ou alors c'est la réalisation qui tombe dans l'excès, ce qui est aussi une possibilité.


    Toutefois, j'en retiendrai une fin pas si attendue que cela, un twist jouissif, et une dernière réplique qui pourrait bien devenir culte qui m'a fait mourir ... de rire !!

    L'insidieuse peur est parfois là mais pas suffisamment (rien ne m'a fait bondir de mon siège même pas les supposés effets de surprise) pour donner à ce film une aura inoubliable.


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  • Synopsis : Excédés par une attente de 8 heures dans un avion dont la clim est en panne, les passagers du vol Low Cost Djerba-Beauvais sont prêts à tout pour rentrer chez eux. Même à décoller sans le pilote...

    De Maurice Barthélémy avec Jean-Paul Rouve, Judith Godrèche et Gérard Darmon

    Nouveauté

    Si je devais donner une note à ce film, puisque c'est très à la mode de juger l'art par des points (et pourtant comment peut-on se permettre de juger l'art et encore moins de le mettre en compétition ?), je lui donnerai 3/10 : 1 pour quatre-cinq bonnes répliques, 1 pour Judith Godrèche, 1 pour la pellicule ...

    Pour le reste, ça vaut même pas que je perde mon temps et mon énergie à écrire sur un film qui n'en vaut pas vraiment la peine.

    Pourtant, l'idée n'était pas si mauvaise et le dialogue est bien écrit, mais la réalisation tout étriquée, le scénario lamentable, l'interprétation de Jean-Paul Rouve un peu poussive, celle de Darmon cabotine, les twists mal placés ou mal exploités, une fin tristement prévisible, tout contribue à faire de ce film un vrai "low cost" du cinéma. Une très mauvaise parodie complètement ratée.

    Petit coût, petit niveau. Ca ne vole pas bien haut (oui je sais elle est facile et elle a bien dû être déjà faite ...).

    Seule Judith Godrèche, drôle et aérienne (pareil que la parenthèse précédente !!), tire son épingle du jeu dans son ton délicieusement décalé. Elle dégage une belle lumière et il en fallait pour éclairer un tant soit peu cette bien pitoyable comédie qui ne décolle jamais (pareil que les deux parenthèses précédentes !!) ...

    Bref pour résumer en deux mots : totalement affligeant.

    Volez vers une autre salle, vite ...


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  • Synopsis : Eddie Morra rêve d’écrire, mais l’angoisse de la page blanche le paralyse. Sa vie sans éclat bascule lorsqu’un ami lui fait découvrir le NZT, un produit pharmaceutique révolutionnaire qui lui permet d’exploiter son potentiel au maximum. Eddie peut désormais se souvenir de tout ce qu’il a lu, vu ou entendu ; il peut apprendre n’importe quelle langue en une journée, résoudre des équations complexes et subjuguer tous ceux qu’il rencontre – tant qu’il reste sous l’influence de cette substance qui n’a pas encore été testée. Très vite, Eddie fait aussi merveille à Wall Street, où ses prouesses attirent l’attention de Carl Van Loon, un puissant magnat de la finance, qui lui propose de négocier la plus grosse fusion de l’histoire. Eddie ignore encore que des gens sont désormais prêts à tout pour mettre la main sur son stock de NZT. Alors qu’il découvre le danger, il doit aussi affronter les terribles effets secondaires du produit.

    De Neil Burger avec Bradley Cooper, Robert de Niro et Abbie Cornish

    Nouveauté

    Ce film a trouvé la bonne recette (et de bonnes recettes en $) : un matériel solide, une dose de surnaturel, une pincée de sel (c'est très bien écrit), une once de piment (Bradley il est hot), une goutte d'hallucinogène .. et en dessert quelques pruneaux et un coulis de fruits rouges (pardon !!) .. et le tour est joué .. régalez-vous .. savourez .. aimez ..

    Et, tout en restant la plus objective possible, distante et froide sur l’œuvre en elle-même (je vais essayer je ne promets rien car j'avoue être torridement envoûtée par le charme fou de Bradley Cooper omniprésent et portant le film à bout de bras, tel Atlas le monde), je vais tenter d'en décortiquer les éléments un par un.

    Tenter dirais-je car tout ne se dit pas, tout ne s'explique pas (et puis en fait je n'aurais pas certes pas cette prétention !!), ce serait dommage de vous dévoiler trop de choses, les effets de surprise sont tout aussi réussis que les spéciaux. Tenter car en fait j'ai adoré, ma supposée analyse va tourner au dithyrambe ! Tenter car toute notion et interprétation de l'art est toujours subjective en fait !

    Ici, déjà, la réalisation (bourrée d'idées plus originales les unes que les autres) apporte une dimension supplémentaire au film tant elle est psychédélique (toutes les séquences où le héros est sous l'effet de la drogue sont enivrantes, exaltantes, grisantes). On file dans les rues de New York à la vitesse maximale d'un TGV au galop. On tourne, on vire, on virevolte, on sprinte, on s'évanouit.

    Ensuite, il y a une vraie question d'éthique et d'intégrité. Ou comment agir et interagir lorsqu'on est en possession de tous ses moyens intellectuels et sensoriels. Comment les assimiler, les maîtriser, les gérer.

    Il y a donc une intrigue de fond épaisse et bien menée, avec le suspense nécessaire, aux rebondissements imprévus, alternant judicieusement les scènes de bravoure et d'action avec les scènes de dialogues et de tête-à-tête, malgré quelques portes ouvertes pas vraiment fermées (on y perçoit un potentiel pas totalement exploité on aurait presque aimé une bonne demi-heure de plus !!).

    Et puis une des scènes finales des plus réussies du "bluffe-t-il ou ne bluffe-t-il pas ?" qui conclut superbement le film est un petit bijou divinement dialoguée.

    Pour finir, il y a un travail extraordinaire de Bradley Cooper car il n'est pas QUE beau gosse. Il endosse le rôle avec magnificence et courage. Il est sensationnel dans sa transformation tant physique que mentale. On sent l'intelligence poindre dans chacun de ses regards bleu azur qui vous transpercent le corps et l'esprit. On aime ses airs cabotins et suffisants, ses sourires charmeurs, son charisme fou et son intolérable sex-appeal (on aime ou ... j'aime ????).

    Robert de Niro, bien en dessous de ses prestations de début de carrière et qui enchaîne les sous-rôles depuis quelques années, n'est presqu'un qu'un faire-valoir face à lui. Il n'est pas vraiment au summum de sa forme, lui, et face à l'acteur montant de Hollywood, il semble tout petit petit.

    Quant à Abbie Cornish, elle ne s'en sort pas mal du tout la jolie et nous offre même une scène de poursuite plutôt marquante.

    Un pur divertissement chargé d'adrénaline, extrêmement bien réalisé, diablement efficace, au rythme trépidant, euphorisant, au montage énergisant, non moralisateur (il ne juge jamais), délicieusement amoral (avec modération ... la fin aurait pu être plus travaillée peut-être), qui offre un rôle en or à Bradley, une réflexion sur la maîtrise de son intellect, le pouvoir et l'argent (bon à lire ça pourrait paraître tristement banal mais cela ne l'est pas) (très très léger bémol sur l'utilisation de la voix-off qui n'était pas indispensable).

    On sait pertinemment que ce n'est peut-être pas le chef d’œuvre du siècle mais on le savoure toutefois avec une délectable et coupable jubilation (en mode pâmoison et badage devant Bradley mortel du début - même en pouilleux, aux cheveux sales et attachés en espèce de petite queue de cheval immonde - à la fin en cheveux courts, tout propre sur lui, au costume sur mesure impeccable !! (même si je le préfère avec les bouclettes dans le cou) ... ma nouvelle drogue c'est lui et je me fous des effets secondaires !!) ...



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